octobre 20th, 2016 by admin

Voici quelques uns de nos textes mis en page et en brochure. Dans la plupart des cas il vous suffit de les imprimer au format « Livret » depuis votre ordinateur. Vous pouvez aussi les commander en papier en nous contactant ici.

Au nord de l’économie : Au nord de l’économie_brochure

Écologisme et transhumanisme, des connexions contre nature : ecologie-et-transhumanisme_brochure

Et c’est ainsi qu’Allah est grand (Islam & Technologie) : allah-est-grand_brochure

J’ai visité SmartCity : J’ai visité SmartCity

Dialogue entre un journaliste-robot et un robot-journaliste : robots-journalistes-brochure

NSA, DGSE, Big Data et l’espionnage électronique : le-fascisme-de-notre-temps

Smart City, l’espace de la domestication interactive : Smart city Brochure

Respirer tue, rationnons l’air pur : Microparticules_Brochure

L’art de nous acclimater à la technopole : brochure-natures-artificielles

Pourquoi il faut fermer Euratechnologies : Fermer Euratechnologies_Brochure

Défense et illustration du cancer picard : Cancer picard_brochure

 

 

 

novembre 11th, 2015 by admin

Voici un reportage exclusif de notre envoyé spécial à Smart City, Tom 2.0.

Ce reportage présente une double nouveauté. C’est le premier jamais réalisé par un avatar et le premier également sur la mythique Smart City, actuellement en construction entre Doha et Songdo. Nous ne doutons pas de voir cette double nouveauté suivie de multiples répliques, à plus ou moins bref délai, suivant les lois de l’imitation médiatique.

L’automatisation générale des emplois et métiers s’étend désormais aux journalistes, après avoir éliminé soudeurs, poinçonneurs, caissières et guichetiers. Normal. Tant qu’on nous réduira à l’état de robots, les robots nous réduiront à néant. Le journalisme était devenu depuis trop longtemps une fonction machinale, facile à décomposer en tâches successives à la portée de n’importe quel logiciel ou « smart rédacteur », pour échapper davantage à cette modernisation des modes de production des contenus.

Inutile de s’ affliger ou de verser dans les jérémiades nostalgiques et réactionnaires, la plupart des lecteurs ayant eux-même embrassé avec enthousiasme l’idéal numérique et n’aspirant à rien d’autre qu’à la perfection mécanique.

Ils se régalaient ainsi, depuis des décennies, des mêmes articles sur les mêmes sujets, rédigés suivant les mêmes angles et les mêmes formulations ; et ils auraient été si perturbés qu’on y change quoi que ce soit, qu’ils auraient cessé d’acheter leurs supports habituels. Il est d’ailleurs question de remplacer les lecteurs par des liseuses électroniques qui raconteront le contenu du journal à leurs propriétaires.

Ce psittacisme rassurant affectait particulièrement le reportage. Chaque reporter avant de s’envoler pour Shanghaï, Dubaï ou la Silicon Valley, prenait soin de copier les lieux communs déjà accumulés par ses confrères sur le même sujet, et de valider avec son rédacteur en chef ce qu’il était censé rapporter de son bref aller-retour sur place. Le reportage ne servait en fait qu’à illustrer le pré-script, à lui donner la caution du « vécu » et du « réel ». L’imprévu et l’improbable étant proscrits au nom de la « crédibilité ». Et tant pis pour la théorie qui mesure l’intérêt d’une information à son éruptive nouveauté. Au mieux, le talent du reporter était de savoir répéter ses prédécesseurs, en ajoutant ses tics personnels et en montant des détails en épingle à l’usage de ses successeurs. Il s’agissait en somme de se distinguer dans la redondance.

Nous avons donc décidé de raccourcir les circuits de production journalistique et d’éliminer l’inutile et coûteux pseudo-reportage sur place. Tout est sur le réseau. Il suffit d’y rôder pour trouver les images, les témoignages, les personnages, les rencontrer, les interroger et en rapporter bien plus d’informations que d’un séjour en hôtel, entre deux avions.

D’ailleurs la vie est un songe. La présence réelle (In Real Life), une simple image virtuelle générée par le Grand Ordinateur et nous sommes de l’étoffe dont sont faits les rêves. Rien qu’une combinaison d’algorithmes, de l’information qui circule.

Pièces et main d’œuvre.

Le reportage est à lire ici : J’ai visité SmartCity

 

septembre 26th, 2015 by admin

Pour ceux qui n’auraient pas écouté France Inter toute la journée d’hier, lu La Voix du Nord depuis trois mois, vu les premières œuvres d’art et autres « Smart Pots de fleurs » investir l’espace public, sachez que ce soir Lille3000 inaugure ses quatre mois de « Renaissance » par une parade brésilienne. Vous êtes invités, c’est gratuit. Mais nous n’y serons pas pour les raisons évoquées ci-dessous et en pièce jointe.

***

Il y a deuxpaon ans nous écrivions1 : « En 2004, Lille devait vernir son image pour attirer les investisseurs. Aujourd’hui, Lille3000 accompagne esthétiquement les stratégies des entreprises nouvellement débarquées. » Voyez le catalogue des expositions : « Paranoïa » présentait dans une expo-délire la reconnaissance biométrique (comme à Auchan et grâce à Euratechnologies), la vidéo-surveillance (comme dans le métro) ou la bio-ingénierie (comme à Eurasanté) . « Futurotextiles » exposait l’état de l’art industriel des fibres confectionnées par le Centre Européen des Textiles Innovants. « Dancing Machine » nous faisait vivre l’expérience froufroutante de l’intelligence artificielle « en croisant recherche scientifique et création artistique contemporaine. » C’est ça Lille 3000 : l’art et le business se nourrissent mutuellement.

Vous trouvez qu’on y va un peu fort ? Que c’est caricatural ? Écoutez l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault pendant l’inauguration de « Fantastic » en 20122 : « « Lille 3000″ est exemplaire de toute cette mobilisation. Je le disais [aux] acteurs économiques : 1 euro investi d’argent public, c’est 4 à 8 euros de retombées économiques. » On appelle ça une culture d’entreprise. Alors si les artistes collaborant avec Lille3000 font autant les profits des boîtes High Tech, qu’ils sont les sous-traitants du service com’ de la Métropole, qu’en sera-t-il de nous, les gueux, appelés à parader « à poils, à plumes et à paillettes » ? Nous serons, comme depuis 2004, les dindons de la farce.

C’est la Ville qui parade, pas nous

Un constat en forme de lapalissade : Lille 3000 est une entreprise de marketing territorial. C’est à dire que la culture ne sert pas à comprendre le monde, mais à promouvoir les objectifs des commerciaux. Vous trouvez encore qu’Hors-sol, « ils y vont un peu fort quand même » ?

Martine Aubry en 2005 dans Un nouvel art de ville : « Ma conviction est que c’est la qualité de vie dans une ville qui fait l’attractivité économique, et non l’inverse. C’est cet art de vivre ensemble qui attire aujourd’hui les investisseurs financiers et économiques et crée le développement. » Plus nous serons joyeux et rassemblés, mieux les investisseurs pourront nous toiser du haut de leurs beffrois, évaluant le bas peuple prêt à danser pour eux au rythme des sambas.

