juillet 14th, 2013 by admin

Éric Quiquet, élu vert aux transports, Philippe Vasseur, président de la Chambre de commerce, et Jean-François Caron, élu vert régional, conversaient ensemble de la « transition écologique » promise par le gouvernement Ayrault. Écologistes, patrons et citoyens associatifs étaient plus de 300 ce mercredi 10 juillet 2013 dans les locaux de LMCU pour communier dans cette fuite en avant productive mais verte : la « troisième révolution industrielle » de Jeremy Rifkin, qui n’attend plus que sa béatification. Ce « catalyseur », selon les mots de l’élue verte à la recherche Sandrine Rousseau[1], rendra son « Master plan » pour la Région Nord-Pas de Calais le 25 octobre prochain lors du « World forum » – le raout annuel du patronat local. Nous vous en avons déjà dévoilé la teneur dans L’Enfer Vert : l’optimisation sous contrainte technologique grâce aux cartes à puce RFID, aux réseaux d’eau et d’électricité « intelligents », et aux énergies supposées renouvelables. « Nous devons travailler sur l’innovation : réseaux, production et stockage d’énergie, efficacité énergétique mais aussi sur les changements de comportement… » clame Jean-François Caron, la tête de gondole Europe-Écologie du Conseil régional. La question n’est pas celle de notre modèle de développement, mais comment le faire perdurer malgré ses « externalités négatives », tout en solidifiant les marges de profits des entrepreneurs présents. Nos « comportements » s’y soumettront.

Notre région ne se remettra déjà pas des deux premières révolutions industrielles qui ont saccagé les paysages, contaminé l’eau, la terre et la santé des ouvriers dans l’absurdité du travail à l’usine. Alors ils y vont de plus belle. Les nécessités de la « Crise » rejoignant celles de notre survie, tous les espoirs se portent sur ces nouvelles technologies qui créent de l’emploi et contraignent nos comportements vers la baisse des rejets de gaz à effet de serre – paraît-il. Avec la RFID (déjà présente dans la carte de transports Pass Pass), les compteurs Linky et les smartphones, nos faits et gestes seront enregistrés et optimisés comme dans une vulgaire chaîne logistique. Ce qu’il nous en coûtera ? La liberté de vivre et de se déplacer sans l’œil d’un mouchard écologique. Chekib Gharbi, le directeur d’EuraRFID, était d’ailleurs présent à cette sauterie sur la « transition énergétique » pour vendre sa ville « intelligente » : Sunrise[2] ou la smarthome, cette maison automatisée qui saura tout de notre mode de vie[3].

« La transition énergétique a déjà commencé », se gratifie Jean-Claude Baudens, le directeur régional d’ERDF (La Voix du Nord, 10 juillet 2013). Et le convoyeur d’énergie nucléaire d’évoquer le développement de l’éolien pour justifier ses nouvelles lignes à très haute tension et ses compteurs électriques Linky – Jean-Marc Ayrault vient d’annoncer leur généralisation grâce à ses « Investissements d’avenir »[4]. Pour ERDF comme pour les autres, ce qu’ils appellent « transition énergétique » est l’installation de nuisances supplémentaires sans toucher aux bases de l’économie actuelle. EDF se défend corps et biens pour prolonger la durée de vie de ses centrales – dont celle de Gravelines, la plus puissante d’Europe – pour trente années encore. Les technologies numériques sont la principale source d’augmentation de production électrique : les data centers consomment 7% de l’électricité en France, soit sept fois plus qu’en 2005 ; en 2020 aux États-Unis, ils rejetteront autant de CO2 que les avions, prédit Le Figaro du 22 avril 2010. Que dire des poubelles à ciel ouvert de matériel informatique ? Que dire du métro automatique qu’Éric Quiquet s’apprête à rallonger ? ; du data center propre à ingérer les quantités de bits informatiques envoyés par les cartes Pass Pass ? Ils sont tous de gourmands consommateurs d’énergie nucléaire. Quant aux éoliennes ou aux panneaux photovoltaïques, si le vent et le soleil sont renouvelables, la silice, les terres rares et métaux précieux qui entrent dans leur fabrication sont, quant à eux, tout-à-fait épuisables et nuisibles. Voir les mines d’extraction chinoises pour nourrir votre dégoût des énergies « renouvelables ».

Le modèle de développement des Verts est le même que celui des transporteurs, d’EDF et des militants des nouvelles technologies. Leur Troisième révolution industrielle comme leur « transition énergétique » sont aussi nocifs pour l’environnement et notre santé que pour notre liberté de choisir une vie digne d’être vécue. Nous les rejetons en bloc.

Tomjo

1. http://elus-npdc.eelv.fr/2013/07/11/la-troisieme-revolution-industrielle-est-en-marche/

2. « Pourquoi il faut fermer Euratechnologies »,  hors-sol, mars 2013.

3. « Planète  »intelligente », planète décervelée », hors-sol, juillet 2013.

