octobre 20th, 2016 by admin

Voici quelques uns de nos textes mis en page et en brochure. Dans la plupart des cas il vous suffit de les imprimer au format « Livret » depuis votre ordinateur. Vous pouvez aussi les commander en papier en nous contactant ici.

Au nord de l’économie : Au nord de l’économie_brochure

Écologisme et transhumanisme, des connexions contre nature : ecologie-et-transhumanisme_brochure

Et c’est ainsi qu’Allah est grand (Islam & Technologie) : allah-est-grand_brochure

J’ai visité SmartCity : J’ai visité SmartCity

Dialogue entre un journaliste-robot et un robot-journaliste : robots-journalistes-brochure

NSA, DGSE, Big Data et l’espionnage électronique : le-fascisme-de-notre-temps

Smart City, l’espace de la domestication interactive : Smart city Brochure

Respirer tue, rationnons l’air pur : Microparticules_Brochure

L’art de nous acclimater à la technopole : brochure-natures-artificielles

Pourquoi il faut fermer Euratechnologies : Fermer Euratechnologies_Brochure

Défense et illustration du cancer picard : Cancer picard_brochure

 

 

 

janvier 28th, 2014 by admin

On peut ficher la population planétaire, renseigner la première armée du monde, et rester cool. Une copine en ballade sur la côte ouest des États-Unis est entrée dans l’antre de Facebook, a rencontré les pèlerins en visite et observé les salariés dans leur camp d’attraction. Jeunes, écolos et créatifs, ils sont dans leur boîte comme des coqs en pâte. Pas de stress.

J’ai pensé à vous, amis nordistes et ennemis des nouvelles technologies, lorsque qu’on m’a fait visiter… Facebook, énorme usine ou petit village d’environs 6.000 personnes sur la baie de San Francisco. Dès le parking, les fans se prennent en photo devant le symbole et logo, maintenant connu à travers le monde entier, du pouce vers le haut – comprenez « J’aime ». Quelques vigiles à l’entrée, passage obligatoire à la borne informatique, et vous obtenez le badge, sésame dont rêvent tous les fans. L’accès au site se fait par un sas sécurisé (comme pour les banques) car des fans auraient déjà essayé de passer en force. Le site est complètement fermé, c’est une micro-ville avec commerces, restaurants, une place centrale où les gens jonglent pendant leurs pauses déjeuner… c’est incroyable, rien à voir avec les usines chinoises de téléphones portables !

Les bureaux, d’immenses « space planning » très modernes, très vivants, sont faits de murs noirs sur lesquels les salariés écrivent à la craie leur « humeur du jour ». Selon le réglage de leur bureau électrique, certains travaillent debout, d’autres assis. Ici, pas de costard, c’est plutôt jean, baskets et sweat à capuche. Il y a des espaces détente avec boissons et trucs a grignoter. En sortant des bureaux, vous arrivez dans une rue bordée d’arbres, de bancs, les gens circulent à vélo, à pied, en skate. Précision : les vélos sur le site sont gratuits, vous les déposez où vous voulez et il y a même un atelier de réparation, très branché et écolo. En plus de tout ça, un lieu de résidence accueille des artistes extérieurs. Une menuiserie équipée de machines quasi professionnelles est à disposition des salariés qui auraient des talents cachés de designer ou ébéniste. Il y a beaucoup de dernières tendances en matière de design et matériaux, beaucoup d’architectes d’intérieur qui bossent sur les projets de bâtiments, bureaux et restaurants.

D’ailleurs, tous les restaurants sont gratuits… rôtisserie, pizzeria, bar à salade, burgers, grillades, bonbons, glaces, frigos avec boissons fraîches, cafés… j’en passe et j’en oublie. À côté de ça, vous avez tous les services à la personne imaginables : pédicure, coiffeur, pressing, arcades de jeux vidéos, médecin, dentiste, spa, salle de sport… et nutritionniste ! En effet, il a été démontré qu’en moyenne, avec toute cette nourriture gratuite, les nouveaux salariés prennent pendant leurs trois premiers mois six à sept kilos !