Aubry ne sera pas contredite par Pierre de Saintignon, candidat en perdition pour le Parti socialiste, défendant ainsi sa vision devant le petit monde du Théâtre régional réuni à Avignon cet été : « La Culture est l’élément central du jeu économique de notre région, pour le développement de l’emploi, de l’économie. » Une déclaration d’amour pour la « Culture » qui devrait aller droit au cœur de ses électeurs, utilisés ainsi comme simples mannequins de vitrine.

Si nous ne paradons pas ce soir, nous nous attristons de voir ces associations de quartier, ces écoles, ces centres sociaux et tout le petit peuple de Lille mis au pas d’une stratégie qui lui marche dessus.

Renaissance pour qui ?

La « Renaissance lilloise », c’est celle de la ville intelligente, des technologies intrusives, des applis publicitaires, du fichage des déplacements, des goûts et des activités des métropolitains. Inaugurée avec la carte PassPass dont chaque transporté se demande encore ce qu’elle lui apporte à part des amendes pour non-validation et un prix du ticket exorbitant, la prochaine « C’Art » sera inaugurée demain pour ficher les consommateurs de musées. C’est le deuxième effet Kiss Kool de la RFID métropolitaine. Qui aurait cru que parader ou aller au musée alimenterait un vaste fichier ?

Euratek, Eurasanté, Haute Borne, Zone de l’Union, Auchan-Decathlon-Kipsta, Cap Gemini, Microsoft, IBM : voilà la gueule des emplois d’ingénieurs, de bac+8 et de CSP+, qui font la Renaissance lilloise et pour laquelle nous devons parader. « Ce n’est pas n’importe quelle recherche qui s’implante dans la région… » se réjouit Sandrine Rousseau, candidate verte aux Régionales, quand il s’agit d’accueillir cette année le Commissariat à l’énergie atomique (CEA).3 « Le CEA tech a pour vocation première d’assurer une passerelle entre la recherche fondamentale et les applications industrielles. » Cette soi-disant écologiste antinucléaire n’a pas même la décence de déplorer que le fleuron de l’informatique française, dont le plus gros ordinateur européen (le TERA-100) sert à la simulation d’explosions atomiques, vienne « irradier » de son savoir-faire militaro-technologique la Renaissance régionale. Et que dire des 40 millions d’euros d’argent public claqués pour 50 emplois directs ? Soit 1 million par personne ? Qu’elle est bien comme ça, la Renaissance lilloise : minable dans sa grandiloquence.

Une Renaissance faite – et payée – par les Lillois, mais contre eux. Depuis 2004, Lille détient le record de France d’augmentation du prix de l’immobilier : + 83 % entre 2004 et 2012, contre 82 % à Paris !4 Sachant cela, il n’est pas besoin d’attendre les résultats du Front National ou de l’abstention aux prochaines régionales pour constater le divorce entre la classe politique et ses sujets.

Méfions-nous des mystifications

Une fois que tout est fait, que les entreprises sont installées, les budgets débloqués, la RFID, la vidéo-surveillance, la biométrie, les bornes tactiles installées dans les bibliothèques, les musées, les écoles, les centres commerciaux et les transports, Martine Aubry demande si l’on veut bien « retrouver l’esprit de la Renaissance, lorsque l’Europe est sortie du Moyen-Age en plaçant l’homme au cœur de la société, avec une ouverture au monde, en favorisant le progrès et en magnifiant la nature. »5 Cette époque – certes contradictoire d’explorations maritimes, de reproduction des idées par l’imprimerie, de révolution copernicienne, de développement des arts, des humanités et de la raison se trouve aujourd’hui retournée par l’élite locale pour bâtir sur les ruines du vieux modèle industriel un technocapitalisme assurément déshumanisé dans lequel nous ne trouverons notre « place » qu’en nous adaptant, et non en le transformant. Car si la Renaissance redécouvre, aussi, la démocratie grecque, c’est avant le fait accompli qu’il fallait nous poser la question du modèle de développement que nous voulons. Et ce ne sont pas de grotesques simulacres de participation citoyenne tel le Parlement du Savoir Régional qui changeront quoi que ce soit à la Renaissance virtuelle, technologique, et par là même déshumanisante, de la Métropole et de la Région.

Vous vouliez nous faire marcher ? Eh bien, dansez maintenant !

Hors-sol, 26 septembre 2015

Notre tract au format pdf : Paradez

1. Natures artificielles : l’art de nous acclimater à la technopole, tomjo, 2013.

2. 6 octobre 2012, gouvernement.fr

3. La Voix du Nord, 21 novembre 2014

4. La Voix du Nord, 2 juin 2012.

5. Le Monde, 21 mai 2015.

septembre 15th, 2015 by admin

En quoi la photo d’un enfant mort sur la plage serait-elle moins légitime qu’une représentation statistique ? Pourquoi refuser de s’en émouvoir, et préférer le calcul froid et lointain, quand une indignation passagère peut alimenter une pensée critique ? L’art de la photographie n’est-il pas un savoir-faire aussi respectable que celui des reportages, des romans, des films ?

A voir le nombre de morts en Méditerranée, la métaphore du zombie pourrait être une représentation tout aussi acceptable de ces exilés fuyant la guerre si la production cinématographique actuelle n’encourageait le spectateur à se cloîtrer chez lui, armé jusqu’aux dents contre l’invasion des barbares aux portes de l’Occident. C’est pourquoi nous reproduisons aujourd’hui notre entretien avec Alain Musset, géographe amateur de science-fiction critique, dans lequel nous pouvons lire que les films de zombies participent du fait que « nos sociétés contemporaines jouent sur la peur pour se maintenir », alors qu’ils portaient naguère une charge autrement plus subversive contre la société contemporaine.

L’entretien avec Alain Musset est ici : Entretien A. Musset

Romero n’utilisait-il pas la métaphore du zombie pour dénoncer les pousseurs de caddies que nous sommes devenus ? Plutôt qu’un repoussoir, le zombie n’est-il pas plutôt chacun de nous, affalés devant un écran, étrangers aux autres et à nous-mêmes, fatigués de devoir s’updater en permanence aux nouvelles organisations du travail et de la vie en société ? « L’individualisation du sens, en libérant des traditions ou des valeurs communes, dégage de toute autorité. Chacun devient son propre maître et n’a de compte à rendre qu’à lui-même. Le morcellement du lien social isole chaque individu et le renvoie à sa liberté, à la jouissance de son autonomie ou, à l’inverse, à son sentiment d’insuffisance, à son échec personnel. » Jusqu’à Disparaître de soi, titre d’un récent ouvrage de David Le Breton. C’est pourquoi nous republions ici notre entretien avec son auteur, soumettant ainsi une autre signification possible du genre zombie.

Entretien avec David Le Breton : Trop dure la vie

D’autres textes et reportages sur le stade zombie du capitalisme sont à lire dans notre journal papier. À Metaleurop, là où cent ans de « richesses » métallurgiques ont pourri la terre et ses habitants pour plusieurs siècles. À Fukushima, où chacun se doit de devenir le spécialiste de sa survie en milieu radioactif. À Roubaix, où les ouvriers du textile refusèrent, par le bris de machines, de devenir des travailleurs robotisés.