4. « Humanité 2.0 : Linky, l’Enfer Vert et le techno-totalitarisme », Pièces et main d’œuvre, juillet 2013.

juin 10th, 2013 by admin

Lu dans Libé aujourd’hui (9 juin 2013) : après le paiement par reconnaissance de l’empreinte digitale ou veineuse à Villeneuve d’Ascq et Angoulême, l’entreprise lilloise Natural Security, hébergée par Euratechnologies à Lille, se développe aux États-Unis (contrôles d’accès et paiements à la fac de San José). Les applications pour distributeurs automatiques de billets et les lecteurs d’empreinte pour passer commande depuis votre ordinateur personnel sont sur les rails. Un retour sur investissement que les élus ne manqueront pas de saluer devant l’urgence du sursaut économique régional.

Ces choix industriels sont aujourd’hui encouragés. Le Nigeria et Mastercard ont annoncé lors du dernier Forum économique mondial qui s’est tenu au Cap (Afrique du sud) leur intention d’équiper les 170 millions de Nigérians d’une carte d’identité RFID contenant les données biométriques mais aussi bancaires du porteur : reconnaissance policière, contrôle des frontières, transactions, etc. Et pourquoi pas le carnet de santé aussi ? Libé, depuis ses pages militant pour un « éco futur », n’y voit qu’un « léger bémol » : « l’État nigérian aura accès à l’activité bancaire du possesseur de la carte ». Mais l’enjeu économique est de taille face aux « dérives » sécuritaires : imposer sur un même support une carte d’identité et une carte de paiement permettra « l’inclusion financière des quelque 70% de Nigérians qui, à ce jour, ne possèdent pas de compte bancaire. » Consommateur et suspect, une condition partagée par le communauté mondiale.

Le 25 juin prochain, la carte de transports RFID nommée « Pass-Pass » sera définitivement adoptée par Transpole. Depuis le 14 décembre 2012, on sait avec certitude que cette carte contrôlera les accès des différents services municipaux (bibliothèque, salles de sport, etc) et servira de carte de paiement chez les enseignes partenaires. Grâce, notamment, aux 2,7 millions d’euros apportés par la Caisse de dépôt et consignations. Et consignés dans la convention U-City passée avec Lille Métropole.

En savoir plus ? Lisez pourquoi il faut fermer Euratechnologies.

avril 22nd, 2013 by admin

Quel est le lien entre le séisme qui a provoqué la catastrophe atomique de Fukushima, et la carte Pass-Pass ? D’abord prévue pour 2011, puis 2012, et enfin pour le 25 juin 2013, le mouchard RFID que devront utiliser les clients de Transpole a subi plusieurs bévues. Mais impossible jusqu’alors de savoir pourquoi. Ni la Communauté urbaine ni Parkeon, l’entreprise qui a remporté ce marché de 23 millions d’euros HT après revalorisation, n’avaient daigné s’expliquer. Dans une délibération de Lille Métropole du 12 avril 2013, on apprend que le premier retard est dû à la « pénurie de composants électroniques provoquée par l’événement de Fukushima au Japon. » Séisme, dommages sur les usines d’assemblage et d’extraction, et enfin coupures d’électricité : les secousses sur la filière électronique mondiale ont été ressenties jusqu’à Lille Métropole. Décidément, les Verts lillois ont intérêt à ce que l’énergie nucléaire soit optimale et sécurisée. Entre leur métro automatique et le data center qui tournent à l’uranium, et maintenant l’approvisionnement en composants électroniques, on voit combien leur projet de société est tributaire de l’économie mondiale et de la bonne marche de la filière nucléaire.

La délibération en question : Avenant LMCU-Parkeon

avril 18th, 2013 by admin

Nous vous informons de la réédition de L’Enfer Vert. Projet pavé de bonnes intentions (éd. L’échappée, coll. Négatif, avril 2013). C’est une enquête et une histoire de la fusion entre l’écologie et la technocratie lilloises, revue et augmentée de critiques des indicateurs alternatifs de richesse, de l’écologie autoritaire et de la ville intelligente. Les habitués d’Hors-sol y trouveront de quoi nourrir leur connaissance d’Euratechnologies et des autres projets de développement régionaux (Eurasanté, Zone de l’Union, etc).

La réédition est suivie d’une Critique de la planification écologique annoncée par la  »gauche de la gauche » comme une réponse à la crise et à l’austérité : « Vous pensiez qu’une alliance entre Rouges et Verts atténuerait les ravages du capitalisme ? Sous la banderole écosocialiste, le programme du Front de gauche comme l’action des élus locaux ne portent qu’un énième projet de relance industrielle. Vous pensiez la vieille planification centralisée et autoritaire définitivement ringardisée par les conseils en analyse stratégique ? Le Front de gauche offre une nouvelle légitimité à une technocratie d’État plus effective que jamais, quoi qu’en disent les ennemis du  »libéralisme ». Si l’Enfer Vert des écologistes est un contrôle des comportements lié à une rationalisation technologique, celui des écosocialistes est une économie dirigiste avec un vernis écologique. » Une fuite en avant suicidaire dans la production industrielle de camelote.

Ne ratez pas la présentation du livre le mardi 30 avril à 19h00 à la librairie L’Harmattan, 35 rue basse, à Lille.

