janvier 28th, 2014 by admin

On peut ficher la population planétaire, renseigner la première armée du monde, et rester cool. Une copine en ballade sur la côte ouest des États-Unis est entrée dans l’antre de Facebook, a rencontré les pèlerins en visite et observé les salariés dans leur camp d’attraction. Jeunes, écolos et créatifs, ils sont dans leur boîte comme des coqs en pâte. Pas de stress.

J’ai pensé à vous, amis nordistes et ennemis des nouvelles technologies, lorsque qu’on m’a fait visiter… Facebook, énorme usine ou petit village d’environs 6.000 personnes sur la baie de San Francisco. Dès le parking, les fans se prennent en photo devant le symbole et logo, maintenant connu à travers le monde entier, du pouce vers le haut – comprenez « J’aime ». Quelques vigiles à l’entrée, passage obligatoire à la borne informatique, et vous obtenez le badge, sésame dont rêvent tous les fans. L’accès au site se fait par un sas sécurisé (comme pour les banques) car des fans auraient déjà essayé de passer en force. Le site est complètement fermé, c’est une micro-ville avec commerces, restaurants, une place centrale où les gens jonglent pendant leurs pauses déjeuner… c’est incroyable, rien à voir avec les usines chinoises de téléphones portables !

Les bureaux, d’immenses « space planning » très modernes, très vivants, sont faits de murs noirs sur lesquels les salariés écrivent à la craie leur « humeur du jour ». Selon le réglage de leur bureau électrique, certains travaillent debout, d’autres assis. Ici, pas de costard, c’est plutôt jean, baskets et sweat à capuche. Il y a des espaces détente avec boissons et trucs a grignoter. En sortant des bureaux, vous arrivez dans une rue bordée d’arbres, de bancs, les gens circulent à vélo, à pied, en skate. Précision : les vélos sur le site sont gratuits, vous les déposez où vous voulez et il y a même un atelier de réparation, très branché et écolo. En plus de tout ça, un lieu de résidence accueille des artistes extérieurs. Une menuiserie équipée de machines quasi professionnelles est à disposition des salariés qui auraient des talents cachés de designer ou ébéniste. Il y a beaucoup de dernières tendances en matière de design et matériaux, beaucoup d’architectes d’intérieur qui bossent sur les projets de bâtiments, bureaux et restaurants.

D’ailleurs, tous les restaurants sont gratuits… rôtisserie, pizzeria, bar à salade, burgers, grillades, bonbons, glaces, frigos avec boissons fraîches, cafés… j’en passe et j’en oublie. À côté de ça, vous avez tous les services à la personne imaginables : pédicure, coiffeur, pressing, arcades de jeux vidéos, médecin, dentiste, spa, salle de sport… et nutritionniste ! En effet, il a été démontré qu’en moyenne, avec toute cette nourriture gratuite, les nouveaux salariés prennent pendant leurs trois premiers mois six à sept kilos !

J’ai voulu filmer le fourmillement de la ruche dans la rue principale mais au bout de trente secondes un vigile est venu me voir, me demandant mon badge et où se trouvait la personne qui m’avait invitée. Vous ne pouvez en aucun cas vous éloigner de votre hôte ou tuteur. À la fin de ma visite, mon guide me dit : « Ne panique pas mais Mark est devant ! » Moi : « Mark qui ? » En fait c’était le fameux Mark Machin qui a fondé Facebook, mais je n’ai pas su le reconnaître parmi les autres mecs qui marchaient autour. Honte a moi ?

Avant de sortir, nous passons par la boutique de souvenirs. Les businessman de passage et les visiteurs y trouvent mugs, t-shirts, oreillers, stylos, pin’s, aimants, thermos, les fameux sweats à capuche… le tout à l’effigie de Facebook. Il parait que cette boutique de quelques mètres carrés rapporte un sacré chiffre d’affaire. J’étais tentée par le bavoir mais mes poches n’étaient pas assez fournies. Pour info, Facebook est en train de construire la même chose de l’autre côté de la rue parce qu’il n’y a plus assez de place ici. Mais plus petit, genre pour 500 personnes. Je prolonge donc leur appel : ils cherchent d’autres services à la personne auxquels ils n’auraient pas encore pensé… Des idées ?

« Puuul », San Francisco, le 28 janvier 2014.

En version pdf : Dans l’antre de Facebook