Les points de vente dans la métropole lilloise sont répertoriés ici : Nous trouver

Vous pouvez commander ce numéro pour 3€ (frais de port compris) en envoyant un chèque à l’ordre de « L’A.S.P.I. » à Hors-sol, 14 rue des Tours, 59 000 Lille.

Enfin, Pièces et main d’œuvre nous a récemment proposé une autre vision du stade « mort-vivant » de la nature et de la reproduction par la publication d’un article d’André Gorz de 2003 intitulé «… Ou vers une civilisation posthumaine ? ».

Bonnes lectures.

Hors-sol.

Nb : Les Monades urbaines est un roman dystopique écrit par Silverberg dans lequel 75 milliards de terriens survivent dans des technopoles totalitaires appelées Monades.

juillet 21st, 2015 by admin

Hors-sol #3 en librairieDe même que le poisson pourrit par la tête, la technocratie devrait souffrir d’un bon coup de batte dans la face. Le troisième numéro d’Hors-sol traite donc de décapitation. Mais de la décapitation d’un capitalisme arrivé à son stade zombie : des humains obsolètes et des cyborgs, d’une économie qui détruit la nature et la remplace par des ersatz, des secteurs économiques qui tirent profit de la mort biologique et sociale. Fini de turbiner comme des morts-vivants, la revanche des technozombies a sonné.

À propos de la représentation des zombies dans la culture de masse, on trouvera ensuite un entretien avec Alain Musset, géographe et amateur de science-fiction critique. Selon lui, la charge portée jadis contre l’ordre supermarchand par Romero, pape du genre zombie, s’est retournée en une militarisation de la société pour la préservation d’une humanité prétendue « saine ». Un vent de chairs en putréfaction annonce le retour à l’Ordre. Attrapez votre arme automatique et préparez-vous à repousser les barbares gisant debout aux portes de l’Occident.

Ensuite, un reportage nous emmène en territoire mort-vivant, aux alentours de Metaleurop (62). Symbole d’une industrie régionale déchue, l’usine métallurgique laisse pour tout héritage mille ans de mesures de survie. Objectivement, que reste-t-il à part déserter ? Exiger un cordon sanitaire, quelques rétributions financières, et « déconstruire » notre « plombophobie » par l’aménagement paysager du désastre ?

En parallèle, nous republions un texte commémorant l’inachevable désastre nucléaire de Fukushima rédigé par Nadine et Thierry Ribault. Comme le notent Pièces et main d’œuvre, sa lecture amène au moins trois remarques. 1) A Fukushima comme à Tchernobyl, comme un jour peut-être à Gravelines, participer, c’est accepter. 2) La destruction des conditions de vie sur terre offre décidément des perspectives infinies d’études et de recherche à la science : évaluation et quantification des dégâts ; adaptation aux dégâts ; éventuellement, « réhabilitation du cadre de vie ». 3) Il semble que la plupart des êtres humains soient finalement capables de subir à peu près n’importe quoi sans se révolter, et de continuer à survivre tant qu’ils ne sont pas morts pour de bon.

Nous avons interviewé aussi David Le Breton. Sans le savoir, il est pourtant un spécialiste des zombies. Pas ceux des films à succès, ceux que nous sommes devenus dans la rue, au travail, sur les réseaux sociaux. Dans son dernier livre Disparaître de soi, le sociologue dresse le tableau d’une société traversée par la « blancheur », cette « volonté de se mettre hors jeu, de se détacher des passions communes, de ne plus être emporté par elles à son corps défendant. » Ces petites morts sans cadavres prennent bien des aspects. L’impersonnalisation de soi et le détachement aux autres. Le sommeil, le burn out, la dépression. La fuite dans l’infini du virtuel. Ou encore cette obsession contemporaine pour les questions d’identité, désormais mouvante, personnelle et à portée du pouvoir technoscientifique. Les morts-vivants sont parmi nous.

Enfin, un dernier article tiré de la revue Jef Klak raconte comment le 11 mars 1867, les ouvriers fileurs roubaisiens, comme leurs ancêtres luddites, profitèrent d’une manifestation pour briser les machines. Au sein de l’Association Internationale des Travailleurs, le débat fait rage : doit-elle soutenir le bris de machines ou expliquer aux insurgés le caractère sacré de l’outil au risque de basculer les ouvriers-machines dans un travail désormais mort-vivant ?

Ce numéro à la fois mort et vivant, en couleur et large d’1m, est disponible dans quelques points de vente de la métropole lilloise : http://hors-sol.herbesfolles.org/category/nous-trouver/

La Une de Modeste Richard sera bientôt sérigraphiée en affiche. Réservez-la (5€).

Vous pouvez également vous abonner pour 20 € en envoyant un chèque à l’ordre de « l’ASPI », à l’adresse suivante : Hors-sol, 14 rue des Tours, 59 000 Lille.

Faites tourner l’alerte : Hors-sol est le seul antidote contre notre zombification.

Bonne et mortelle lecture !

avril 28th, 2015 by admin

Depuis qu’existe une critique de gauche des médias – débutée par Bourdieu, relayée par PLPL et Le Plan B, poursuivie par Acrimed (Action – Critique – Médias) et Nada aujourd’hui –, un sentiment de gêne perdure. En comparaison de la critique radicale des médias de masse aux alentours de la deuxième guerre mondiale, celle d’aujourd’hui s’arrête toujours au milieu du guet, quand elle n’explose pas des portes béantes : dénoncer que Libé fasse campagne pour Hollande et Le Figaro pour Sarkozy, c’est comme ouvrir une boîte de Port-Salut pour découvrir un Port-Salut. C’est écrit dessus.

Depuis quelques semaines, cette critique de gauche structure des « propositions concrètes » pour assurer financements équitables et pluralisme – et ce, à la faveur d’un Front de gauche poreux à la critique des médias. Ces propositions sont l’application à l’industrie médiatique des idées générales du Front de gauche. La boucle est bouclée.

Acrimed se crée après les grèves de 1995 contre lesquelles les médias se sont acharnés. Leur « Appel pour une action démocratique sur le terrain des médias » fut lancé par des journalistes, profs de journalisme et chercheurs en « sciences de l’information » (dont beaucoup du « Centre d’études littéraires et scientifiques appliquées » – tout un programme !) ; bref, des « professions intellectuelles supérieures » de l’industrie médiatique elle-même. La sociologie universitaire et journalistique des animateurs d’Acrimed, leurs affinités politiques proches d’ATTAC, du Front de Gauche ou du NPA, en font la « Commission médias » du Parti de l’État Industriel (PEI). Contre celui de la finance et du marché, ennemis de l’emploi et de la production industrielle nationale. Nous l’avions soulevé dans la Critique de la planification écologique1, le débat entre la gauche et nous, libertaires et anti-industriels, sur la question médiatique comme sur les autres, est toujours le même2 : eux critiquent la seule propriété capitaliste des moyens de production (notamment d’informations) quand nous critiquons la production elle-même. Nous ne revendiquons pas plus un nucléaire d’État que des hébergeurs coopératifs ou des usines de télés autogérées. Nous critiquons leurs nuisances, leur culture de masse, leur division du travail et leur accaparement par une caste de techniciens. Ce à quoi la critique de gauche des médias ne s’attaque jamais, quand elle ne les revendique pas explicitement. Nous le verrons.