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ARGUMENTAIRE

Tandis que la technocratie verdit, la verdure se technocratise. Le constat officiel de l’effondrement écologique et social proclamé à tous les échelons de l’autorité, du local au global, accélère la fusion entre la classe experte (scientifique, partis, appareils). Fusion d’autant plus naturelle que nombre d’écotechniciens incarnant ce double visage, à la fois Bac+5, csp+, cadres urbains du public ou du privé, et voraces prétendants à la direction de ce Green New Deal, de ce capitalisme reverdi dont ils représentent l’ultime chance. Ce qui est décrit ici, à partir du cas de Lille Métropole, c’est l’ascension de l’extrémisme de l’écolo-technocratie, des années 1979 à nos jours. destruction et artificialisation des derniers lambeaux de nature, construction de gigantesques infrastructures, police électronique et informatique via les puces RFID.

« Les limites nécessaires à la préservation de la vie seront calculées et planifiées centralement par les ingénieurs écologistes, et la production programmée d’un milieu de vie optimal sera confiée à des institutions centralisées et à des techniques lourdes. c’est l’option techno-fasciste sur la voie de laquelle nous sommes déjà plus qu’à moitié engagés. » André Gorz, Écologie et liberté, 1977)

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L’AUTEUR

Tomjo n’était pas né quand les plus lucides critiques de l’écologie politique nous mettaient en garde contre ce techno-fascisme vert, dont il décrit aujourd’hui l’avènement.

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126 pages / 12 x 18,5 cm / 9 euros / isbn 978-29158307-3-6

lechappee.org

mars 4th, 2013 by admin

Contre la cybersécurité et notre cybervie

Dans une Europe en crise, l’économie de la région Nord-Pas de Calais est moribonde. Les taux de chômage, de cancers, de pollution, de suicides, d’alcoolisme ou d’incarcération disputent les premières places – principalement à la Haute Normandie et à l’Île de France.

Ses dirigeants, élus et industriels, n’en finissent plus de nourrir l’illusion d’une « redynamisation du territoire » et la promesse de nouveaux saccages : agrandissement des ports de Calais et Boulogne, développement de l’aquaculture, du tourisme, saignée du canal Seine-Nord, construction d’un grand stade, projets de trams-trains, de centrales à gaz, d’énergies renouvelables. On rase les friches industrielles et urbaines pour bâtir les friches de demain. Voir la Zone de l’Union, par exemple. On greffe un Louvre à Lens en espérant qu’il soit un « levier » de croissance pour le bassin minier – tout en saluant, des trémolos dans la voix, le courage de ces générations de silicosés sacrifiés pour la France. Surtout, on mise sur la « Recherche & Développement », activité première et centrale pour ouvrir des perspectives de profits et d’emplois. Principalement dans l’économie numérique, le nouvel eldorado industriel de ce début de siècle.

La région Nord – Pas de Calais compte 24 000 chercheurs dans l’économie numérique dont 1 500 à Euratechnologies, la « pépinière » lilloise. Leurs nuisances sont résumées par le directeur d’EuraRFID : « l’identification, la traçabilité, la mobilité, la localisation, la sécurité et la sûreté » de tous et de l’environnement. Carte de vie quotidienne pour le bétail humain, puçage des biens de consommation, capteurs sur les réseaux d’eau et d’électricité, géolocalisation des citadins, univers virtuels, etc.

Selon les experts industriels et militaires réunis en janvier à Lille au Forum international de la cybersécurité, il est urgent de se protéger contre les cyberattaques. D’une part pour protéger les secrets scientifiques de toutes ces entreprises qui font la richesse de la France et de notre région. D’autre part pour assurer la sécurité de notre société de plus en plus connectée, et donc vulnérable aux cyberattaques. En bâtissant une « ville intelligente », Euratechnologies, Lille Métropole et le Conseil régional nous dépossèdent un peu plus chaque jour de notre quotidien. C’est pourquoi il faut fermer Euratechnologies.

Une présentation des activités d’Euratechnologies et des raisons de fermer ce pôle excellent seront présentées à la bouquinerie L’Insoumise, 10 rue d’Arras à Lille, le mercredi 27 mars 2013 à partir de 20h. (linsoumiselille.wordpress.com)

Le texte complet est ici : Fermer Euratechnologies

Le texte broché là : Fermer Euratechnologies_Brochure

La délibération métropolitaine du 14 décembre 2012 qui annonce le projet U-City : Convention U City

Plus d’informations sur le projet de carte de vie quotidienne :

Lille[Big Brother]XXL :  http://hors-sol.herbesfolles.org/2011/02/27/lillebig-brotherxxl/

L’Enfer Vert : http://hors-sol.herbesfolles.org/2011/12/09/sortie-du-livre-lenfer-vert-enquete-sur-lecolo-technocratie-lilloise/

Hors-sol

juin 26th, 2012 by admin

Retour sur une catastrophe participative

Jusqu’alors réputée pour ses prétentions « événementielles » – on songe ici à l’opération culturelle « Lille 2004», vite surpassée dans la pompe par « Lille 3000 » -, la ville de Lille s’est illustrée le 4 décembre 2009 dans un tout autre domaine : la  préparation de la population au post-accidentel nucléaire. Inspiré par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) mais organisé localement par Environnement Développement Alternatif (EDA), une association écologiste fédérée du Réseau « Sortir du nucléaire », ce colloque « citoyen » se devait de présenter les habits neufs de la gestion du risque à la française : exploitant (EDF), experts officiels (ASN, IRSN, CEPN), élus locaux, contre-experts associatifs (ACRO, GSIEN, Amis de la Terre, etc.) allaient enfin dialoguer publiquement dans la « transparence ».