J’ai voulu filmer le fourmillement de la ruche dans la rue principale mais au bout de trente secondes un vigile est venu me voir, me demandant mon badge et où se trouvait la personne qui m’avait invitée. Vous ne pouvez en aucun cas vous éloigner de votre hôte ou tuteur. À la fin de ma visite, mon guide me dit : « Ne panique pas mais Mark est devant ! » Moi : « Mark qui ? » En fait c’était le fameux Mark Machin qui a fondé Facebook, mais je n’ai pas su le reconnaître parmi les autres mecs qui marchaient autour. Honte a moi ?

Avant de sortir, nous passons par la boutique de souvenirs. Les businessman de passage et les visiteurs y trouvent mugs, t-shirts, oreillers, stylos, pin’s, aimants, thermos, les fameux sweats à capuche… le tout à l’effigie de Facebook. Il parait que cette boutique de quelques mètres carrés rapporte un sacré chiffre d’affaire. J’étais tentée par le bavoir mais mes poches n’étaient pas assez fournies. Pour info, Facebook est en train de construire la même chose de l’autre côté de la rue parce qu’il n’y a plus assez de place ici. Mais plus petit, genre pour 500 personnes. Je prolonge donc leur appel : ils cherchent d’autres services à la personne auxquels ils n’auraient pas encore pensé… Des idées ?

« Puuul », San Francisco, le 28 janvier 2014.

En version pdf : Dans l’antre de Facebook

octobre 22nd, 2013 by admin

« Combattre Big Brother » et promouvoir Big Brother,

c’est toujours vendre du papier (et des clics)

Ce mardi 22 octobre 2013, Le Monde consacre quatre pages aux écoutes de la NSA, notamment sur le territoire français : « le public ne doit pas être maintenu dans l’ignorance de programmes d’écoute et d’espionnage prenant des dimensions telles qu’ils mettent à bas tout principe de contrepoids en démocratie. » Tardive découverte. Dès 2008, Pièces et main d’œuvre publiait Terreur et possession – Enquête sur la police des populations à l’ère technologique. L’« affaire Snowden » vient confirmer un discours que nul au Monde n’a cru bon de relayer. C’est que le quotidien est une référence pour les promoteurs de l’industrie numérique. Cette « Nouvelle France Industrielle » qui, selon Hollande et Montebourg, va nous sortir de la « Crise ». Un jour, Le Monde s’offusque de la surveillance planétaire comme d’une prétendue « dérive » de la numérisation. Un autre, il fait la publicité du « Big Data » pour les industriels et pouvoirs publics : « L’analyse des gros volumes de données peut devenir d’une efficacité sans faille, ou presque. Elle permettra par exemple de proposer à un internaute une réclame ciblée ou à un patient un traitement sur mesure. » Publi-reportage à l’appui. Or, si l’on numérise des pans de plus en plus vastes de nos vies, il n’y a pas à s’étonner que celles-ci soient connues, analysées, exploitées. La surveillance de la population est dans le projet cybernétique comme le fruit dans la graine.

Depuis cet été, Le Monde relaie chaque « révélation » d’Edward Snowden. L’Agence de sécurité américaine NSA enregistre les « métadonnées » des communications de la planète : qui parle à qui, combien de temps, depuis où et consulte quel site, via téléphones portables, mails, SMS, réseaux sociaux et données satellitaires. Le tout avec la collaboration des fournisseurs d’accès à Internet, des réseaux sociaux, des moteurs de recherche, des compagnies de téléphonie mobile et des entreprises de sécurité informatique. Quelle surprise.

L’armée américaine construit dans l’Utah un supercalculateur dont l’objet est d’une simplicité confondante : « Stocker l’ensemble des communications échangées sur la planète, depuis les courriers électroniques et les coups de fil privés jusqu’aux recherches sur Google, les achats de livres, les trajets en avion, les transactions commerciales, sans parler des secrets industriels ou diplomatiques. » Autant dire  : toute notre vie.

L’ampleur de l’espionnage dépasse l’entendement non assisté par ordinateur : huit millions de communications téléphoniques épiées chaque jour en France ; quatre millions en Italie ; 47 millions de communications téléphoniques et 17 millions de connexions Internet en Allemagne. Ces pays ne sont ni l’Iran, ni la Corée du Nord ni la Syrie, ennemis déclarés de l’impérialisme américain, mais des alliés, membres du « monde libre ».

La suite est ici : Le Monde et Big Brother

Hors-sol, le 22 octobre 2013.