Les Temps modernes du journalisme

Le 31 janvier 2015, Acrimed organisait sa première journée de critique des médias, soutenue par le NPA, Le Parti et le Front de gauche, le Syndicat national des journalistes, Attac, Bastamag, la LDH, etc. Henri Maler, ancien militant des Jeunesses communistes révolutionnaires et du groupe « Révolution », est l’animateur principal de l’association. Sa première piste pour une presse pluraliste consiste en l’instauration par voie constitutionnelle d’un « Conseil national de tous les médias ».3 À rebours d’un CSA qui, « à l’heure du multimédia », n’est pas un « organisme de régulation de l’ensemble de l’espace médiatique » mais seulement de l’audiovisuel. Cette aspiration au « centralisme démocratique » est typique du PEI : plutôt que de supprimer le CSA, Henri Maler préfère étendre son contrôle, constituer un organe centralisé, hiérarchisé voire omniscient de « régulation » de la pluralité. Un souhait paradoxal, quand bien même il n’était pas impossible – « à l’heure du multimédia ».

Ce guichet unique de la pluralité financerait la presse jusqu’au secteur associatif. Ce dont les associations culturelles ou d’éducation populaire peuvent déjà témoigner : dès lors que des emplois sont en jeu, la boucle des financements publics et des « appels à projets » devient infernale. Elle aliène budgets et activités aux prescriptions politiques des élus, et le temps de travail des salariés aux contrôles bureaucratiques des techniciens – leurs « fiches-projets », « contrats pluriannuels d’objectifs », « objectifs stratégiques et opérationnels », « publics visés » et « évaluations » nous inspirant plus le film Brazil que La belle verte.

Selon Henri Maler, l’information est un « bien commun » – tarte à la crème de la gauche citoyenne en ce moment. Il serait garanti par un « service public de l’information et de la culture » – une autre contradiction si l’on comprend qu’un « bien commun » n’est ni privé ni public, mais passons. Ce service public existe déjà. Mais il devrait être assez puissant pour concurrencer TF1. La norme en termes de « bien commun » (en fait, d’audimat) semble être la chaîne Bouygues, qu’il faudrait au passage renationaliser. Pour Henri Maler, on ne doit pas critiquer les grands médias comme TF1 ou France 2 au risque de « nourrir un mépris social » à l’égard de leurs « millions d’auditeurs et de téléspectateurs ». Nous ne savons pas si c’est la mauvaise conscience de l’intellectuel qui parle. Ou le sociologue pour qui la pertinence d’un propos s’évalue en fonction de la qualité des « récepteurs ». Mais en ce qui nous concerne, nous signerons plus volontiers la pétition du journal satirique Zoo réclamant au CSA de stopper « ces merdes de téléréalité à la con »4 plutôt que de nationaliser « L’amour est dans le pré ».

Les « éditocrates » sont régulièrement, et à juste titre, épinglés par la critique de gauche des médias pour leurs connivences avec le pouvoir. Mais 90 % de « l’espace médiatique » – les émissions racoleuses, les chaînes de sports (extrêmes) ou de musique commerciale, les magazines people et « féminins », les émissions de téléréalité, d’aménagement d’intérieur ou de bagnoles – sauraient-elles être envoyés au rang d’entreprises de diversion ?

D’après Henri Maler, on ne peut pas envisager que la mort de l’audiovisuel public nous laisse avec des feuilles de chou. Et pourquoi pas ? Pourquoi pas des imprimeries et des radios dans chaque quartier pour que fleurissent mille feuilles de chou, mille radios libres ? Pourquoi pas construire des médias à taille humaine et appropriables facilement ? CQFD, Article 11, Le Postillon, La Décroissance ou La Brique font des enquêtes, montrent qu’une presse sans subsides est possible, et se font un point d’honneur à ne pas en percevoir.5 Ce modèle « économique » existe. Il est fait de débrouilles et d’envies. Il est certes précaire et insatisfaisant par bien des aspects, mais a l’intérêt de défendre l’indépendance jusqu’au bout.

Les propositions de Pierre Rimbert « pour une presse libre » sont faites du même bois centralisateur, rehaussé d’une accentuation de la division du travail entre les tâches journalistiques et techniques6Les Temps modernes de Chaplin appliqués à la « production intellectuelle ». Le journaliste du Monde Diplomatique propose en effet la création d’un « service mutualisé d’infrastructures de production et de distribution de l’information ». Celui-ci rémunérerait comptables, maquettistes et commerciaux mis au service des médias ainsi soulagés des tâches d’administration. Ici, point de nouveauté : cette organisation scientifique du travail prévaut dans tous les secteurs économiques, dont la presse. De plus en plus de titres externalisent déjà une partie de leur fonctionnement. Cette logique est délétère : elle scelle les exécutants à leur destinée, réservant aux spécialistes de la pensée les choix éditoriaux. Elle est le synonyme de la perte de sens pour des salariés réduits au désœuvrement, aux tâches répétitives, à l’état de rouage. A contrario, depuis dix ans, des journaux indépendants réinventent le partage des tâches et des connaissances en vue de l’émancipation de tous.

Pierre Rimbert ne propose pas aux journalistes de rejoindre ce grand service de presse par crainte de recevoir le sobriquet de « bolchévique ». Mais lors d’une réunion publique à Lille le 16 avril 2015 organisée par les Amis du Monde Diplomatique, il avoue le souhaiter secrètement : selon lui, 40 000 journalistes au sein d’un même service public serait gage de rapport de force. L’idée d’une presse pluraliste, foisonnante, décentralisée, autonome a du souci à se faire. Si les « alter-éditocrates » de la gauche de gauche ne critiquent pas les médias (en tant que tels), c’est qu’ils souhaitent en devenir les califes ; éditorialiser à la place des éditocrates ; tenir la ligne du Parti de l’État et de l’Industrie.

Constatant les dégâts sur l’économie de la presse et leurs revenus publicitaires, Rimbert regrette « la montée en puissance du numérique ». Dans la phrase d’après, il espère néanmoins intégrer dans son grand service externalisé des « bidouilleurs informatiques » préposés à la gestion d’une « plate-forme commune d’abonnement, de paiement et de gestion de bases de données. » Un fichier unique des lecteurs de presse. Mis à la disposition des médias, ces geeks travailleraient à « améliorer les applications, accroître la qualité et la puissance du kiosque en ligne, s’assurer de la sécurité des données personnelles, améliorer la lisibilité des sites et inventer de nouvelles conceptions graphiques. » Ainsi inféodée à la course au numérique, la presse scie déjà la branche sur laquelle elle trône. Mais, nuance !, la scie sera désormais mutualisée.