J’ai déjà évoqué dans Le Sens du vent cet épisode singulier. S’il n’est pas inutile d’y revenir ici, c’est d’abord parce qu’une demi-douzaine de camarades de la Coordination contre la société nucléaire, réunis pour l’occasion sous l’étendard d’un « Conseil des ennemis de l’atome », se sont efforcés de troubler quelque peu la sérénité de cette représentation ; c’est aussi parce que les « actes » du colloque sont parus depuis sur Internet : restituant à très gros traits des contributions elles-mêmes hésitantes et farcies de langue de bois, ces actes ne feront pas l’objet d’un examen détaillé ; ils viendront seulement compléter ce que nous avons vu ce jour-là. [...]

Par Arnaud Michon

Le texte dans son intégralité : Tchernolille

mai 9th, 2012 by admin

Schématisons. Un groupe pharmaco-chimique comme Bayer se divise en deux branches : l’une fabrique des épidémies, l’autre les soigne. Et parmi elles, la mauvaise conscience de ses salariés. Nous avons mis la main sur une plaquette présentant une formation interne au Groupe à destination de ces « collaborateurs » qui se regarderaient avec peine dans une glace. La domestication des cerveaux progresse.

Le 14 mai 2009, Bayer Schering Pharma, la branche « Santé » du groupe, inaugure son siège français à Loos, dans le parc Eurasanté. La presse est en émoi. Mme Aubry se déplace en personne pour parler « ambitions et projets ». De ce débarquement de 330 cadres diplômés qui vont consommer, envoyer leurs enfants à l’école et se loger sur la métropole, les élus en fristouillent de bonheur. Deux ans plus tard en 2011, le réseau Alliances1, organisateur du salon annuel World Wide Forum à Lille, remet à l’entreprise le Trophée d’argent de l’Économie Responsable. Bayer est récompensée pour son programme d’« aide à la parentalité » et sa crèche « interentreprises » qui permettent à ses meilleures « collaboratrices » de rester dans son giron.

Malheureusement selon Bayer, « nous évoluons dans un contexte sociétal de défiance envers les activités industrielles qui touchent au vivant, au corps et à la nature »2. Depuis la fin 2011, Bayer a donc mis en place le programme de formation « Tam-Tam ». Il s’adresse aux salariés de l’entreprise qui développent une « défiance » à l’égard des activités de leur employeur, afin de « clarifier [avec eux leurs] ressentis à l’égard de problématiques Bayer, sensibles et médiatisées » : « Quand même, je me pose des questions sur certains sujets, avoue un bonhomme en costard sur la plaquette, je ne sais pas comment répondre clairement quand on me les pose en famille, chez des amis ou chez un client. » Et sa collègue de répondre : « Je ne vois pas ce qui te chiffonne, Bayer est une entreprise responsable qui contrôle les impacts de ses activités. Tu en doutes ? » Entre cellule psychologique et formation au mensonge – pardon, au marketing.

De l’empoisonnement militaire à l’empoisonnement civil (ou inversement)

Que peut-on se reprocher quand on travaille pour Bayer ? La première fois que l’entreprise s’installe dans la région, c’est en 1882 à Flers. L’époque est aux colorants pour l’industrie textile – colorants dont les matières premières serviront à fabriquer des explosifs pendant la première boucherie mondiale. En 1917 à Ypres, sur la frontière franco-belge, l’armée allemande utilise pour la première fois le gaz moutarde, une invention de Bayer. La guerre chimique et bactériologique est déclarée. Son inventeur, le Dr Fritz Haber, reçoit le prix Nobel de chimie en 1920. Pendant l’entre-deux-guerres, les chercheurs de Bayer mettent au point des gaz organophosphorés, tantôt insecticides pour l’agriculture, tantôt gaz sarin, tabun ou XV pour tuer des gens. En 1956, Fritz Ter Meer devient président de Bayer. Huit ans plus tôt, il était jugé par le tribunal de Nuremberg pour des expériences médicales assénées à des déportés d’Auschwitz et jugé coupable de pillages, spoliation, asservissement et meurtres de masse. Pendant le second conflit mondial, Bayer appartenait à IG-Farben, le conglomérat allemand qui produisait le Zyklon B. Voilà pour l’histoire militaire3.

Au début des années 1980 en Espagne, une épidémie de « pneumonie atypique » tue mille personnes et en handicape 25 000 autres. La cause ? Probablement le Nemacur, un pesticide commercialisé par Bayer et utilisé dans la production de tomates4. La branche Bayer CropScience est l’un des plus gros fabricants mondiaux de ces pesticides mis en cause dans les maladies neurodégénératives comme Alzheimer et Parkinson, ou dans certains cancers (estomac, prostate, vessie, cerveau, lèvres…). Elle est aussi à la pointe de la recherche génétique, de la commercialisation de riz ou de soja OGM, ou de la chimie contraceptive. Au début de l’année 2012 aux État-Unis, plus de 10 000 femmes portent plainte contre Bayer pour les « effets secondaires » provoqués par leurs pilules de « quatrième génération » : Yaz, Jasmine et Jasminelle, les plus vendues au monde. Une centaine de femmes en seraient mortes à la suite d’embolies pulmonaires, notamment5.