Enfin, ce service central ne serait pas financé par l’impôt, trop soumis au politique, ni par de riches philanthropes, mais par les cotisations sociales ponctionnées sur les salaires. Ce système de financement s’inspire du modèle indéboulonnable issu-de-la-Résistance qu’est la Sécurité Sociale, soufflé par l’économiste Bernard Friot et les partisans d’un revenu universel : un système basé sur la création de « richesses » que nous préférerons, quant à nous, supprimer plutôt que partager.7

L’Empire de la passivité

Ces propositions ne seraient pas si désespérantes s’il n’avait pas existé, dans l’histoire de la critique sociale, des idées plus pertinentes à l’égard de notre aliénation à l’industrie médiatique. Passées aux oubliettes par la critique de gauche des médias, Adorno et Horkheimer furent les premiers à pointer la naissance de l’« industrie culturelle » – progrès techniques aidant – se mettant ainsi la gauche marxiste à dos pour cause « d’élitisme bourgeois ». Ils voyaient pourtant dans ce nouveau mode de diffusion industrielle d’idées, films, émissions de radio, presse, la création d’une culture de masse, sérialisée et standardisée, empêchant la libre élaboration des idées. Ils relevaient combien les produits culturels, devenus marchandises, répondaient désormais aux nécessités du marketing et de la planification : « Il a été prévu quelque chose pour chacun afin que nul ne puisse y échapper. » (1947) À ménagères de gauche, marchandises de gauche.

Plus tard, d’autres prendront le relais, voyant dans l’industrie culturelle et publicitaire un grand moule à cerveaux, une vaste entreprise d’abêtissement. Ainsi de Günther Anders en 1956 : « On diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. » Ou l’art, porté à son paroxysme par TF1 et France Télévisions, de traiter les faits divers comme des événements conséquents et les événements conséquents comme des faits divers. Le philosophe allemand voyait dans les écrans la fabrication d’un « ermite de masse » affalé dans son canapé – le ronronnement des pantoufles faisant plus de vacarme que le bruit des bottes. Avec les médias de masse, c’est désormais « le monde qui vient à l’homme et non l’homme au monde », effaçant ainsi « la différence entre être et paraître, entre réalité et image ». Idées reprises par Guy Debord quelques années plus tard : le spectacle n’est pas « un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images ». Il est le « soleil qui ne se couche jamais sur l’empire de la passivité moderne. »8

Jacques Ellul, en 1954, dénonçait la colonisation des radios et des télés dans les espaces public et privé, coupant toute possibilité d’une communication véritable (étymologiquement : mettre des richesses en commun) : « on peut cohabiter longtemps sans se rencontrer dans le vide sonore de la radio ». Cette radio représentait, pour le critique du « Système technicien », un ersatz de relations sociales comblant le désert d’une société atomisée : « Elle est un service public du confort moral, chargé de compenser les drames de famille aussi bien que les accablements sociaux et l’ennui de vivre. Elle est aussi compensatrice de l’inhumanité de la ville ; dans ce milieu où l’homme ne peut avoir aucun contact véritable, aucune expérience profonde, la radio doit lui fournir une apparence de réalité, une apparence de connaissance, une apparence de proximité qui suffisent à le séduire et à le rassurer. » Qu’en disent les auditeurs de France Inter, seuls dans leur voiture les conduisant au travail ?

On pourrait continuer longtemps ainsi, exhumer les auteurs qui faisaient jadis une différence entre culture de masse et culture populaire ; dénonçaient, à l’époque des grands et regrettés services publics de l’information (ORTF, BBC, etc), que la culture soit devenue une activité spécialisée, séparée et marchande ; soulevaient l’homogénéisation culturelle mondiale. Ils relèvent, pour nous aujourd’hui, le paradoxe de la critique de gauche des médias. Celle qui réclame des téléspectateurs qu’ils se mobilisent pour leur passivité et prennent parti pour le bourrage de mou.

Mais ces critiques du décervelage et de la passivité nécessitent actualisation pour se mettre à l’heure de la société cybernétique. Si les médias de masse de l’époque moderne (un émetteur bombardant un même message à des millions de récepteurs) ont fait les totalitarismes du XX° siècle, que produit l’horizontalité des réseaux et l’interactivité ? « The medium is the message », disait Mac Luhan : avec les nouvelles technologies de communication, la vitesse de diffusion d’infos, l’omniprésence « en temps réel » ou la capacité à traiter des quantités inhumaines de « données » passent pour de l’intelligence. Le « contenu » remplace le verbe : infographie, fact-checking, vidéos choc, mind mapping et romans de 140 signes. Les statistiques des « visiteurs » d’articles incitent au racolage et aux titres « LoL ». À ce jeu de l’immédiateté et de l’audimat, les journalistes sont dépassés par les algorithmes et les générateurs de langage naturel. Mais ce serait dévoiler notre dialogue entre un journaliste-robot et un robot-journaliste que de continuer plus avant. Pour lire cet entretien sur l’intelligence artificielle appliquée à la production d’informations, c’est ici : Dialogue journaliste-robot

Tomjo, pour Hors-sol, avril 2015

1L’échappée, 2013.

2Lire à ce propos Ludd contre Marx et Ludd contre Lénine par Marius Blouin, 2015 sur piecesetmaindoeuvre.com.

3« Nous avons des propositions », 5 mars 2015, acrimed.org.

4Avril 2015.

5Lire « Eh, Fleur, t’as pas 100 balles ? C’est pour la presse indé en deuil… », Lémi et JBB, article11.info.

6« Projet pour une presse libre », Le Monde diplomatique, décembre 2014.

7Pour une critique des propositions de Bernard Friot, voir Le Cauchemar de Don Quichotte, J. Mattern et M. Amiech, éd. Climats en 2004, La Lenteur en 2013.

8La Société du spectacle, 1967.

mars 14th, 2015 by admin

Théâtre, lectures et discussion autour d’un monde meilleur

Dialogues Théâtre, rue de la Clef à Lille.

Alors qu’Hors-sol #2, toujours en librairie, relate un dialogue exclusif entre un artifice d’intelligence et une intelligence artificielle,

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Nous vous invitons le vendredi 27 mars à 19h30 pour quelques scènes et lectures sur le thème des contre-utopies technologiques et machiniques. Avec l’atelier amateur de la Compagnie Protéo et Aurélien Albertini.

Nous croiserons Karel Čapek, auteur de Rossum’s Universal Robots, inventeur avec son frère du terme « robot » (« travail » en tchèque). Nous rencontrerons Günther Anders, l’auteur de L’Obsolescence de l’homme. Mais aussi Georges Bernanos, auteur au sortir du deuxième conflit mondial d’une violente charge contre notre société industrielle : « Lorsqu’on pense aux moyens chaque fois plus puissants dont dispose le système, un esprit ne peut évidemment rester libre qu’au prix d’un effort continuel. »

Malgré la contre-utopie de l’intelligence artificielle – dont nous jugerons le succès par la mise au rebut de nos cerveaux – nous ferons ensemble l’effort de rester libres en terminant la soirée par une discussion intelligente.

L’entrée est libre. Mais il est préférable de réserver par mail à hors-sol (NrVx) herbesfolles (.) o r g

Bon spectacle. Hors-sol.

février 17th, 2015 by admin

Bâties en bois hors des remparts de Lille afin d’être incendiées en cas de siège, les maisons de la rue du Faubourg de Roubaix sont sur le point d’accomplir – deux siècles après leur construction – leur destinée historique : la destructions par la guerre. Sous les bombes des aménageurs d’Euralille, elle est économique et urbaine. Si le discours des vendeurs d’« urbanisme innovant » adopte les effets masturbatoires propres à la prise de cocaïne, la liturgie urbanistique demeure la même : « Investir de vi(ll)e les vides », commande le service Slogan d’Euralille, adoptant la maxime de Le Corbusier selon laquelle « urbaniser c’est faire de l’argent ». (1) Quant aux habitants, leur présence est en sursis entre les bulldozers et la fonction [Effacer] d’un logiciel de Dessin Assisté par Ordinateur.