Bayer ne devrait plus exister depuis longtemps. Ses dirigeants, à défaut de peine capitale, devraient être envoyés de force à la culture de patates bio sur des terres asséchées. Mais Martine Aubry et les élus s’en foutent. Ils préfèrent se cacher derrière les progrès supposés de la recherche médicale. À Loos, Bayer Santé collabore au programme « Nutrition, Santé, Longévité » financé par Lille Métropole et l’agro-industrie dopée chimiquement : Mc Cain, Bonduelle, les boulangeries Paul, Oxylane-Mulliez, etc. Ses recherches en cancérologie et en imagerie médicale, au chevet des malades du sang et du cœur, montrent qu’ils sont les mieux placés pour « soigner » les épidémies qu’ils provoquent eux-mêmes.

Des Traces de médiation scientifique dans vos urines

Avec la formation « Tam-Tam », par ateliers de 15 à 20 personnes, les salariés de Bayer sont invités à discuter « pour se forger une opinion sur les sujets sensibles liés aux activités de Bayer : Peut-on faire confiance à l’industrie pharmaceutique ? Doit-on apprendre à se passer des pesticides ? L’expérimentation animale est-elle justifiée ? Les nanotechnologies : péril ou progrès ? Les médicaments sont-ils bons pour la santé ? »6

Pour mieux pétrir la conscience de ses ouailles, Bayer s’adjoint les conseils du groupe Traces, hébergé par le Département d’Études Cognitives de l’École Normale Supérieure de Paris. Ses membres sont journalistes scientifiques sortis de l’École Supérieure de Journalisme de Lille, ou ingénieurs en physique, biologie, chimie. Ils se cachent derrière la neutralité pédagogique de la « médiation scientifique » pour mieux défendre les intérêts des industriels : « Nous travaillons avec le Commissariat à l’énergie atomique, avec des musées [comme la Cité des sciences7], avec les animateurs scientifiques » nous dit Mme Barrois, chargée du projet « Tam-Tam » au groupe Traces. Ils se penchent sur les « controverses scientifiques qui peuvent avoir lieu dans la société civile » : OGM, nanotechnologies, pesticides, médicaments… Dernièrement, leur président Richard-Emmanuel Eastes a publié un livre intitulé Vers une agriculture choisie avec le concours de… Bayer, forcément.

Si la médiation scientifique auprès du grand public – avec ses Fêtes de la Science notamment – est depuis longtemps répandue, Mme Barrois nous avoue qu’« avec les salariés eux-mêmes, c’est très nouveau. C’est une demande des entreprises. Elles répondent à leurs salariés qui vivent un certain mal-être. » Pour rendre le bourrage de crâne plus ludique, Traces collabore avec l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg : « On met en place des serious games8 pour inviter les participants à débattre, à comprendre pourquoi ceux qui ne pensent pas comme nous, ne pensent pas comme nous. On débat avec les salariés sur les raisons pour lesquelles ils pourraient se faire attaquer en extérieur. »

Pour que ce soit clair : les salariés de Bayer ne doivent souffrir d’aucun mal. Avec leurs doutes et leurs remords, ils continueront de faire comme tout le monde. Ils prendront chaque matin leur voiture pour aller au travail, se payer un pavillon dans un lotissement propret, aller à Chamonix une semaine par an, faire leurs courses au marché du Vieux-Lille, payer leur cotisation à la CFDT, aller aux expos de Lille 3000, fabriquer des cancers, et mourir le plus tard possible.

Tomjo, La Brique n°31, mars-avril 2012

Illustration : Bordel Boucherie, Louis-Charles Fumery, Pire Fiction

1 : L’association est présidée par Philippe Vasseur. Voir sa mise au pilori dans La Brique n°21 de mars 2010.

2 : Sans indication, les citations viennent de la plaquette de présentation « Tam-Tam » de Bayer.

3 : Pour l’histoire de Bayer, allez voir le site de la Coordination contre les effets de Bayer : cbgnetwork.org. Ou encore, de manière complaisante cette fois, Histoire de l’IG-Farben de Jean-Philippe Massoubre, un ancien de chez Bayer, éd. L’Harmattan, 2008.

4 : La thèse officielle, cependant, reste celle d’un empoisonnement dû à une huile toxique : Relation de l’empoisonnement perpétré en Espagne et camouflé sous le nom de syndrome de l’huile toxique, Jacques Philipponneau, éd. de L’Encyclopédie des nuisances, 1994.

5 : francetv.fr/info.

6 : Présentation de « Tam-Tam ».

7 : « La Villette réenchante la science », CQFD, janvier 2012.

8 : Jeux de société « pédagogiques ».