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L’« îlot pépinière » a longtemps abrité le dernier bail rural de Lille, consenti à un fleuriste établi dans les lieux depuis plusieurs générations. Vaste bosquet longeant le cimetière de l’Est et bordé de petites maisons urbaines, c’est un des rares vestiges du temps où Saint-Maurice-des-champs était séparé des remparts de Lille par une large zone non aedificandi : sorte d’Atlantide champêtre, autrement connue sous le nom de « Parc des Dondaines », qui accueilli pendant longtemps les cabanes construites de bric et de broc des démerdards, marchands ambulants, bohémiens et autres chiffonniers qui firent de cette « zone » un lieu prisé pour ses guinguettes et ses fêtes interminables. Rendu constructible à la fin des années 1980 par un Pierre Mauroy déterminé à propulser Lille dans la compétition métropolitaine, le parc est englouti en quelques années sous la gare TGV, le périphérique, les bureaux d’affaires, les centres administratifs et les barres de logements normalisés.

Faubourg d’une dizaine de milliers d’habitants, Saint-Maurice s’est dès lors trouvé « au cœur d’une dynamique de développement teritorial » impliquant des ensembles économiques de plus en plus vastes. De Lille Métropole à l’Aire Métropolitaine (presque 4 millions d’habitants), une décennie aura suffi pour que l’îlot pépinière – n’ayant connu jusque-là que la délicate économie de la pousse artisanale des fleurs – prenne figure d’« aberration foncière » et que la « requalification » s’impose. Restait à statuer sur le sort d’« occupants » dont « la proximité réductive (sic) et la non spécialisation technocratique [se trouva dès lors] confrontée à des visions complexes de plus vaste échelle. » (2)

Préemption et paupérisation programmée du bâti, adaptation de la réglementation aux exigences d’« optimisation économique » du terrain, pseudo-consultation des Habitants, expropriations à bas prix, harcèlement et intimidation des récalcitrants, les pouvoirs publics ne se targuent pas ici d’innovation et privilégient des techniques éprouvées. Imperturbablement, les façades des demeures en sursis – vidées de leurs habitants et livrées au pourrissement – se parent de panneaux bigarrés annonçant, comme une rassurance, que « la ville continue »… Sur les autres, témoignant des dernières résistances, des affiches donnent à lire la propagande municipale en langage courant : « Habitant dégage : la mairie aménage ».

Techno-Cité radieuse

Initialement voué à organiser l’espace selon les besoins standardisés de l’« homme nouveau » au sein de la société industrielle, l’urbanisme dessine désormais le décor d’une post-humanité mobile et connectée, renvoyant à leur obsolescence les quelques bouseux en­core attachés à la glaise de leur pépinière. A l’image de sa population – néo-prolétariat hors-sol, mutable au gré des fluctuations du mar­ché mondial – la techno-cité se veut intense, innovante, évanescente, mutable et permanente, continue et fragmentée, durable et éphémère, dense et diffuse, poreuse, intelligente, créative, ubiquitaire, multicultu­relle, globale, etc.

Ces adjectifs ne doivent cependant pas nous faire oublier que les urbanistes n’ont jamais désavoué le bon vieux planisme issu du mouvement moderne : l’organisation industrialiste de l’espace et du temps, et l’accaparement par une caste d’experts du droit à faire la ville d’en haut, comme à l’aplomb d’une carte d’État Major. Après tout, des Siedlungen et autres Cités Radieuses de l’après-guerre aux éco-quartiers de la « ville durable », les modèles architecturaux qui ont sous-tendu l’urbanisation de la vie n’ont jamais été que les variantes, diffuses ou concentrées, du même mode de production (rationaliste, économiste, industriel). Et aussi bien les discours sur la Haute Qualité Environnementale que le façadisme pop des « opérations de logement » les plus récentes dissimulent mal les atavismes fonctionnalistes de leurs concepteurs. A mesure que la société indus­trielle achève de « transformer l’espace comme son propre décor » (3), la doctrine des C.I.A.M, travailler/se récréer/circuler (4)… est plus que jamais à l’ordre du jour. Ici comme ailleurs, les noms restent mais les lieux disparaissent à mesure que la réalité rejoint l’artificialité des images de synthèse des architectes – la joie de vivre en moins.

De Saint-Maurice-des-champs à Saint-Maurice-des-flux

Une habitante raconte : « Après avoir emprunté une frêle passerelle surplombant l’ancien périphérique, on était ‘’aux champs’’ : on allait même porter le pain rassis de la semaine aux poneys du club hippique, là où il n’y a plus maintenant qu’immeubles de bureaux et béton. Les plus anciens habitants nous parlaient avec nostalgie de la guinguette du Carrefour Labis, mais je ne l’ai pas connue ; je l’ai retrouvée sur une vieille carte postale. Je me souviens aussi de la fin de l’été, où nous allions, juste avant la reprise de l’école, cueillir les baies de sureau du parc des Dondaines, pour en faire la gelée des goûters de septembre. Jusqu’à la période plus troublée qui, avec le début des années 1980, vint perturber le calme de Saint Maurice-des-Champs. Saint-Maurice a pris un nouveau visage, il a bien fallu s’y habituer. Un peu de calme est revenu, mais pas pour très longtemps, car les chantiers de construction ont continué dans le quartier ou sur ses frontières […] C’est vrai que Saint-Maurice-des-Champs n’est plus tout à fait le même, mais quels atouts pour ‘’bouger’’ ! »

Quand l’accumulation du capital devient devoir systémique d’urbanisation, la ville devient entreprise urbaine, reconfigurant l’espace pour y « attirer les flux mobiles et flexibles de la production, de la finance et de la consommation » (5). On comprend mieux dès lors que la ville doive « s’appuyer sur une infrastructure de support […] où le flux prime sur le lieu » (6) ; et pourquoi du Saint-Maurice ancien il ne reste rien sinon en marge des infrastructures de la circulation marchande. Seules rescapées au sein de l’espace ainsi liquéfié, liquidé, quelques demeures en bois et ruelles d’avant la géo-localisation et les vapeurs d’essence préservent un succédané d’« ambiance de fau­bourg ». Et La Voix du Nord de s’émerveiller « des airs de village » de la rue du Faubourg de Roubaix quand Saint-Maurice n’est plus en réalité qu’une coordonnée GPS dans l’entrelacs géométrique des flux autoroutiers, ferroviaires et métropolitains.

« Laissez-vous transporter » pourrait être le mot de la fin si l’on croyait Transpole. Mais Antoine, habitant « expulsable » depuis le mois d’Août, a d’autres projets pour son quartier : « Sur ces deux hectares de terre, on pourrait créer une activité économique de maraîchage avec les personnes à la rue. On pourrait organiser un petit marché hebdomadaire, recréer une vie de quartier et se nour­rir de légumes cultivés ici. La mairie, responsable du délabrement des maisons, pourrait les réhabiliter et proposer du logement social. Une maison individuelle avec jardin est tout de même plus agréable que des barres de neuf étages. » La simplicité de ces quelques pistes tranche avec les vanités eurométropolitaines pour lesquelles les habitants sont une entrave. Elle ferait pourtant de Saint-Maurice un quartier accueillant qui renouerait avec son histoire. Mais la simplicité, pour un responsable de la quatrième ville française, n’a pas lieu d’être.