Le texte en format pdf : Bayer soigne les âmes de ses fils d’Eichmann

avril 7th, 2012 by admin

Ne parlez jamais de carte RFID dans les universités lilloises, vous briseriez un tabou. Dites plutôt « Carte multiservices » (CMS). Dorénavant obligatoire sur les campus, cette carte facilitera le travail de l’administration en lui permettant de « tracer » les comportements des étudiants, des enseignants et des agents de l’université. Pour la vie toujours plus « efficace », « mobile » et « sécurisée » que l’on entend nous faire vivre, le contrôle à la source est requis.

Président de l’Université Lille Nord de France, vice-présidents des six universités nordistes, personnels administratifs, élus du Conseil régional, directrice du CROUS, journalistes de La Voix du Nord, tous ont gardé un silence pudique sur cette CMS qui s’est imposée sans coup férir à la rentrée universitaire 2011, devançant ainsi de quelques mois la carte d’identité électronique votée dernièrement par l’Assemblée nationale.

Jusqu’alors, il existait une carte d’étudiant, une carte pour manger, une autre pour entrer dans les résidences universitaires, et une dernière pour emprunter des livres. Désormais, grâce au million d’euros investi par les universités, la Région et l’Europe, une seule carte « sans contact » remplira ces fonctions et centralisera les informations dans un fichier des faits et gestes des utilisateurs de la faculté. Pour pénétrer dans les bâtiments des six universités et dans certaines salles, les étudiants, enseignants et personnels administratifs devront décliner leur identité à l’aide de leur « carte multiservices » nominative. La machine leur signifiera d’un bip qu’ils sont autorisés à entrer. Sans délai, l’information sera remontée, collectée et stockée dans un serveur central pour contrôle. À toutes fins utiles. Pour emprunter un livre à la bibliothèque ou accéder à ses « ressources documentaires numériques », les utilisateurs devront s’identifier. Sans délai, l’information sera remontée, collectée et stockée dans la même banque de données. À toutes fins utiles. Les utilisateurs du CROUS qui voudront manger au resto U, accéder à leur résidence universitaire ou à celle de leurs amis devront également s’identifier. Idem pour le vote électronique aux élections universitaires, l’inscription à l’université, l’impression de documents, l’émargement aux cours et examens, et pour tout ce que l’administration jugera utile de contrôler.

Il faut une certaine persévérance pour découvrir les caractéristiques techniques de cette CMS : la technologie retenue, développée par Phillips, se nomme Mifare, et a été vendue par la société WIT. C’est la puce RFID la plus utilisée au monde. Elle comporte l’identifiant du porteur pour vérification auprès d’une base de données centrale, actualisée tous les jours pour les autorisations d’accès. Cette puce est en outre « réinscriptible ». Elle enregistre et conserve un certain nombre d’informations, comme le vote électronique.

Exemple : le jeudi 12 avril 2012, M. Untel, étudiant n°1984, est entré dans le bâtiment SH2 à 9h47 (une demi-heure avant le début de son cours) puis s’est fait interdire l’entrée de la salle informatique à 11h52. À 12h30, il a payé son menu au restaurant universitaire. À 14h08, il a emprunté le livre RFID, police totale et le film Brazil. Puis, à 14h55, il est entré avec Mlle Unetelle, n°4012, dans le bâtiment M2 (une assemblée générale étudiante était prévue à 15h). Plus de nouvelles de l’étudiant n°1984 de toute l’après-midi, alors qu’il était censé assister à quelques cours. La CMS révèle que son assiduité laisse autant à désirer que son sens civique (il n’a pas voté aux dernières élections du Conseil d’administration de l’Université). Il faudra songer à « renégocier » sa bourse. À 23h01, le suspect n°1984 entre dans la résidence universitaire Bachelard, alors qu’il n’y est pas résident. Avec qui dort-il ?

L’offensive n’est pas nouvelle. En 2008, Henri Isaac, universitaire à Paris Dauphine et rédacteur du rapport « Université numérique » remis à la ministre Valérie Pécresse, ne cachait pas ses inquiétudes : « Alors même que la maîtrise des technologies de l’information et de la communication apparaît de plus en plus comme un élément de compétitivité d’une nation, ce retard dans la numérisation des formations supérieures risque d’obérer le développement de la France dans les années à venir ». Il préconisait notamment de « favoriser l’essor de l’Enseignement à Distance (E.A.D.) », d’améliorer « la démocratie étudiante grâce au vote électronique » et de « généraliser la carte étudiant électronique multi-services pour faciliter la vie étudiante ». Il invitait en outre les universités à « coupler » cette carte avec les cartes de transport en commun ; ce que la région Nord-Pas de Calais, toujours à l’avant-garde de l’aliénation technologique et déjà dotée de la carte de transport RFID « PassPass », ne sera pas la dernière à faire.

La « nécessité » paraissant partout admise, on ne s’étonnera pas qu’une « Alliance pour le développement des transactions électroniques pour l’amélioration de la vie des citoyens et la gestion des collectivités locales » (sic), ait clairement annoncé que son « amélioration de la vie » se passerait de l’assentiment des « citoyens », étudiants ou non : « À l’exemple de la mairie de Paris qui a su imposer l’utilisation de NAVIGO pour le VELIB, il n’est pas nécessairement efficace de demander des accords préalables à toutes les parties concernées, mais plutôt de créer un cercle vertueux auquel aucune ne pourra échapper ». (Livre blanc des Universités pour des cartes multiservices RFID, 2010).