Hors-sol, fév. – mars 2015

1/ Urbanisme et colonisation : présence française en Algérie, Saïd Almi. 2/ Agence d’Urbanisme de Lille. 3/La société du Spectacle - Guy Debord. 4/ Congrès Internationaux d’Architecture Moderne sous le patronnage de « Corbu », La Chartes d’Athènes – 1933. 5/ David Harvey, Vers la ville entrepreneuriale. Mutation du capitalisme et transformations de la gouvernance urbaine. 6/ Agence d’Urbanisme de Lille.

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Cet article est paru dans le journal Hors-sol #2 dont voici les points de vente (1,5 €) : http://hors-sol.herbesfolles.org/ca…

Au sommaire de ce numéro. Intelligence artificielle : Dialogue entre un journaliste-robot et un robot-journaliste. Logiciels libres et apprentissage du code informatique : le nouvel esprit du capitalisme. Marcuse : Sauver la recherche ou la subvertir ?

novembre 27th, 2014 by admin

Hasard du calendrier ou réponse directe à notre reportage publié en novembre ? Dans son numéro de janvier (110 000 exemplaires distribués gratuitement) Lille Mag sort l’artillerie lourde : « Bienvenue dans votre Silicon Valley ». Rédigé dans la mauvaise conscience, l’enjeu est d’humaniser le développement technologique des Bois-Blancs : « L’important, ce sont les sciences et les relations humaines. Pas la technique pour la technique. » Le dossier croit ainsi répondre à nos critiques. Pseudo questions éthiques, conséquences environnementales, « dimension sociale », argent public, emplois, la mairie PS déploie sa rhétorique Benetton : des jeunes, des vieux, des issus de la diversité, des non-diplômés, des femmes, des Alzheimer sont utilisés comme paravents contre la critique.

Si le cœur des habitants de Bois-Blancs reste à gagner, celui des multinationales du numérique et des ministères est conquis. « Lille is French Tech » et Euratechnologies prend son envol. 2 500 salariés aujourd’hui, 7 500 d’ici 2018. Promoteurs et collectivités construisent de nouveau pour doubler la surface productive. L’ambiance y sera « studieuse et décontractée » déclare-t-on : café jazz, restaurants, salle de sport. Grâce à sa labellisation « French Tech » par l’État, Euratechnologies compte devenir l’incubateur de référence français sinon européen.

Plutôt que de longues tirades sur la dialectique, quelques photos suffisent parfois. Voici un photo-reportage de trois minutes monté par notre photographe Julien o2e. Sur les ruines d’une classe ouvrière déchue, une nouvelle utopie se dresse : http://vimeo.com/117043304

Retrouvez aussi notre reportage publié en novembre dans version papier : Les extraterrestres débarquent à Bois-Blancs

Bonne lecture.

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Ils sont cools, jeunes et insouciants. Débarqués du cyberespace en 2009, ils ont installé leur première colonie dans le vieux quartier industriel des Bois-Blancs, à Euratechnologies. Grâce à leurs soutiens auprès de riches représentants de la communauté terrienne, leur entreprise d’expansion se concrétise, empruntant des noms étranges : living lab, écoquartier, Euratechnopolys. Aidés des populations autochtones, nous avons saisi les aspects les plus immédiats de leur mode de vie exoplanétaire. Mais leur base avancée n’est que le début d’un impérialisme technologique qui dépassera, et dépasse déjà, les frontières physiques du quartier. Pour les bouter définitivement hors de nos vies, il faudra plus qu’une « lutte contre la gentrification ». Reportage.

La Guerre des MondesIls sont de plus en plus nombreux, attirés par un « parc d’activités » gigantesque installé dans l’ancienne filature Le Blan. Sur la carte du chômage régional, Lille est la seule ville à connaître un regain d’emplois. En cause : l’informatique.1 Rien qu’à « Euratech », 2 500 geeks regroupés dans 150 entreprises ont emménagé en cinq ans. Si la reconversion du quartier est souvent présentée comme l’une des « réussites » économiques et urbaines les plus significatives des trois mandats d’Aubry, elle est surtout l’aboutissement d’une dynamique lancée par Pierre Mauroy dans les années 1980. La réconciliation de la mairie socialiste avec la chambre de commerce, l’arrivée du TGV et Lille2004 ont créé un « ecosystème » propice aux nouvelles classes créatives et connectées. C’est d’ailleurs Pierre Mauroy qui, après une visite en 1999 de Sophia Antipolis, la plus importante technopole française près de Nice, lança le projet « Euratechnologies ».

Malgré le déclin de ces filatures qui faisaient la renommée du quartier, le « renouveau » de Bois-Blancs n’est pas une aubaine pour ses habitants, mais bien plutôt pour la Ville et ses investisseurs. « On a installé des gens pour faire du blé, du blé, du blé, et on oublie les autres avec le RSA », constate un habitant des Aviateurs, ces grands ensembles construits à la fin des années 1950. De chaque bord de la Deûle, frontière géographique et sociale du quartier, on se regarde en chien de faïence. Le pouvoir lillois n’a d’yeux que pour les grands noms de l’économie numérique, l’université Stanford en Californie ou les entreprises du programme « Euratech in China », alors que les habitants historiques sont réduits à l’état de classe surnuméraire et obsolète.

1La Voix du Nord, 23 septembre 2014. L’Observatoire des TIC n°19, 2013.

mars 19th, 2014 by admin

Hier encore, un smog « cancérogène certain » s’est abattu sur nous. Jour après jour, on apprend à reconnaître ce goût métallique qui empâte la bouche. On vit dans la poisse. Cette poisse mortelle nous défend de courir, faire du vélo, sortir les enfants, respirer à pleins poumons. Surtout, elle nous prépare à la vie rationnée. Ce 17 mars, l’État a substitué une armée de 700 policiers aux habituels ingénieurs en fluidité routière pour faire respecter la circulation alternée des bagnoles. Après l’eau, denrée rare et viciée, l’air deviendra-t-il aussi une marchandise vendue pour raison d’épuration ?

Faut-il rappeler aux fabricants de voitures et aménageurs de territoires que ce n’est pas la faute du soleil ni des vents si sept millions de citadins crèvent chaque année de l’air qu’ils respirent ? (1) Si l’industrie, les épandages agricoles et le chauffage au bois ont leur part de la pollution, celle-ci vient en grande partie des pots d’échappement, de l’usure des pneus et de l’asphalte, des garnitures de frein et d’embrayage (à l’origine des microparticules).

Pour un désastre alternatif

Les dirigeants des métropoles et de l’État ont leur coupable, le « lobby du diesel », pour se décharger de la responsabilité du désastre sanitaire. En pleine campagne municipale, les écologistes de toutes les métropoles font valoir leur bilan dérisoire : un centre-ville piéton accueille désormais les chalands flânant entre les marchandises importées du Bangladesh. Ils repartent en bus ou en Velib sans ralentir l’explosion du trafic. « Le combat des couloirs de bus » : ainsi parlait le chef de file des Verts lillois. (2) C’est à s’étouffer. Il y a quelques semaines, les médias s’enthousiasmaient du retour des embouteillages : signe de relance économique. Les villes continuent de s’engorger, l’A1 dégueule ses camions et la Chambre de commerce s’impatiente d’un nouveau périphérique pour « désengorger » la métropole lilloise. Vingt ans de politique écologiste pour crever sous les microparticules (après l’amiante et en attendant les nanotubes de carbone, nanoparticules encore plus intrusives que les microparticules). Connaissez-vous les ambitions Vertes pour la prochaine mandature ? Des fleurs sous le métro aérien, des bâtiments basse consommation pour abriter les nuisances High Tech (3), des toitures végétales au dessus des « fab labs » et une fuite en avant qu’ils nomment « alternatives ».

Qu’ils soient écologistes ou non, ils nous laisseront choisir notre mort. Entre la bagnole au pétrole ou le métro à l’uranium. La campagne municipale à Amiens tourne autour de la construction du Tramway. Le Grand Paris sera bientôt ceinturé d’un nouveau RER. En 2016, le métro entre Lille et Roubaix sera doublé et le débat sur l’opportunité d’un « tram-train » relancé. Areva, EDF et les constructeurs automobiles se réjouissent de la transition énergétique vers une « économie décarbonnée », les ventes de véhicules électriques ont augmenté de 50 % en 2012 et les voitures hybrides de 60 %.

Autolib – automobile et liberté.

La Voix du Nord clame à tue-tête les bienfaits de cette néo-industrie qui réglera les problèmes de la raréfaction du pétrole et des microparticules. Avec Arnaud Montebourg au chevet de l’économie nordiste, elle se félicite de ce que notre grande région automobile – « 30 % des véhicules produits en France, 40 % des moteurs et 50 % des boîtes de vitesse » (4) – pourrait se tourner vers « l’électromobilité » : voitures électriques, avions électriques, TGV électriques et voitures à pilotage automatique. Les 13 et 14 février derniers, l’école Centrale de Lille accueillait un salon de la « chimie du végétal ». La Voix s’empresse d’applaudir le laboratoire lillois EuroBioRef dans son ambition de créer des bioraffineries (carburants végétaux) grâce à l’industriel du petit pois Bonduelle et aux financements de la Région. Ils n’arrêteront jamais.

Dans son dossier sur les municipales à Lille, Le Monde s’enthousiasme pour le réaménagement du port fluvial : « Le responsable [de Voies navigables de France] souhaite doubler le trafic fluvial d’ici 2020, le portant à 2 millions de tonnes. » (5) Celui-ci accueillera bientôt les porte-conteneurs de 4 000 tonnes grâce au canal Seine-Nord que tout le monde attend. Plus de bagnoles, plus de péniches, plus de métros, plus de marchandises. Et finalement, plus de nuisances et plus de contrôle.

L’écologie du rationnement

Les plus visionnaires planifient la suite. Si la gratuité des transports en commun ne suffit pas à « modifier les comportements » des automobilistes et abaisser le taux de microparticules, il faudra contraindre. Circulation alternée et péages urbains nourrissent déjà des usines à gaz militaro-bureaucratiques : droits d’émissions, restrictions, dérogations. « En Europe, deux cents villes restreignent leur accès aux véhicules polluants. » (6) À Stockholm ou à Londres, le paiement est automatisé grâce aux bornes de lecture des plaques minéralogiques par vidéosurveillance. À Londres, toute infraction au règlement écologique est réprimée d’une amende de 600 euros. Ce qui exige un fichier des plaques d’immatriculation associé au poids des voiture, comptes bancaires et identité des automobilistes.

Même si la France retarde dans les restrictions de circulation, des mesures contraignantes sont déjà prises. Au plus fort de la pollution, les nationales et autoroutes du Nord ont vu la réduction de vitesse passer de « recommandée » à « obligatoire ». 45 euros d’amende aux contrevenants. L’écotaxe du gouvernement prévoyait de surveiller les routiers au kilomètre près grâce à la géolocalisation des camions et au contrôle vidéo. On vous passe les capteurs sur les routes et les cartes de transports RFID propres à fluidifier la surpopulation urbaine. Le filet de sécurité écologique se resserre.

Face aux épidémies de cancer, asthme, insuffisances respiratoires ou pneumonie, vous pourrez compter sur un contrôle sanitaire au plus près de vos pathologies. En attendant votre t-shirt intelligent enregistrant en permanence rythme respiratoire et battements de cœur, vous pouvez rendre visite à votre médecin tous les six mois pour un dépistage couvert par le dernier « Plan Cancer » et les cotisations sociales versées par l’industrie automobile. Préventif, votre médecin en profitera pour vous inculquer les bonnes pratiques en milieu toxique : arrêter la clope, le vin et votre mode de vie pathogène.

Et pour votre jogging, n’oubliez pas votre masque à oxygène intelligent, acheté chez Décathlon.

On disait « libre comme l’air ». Mais tout ce qui était libre et gratuit se marchandise pour raison de gestion. Vous savez bien, quand c’est gratuit « les gens » gaspillent et dégradent. L’eau est viciée ? Elle ne suffit plus à abreuver les millions de métropolitains entassés ? Il faut la pomper depuis les sous-sols, l’assainir, la comptabiliser ? Entretenir les cuves et les kilomètres de tuyaux ? Régies publiques et compagnies privées se chargent déjà de la rationner. Question de survie. Le programme de vie hors-sol comprendra le compteur à oxygène individuel, les usines de retraitement de l’air vicié, les bouteilles d’air conditionné riches en oxygène. Danone et Nestlé lanceront des bouteilles individuelles d’air parfumé. Le Front de Gauche manifestera pour la gratuité des premiers mètres cubes d’oxygène et le retour en régie publique des sociétés d’assainissement d’air.

50 % de la population mondiale vit en ville. Nul besoin d’habiter Pékin ou Mexico pour savoir que cette concentration de bagnoles, d’usines et de marchandises concentre surtout la pollution. Or, cette concentration s’accélère : quelle métropole « attractive » n’a pas son programme pour une ville dense ? Plus d’entreprises, de pôles d’excellence, d’universités feront plus de transports, de fumées toxiques, de cancers. Les « alternatives » qui n’en sont pas, et les mesures de contrainte écologique imposeront, quoi qu’il nous en coûte en terme de liberté, la circulation des marchandises et le « développement des territoires ».

Ce n’est pas seulement le « lobby du diesel » qui tue, mais la société industrielle.

Tomjo, Lille, le 17 mars 2014.

1Source : OMS.

2Lille, Vert avenir, Éric Quiquet, éd. Sansonnet, 2007.

3Les nouvelles technologies de l’information et de la communication consomment l’équivalent de sept centrales nucléaires en France. La face cachée du numérique, L’échappée, 2013.

4La Voix du Nord, 14 mars 2014.

5Le Monde, 14 mars 2014.

6Le Monde, 6 janvier 2014.

Le texte en format pdf : Microparticules_Brochure