En application du Plan Campus de Mme Pécresse, les bibliothèques universitaires de Lille 1 et Lille 3 vont prochainement devenir des Learning Centers, centres d’apprentissage de la servitude numérique impliquant puçage des livres, numérisation des œuvres, automatisation des services, et in fine, mécanisation des êtres humains. Ce ne sont évidemment pas les chercheurs de Lille 1, de l’Institut national de recherche en informatique et automatique, de Polytech’Lille ou de l’Institut d’électronique, microélectronique et nanotechnologies qui s’en plaindront : c’est là l’environnement qui leur sied et tout leur fonds de commerce. Si ceux-ci construisent la machine, d’autres en graissent les rouages : on pense aux étudiants et chercheurs des filières moins « durement » scientifiques, où l’on se préoccupe de la « cohésion sociale » d’une société dont les béquilles technologiques n’en finissent plus de nous atomiser et de nous déshumaniser. S’en trouve-t-il pour se demander dans quelle mesure leurs travaux ne contribuent pas à conforter l’organisation sociale qu’ils s’aventurent parfois à contester ? S’en trouve-t-il pour refuser de soumettre leurs activités aux impératifs industriels régionaux tels que présentés dans le « Projet stratégique » de Lille 1 ? S’en trouve-t-il pour imaginer un au-delà de l’appareil productif et administratif existant, auquel des recherches et des enseignements plus émancipateurs pourraient, qui sait, nous mener ?

Commençons par nous poser collectivement de telles questions, celles-ci et beaucoup d’autres. Nous trouverons des réponses, à la « carte multiservices » comme au reste.

Des quelconques, le 7 avril 2012

Le texte en format pdf : De la traçabilité en milieu étudiant

Le communiqué de Lille Nord de France : communiqué

Rapport « Université numérique » : universite numerique

Contribution au Livre blanc : Contribution Livre Blanc Cartes Univ

« Projet stratégique » de Lille 1 : Projet Etablissement 2010-2013

La Voix du Nord, le 7 juillet 2011 : http://hors-sol.herbesfolles.org/2011/07/28/carte-rfid-obligatoire-dans-les-facs-lilloises/

décembre 19th, 2011 by admin

Mardi 6 décembre, Eric Quiquet et sa clique présentaient le bilan de 3 mois de V’Lille. Tout était prévu : deux camions I love V’Lille pour désengorger l’afflux de V’Lillistes qui allaient se ruer à la grande messe. Pourtant, du coté de la station 001 (à la LMCU, on commence toujours par se servir en premier…), c’était plutôt calme plat. Les employés auront le droit à une pause : le froid a diminué les ardeurs des participant.e.s à venir en V’Lille. Les salarié.e.s de la Communauté Urbaine s’en vont, quelques journalistes et des cadres de chez B-Twin arrivent doucement.

A l’intérieur, la salle est relativement pleine. Le responsable du projet de chez Transpole fait défiler son powerpoint et les statistiques qui lui permettront d’optimiser le service. Le profil type du V’Lilliste ? « Des jeunes de moins de 25 ans, principalement des hommes ». Les heures de pointes ? « 7h et 20h, mais 25% du parc de V’Lille est en permanence occupé ». Le top dix des stations ? « Gare Lille Flandres, et les stations du vieux Lille ». Un seul chiffre manque au tableau : en trois mois, 110 V’Lilles soit 10% de ceux en circulation ont été dérobés. Une faille dans le système : les VLilles préfèrent la liberté aux bornes… Le « libre-service » a été a priori pris au pied de la lettre et retrouvé tout son sens.

Après l’exposé d’auto-promotion de la LMCU et Transpole, arrive une première série de « questions » qui transforme la réunion en véritable service après-vente : « Le vélo est trop lourd ! » ; « les écrans tactiles sont trop sensibles ! » ; « Le panier à l’avant est beaucoup trop petit ! » ; « la première vitesse ne sert à rien » ; « l’antivol est inutilisable ». Le degré zéro de la politique. « Merci » avance Eric Quiquet, « vos remarques nous permettront d’améliorer le service ». Décidément ils n’ont que ça à la bouche. C’est alors que la première intervention réellement contradictoire se fait entendre : « Monsieur, Quiquet, nous sommes quand même dans une mairie socialiste : comment expliquer qu’il n’y a que deux stations V’Lille à Lille-Sud et que les quartiers populaires soient les grands oubliés du projet V’Lille ? ». « Ça c’est intéressant ! » reconnait une fille deux rangs derrière. Mais Quiquet ne l’entend pas de cette oreille et préfère noyer le poisson : « Monsieur, ce n’est pas aussi simple. L’installation des stations V’Lille dépend de plusieurs variables, comme la densité de l’habitat et des activités commerciales alentours, de la faisabilité technique etc. » – « Mais Lille-Sud est le quartier le plus peuplé de la ville ! » - »Arrêtez avec vos procès et vos sous-entendus sur les quartiers riches et les quartiers pauvres, à Lambersart aussi il n’y a que deux stations V’Lille, d’ailleurs le maire s’en est plaint et pourtant ce n’est pas un quartier populaire ».

Première escarmouche. La seconde a lieu quelques minutes plus tard. « Bonjour, je voudrai intervenir en tant que non-utilisateur du V’Lille. Parce qu’un des éléments du projet qui n’a pas encore été discuté ici, et qui me rebute personnellement, c’est la présence de puce RFID dans les vélos ». - »C’est quoi ? » entend-on dans la salle. « Les puces RFID c’est ce qui a permit de recueillir toutes les statistiques que vous avez vu défiler ce soir, et tous ces chiffres sont associés aux noms des utilisateurs des V’Lille, via leurs cartes bleues ou les numéros de téléphone portable que vous utilisez pour les réserver ». Les mouches volent, Quiquet laisse passer l’orage. - »Et un autre aspect du projet qui n’a pas été discuté, mais ça les gens du B’Twin village pourront y répondre, c’est que si les vélos sont bien assemblés à Fives, les pièces détachées elles, sont fabriquées en Chine. C’est bien beau de prétendre faire de l’insertion, mais il s’agit de rétablir quelques faits sur le projet. Et puis, au sujet des V’Lille à Lille Sud, je ne voudrais pas faire de mauvais esprit mais une réflexion m’est venue à l’esprit suite à l’intervention précédente : à Lille-Sud il y a autant de stations V’lille que de commissariats ». Quiquet ne répondra pas. Mais on s’y attendait :  »Votre dernière remarque résume bien votre état d’esprit ». Question suivante.

Pendant ce temps là, certain.e.s d’entre nous ont fait le choix de rester à l’extérieur. Le tract que nous distribuons raconte tout le mal que l’on pense des V’Lilles. Les quelques discussions avec les employés de V’Lille confirment ce que nous y dénoncions. Lille Métropole n’avait pas le choix d’implanter des V’Lilles. Elle tardait trop, déjà, à suivre l’exemple des autres métro-techno-éco-europoles en vue. Les bourgeois.e.s commençaient à s’impatienter… A notre question sur la répartition de l’implantation des bornes de V’Lille entre le Vieux Lille et Lille-Sud, les employés sont plus loquaces que Quiquet. Les bornes auraient été réparties après une enquête auprès de la population. A l’époque, dans le Vieux Lille, on est triste de ne pas pouvoir rentrer bourré.e en vélo des soirées à la Gare Saint Sauveur. A Lille Sud, louer des vélos à l’heure n’était sans doute pas un besoin urgent. A moins, que ce ne soient les enquêtes de la ville qui suscitent plus de méfiance que d’enthousiasme dans ce quartier qu’elle a délaissé. Le V’Lille est donc un projet issu d’une demande des bourgeois.e.s du centre ville et mis en place par une mairie « socialiste » avec le soutien des écolos de service. Et qui ravi les bourgeois.e.s du centre ville, la mairie et la verdure. CQFD. Tant pis pour le socialisme et l’écologie.

Comme dirait un jeune ingénieur dynamique de « gauche » de chez B-Twin, « il y a des combats qui sont importants » (et il ajouta un « mais… » comme pour désapprouver que notre combat puisse un jour se diriger contre son travail…) Faire grincer la machine bien huilée du progrès que nous propose mains dans la mains Mulliez et les élu.e.s PS et Vert.e.s de la métropole en est assurément un pour nous. Chacun.e son camp camarade.

LMCU, Libres et Méchant.e.s Cyclistes contre l’Usurpation

Le tract distribué à l’entrée : VLille_tract2

décembre 9th, 2011 by admin

L’Enfer Vert

Projet pavé de bonnes intentions

Ce que nous réservent les écolo-technocrates à partir du cas de Lille Métropole

A Lille comme ailleurs, les écolo-technocrates sont au pouvoir. Ils sont élus et techniciens des collectivités locales ou ingénieurs de la Recherche & Développement. Sous couvert de sauver “la planète” et les “générations futures”, les Verts enrobent de tout leur savoir-faire écologiste l’édification de la “technopole”, de la “ville ubiquitaire”, de la “France augmentée”. à partir de leur projet de traçabilité des clients des transports en commun par des cartes à puce RFID, ce livre déroule l’histoire de la plus-value écologiste dans la réquisition du territoire et la mobilisation des populations par l’économie.

L’Enfer Vert est une enquête locale sur les meilleurs ennemis de celles et ceux qui refusent la continuelle fuite en avant techno-industrielle.

Tomjo est rédacteur au sein du journal La Brique.
Il s’intéresse à ceux qui s’obstinent à nous aménager la vie.

Introduction : L’Enfer Vert_Introduction

Librairies où vous trouverez L’Enfer Vert :

L’Harmattan, 35 rue Basse, Lille

La Bateau Livre, 154 rue Gambetta, Lille

Meura, 25 rue de Valmy, Lille

Centre Culturel Libertaire, rue de Colmar, Lille

Italiques, 49 rue Faidherbe, Hellemmes

Les Lisières, 32 Grand Place, Roubaix

Chez Rita, 49 rue Daubenton, Roubaix

 

La Belle, 7 rue Paul Doumer, Arras

Le Labyrinthe, 37 rue du Hocquet, Amiens

Le Grenier librairie, 14 bis rue du Marché Lanselles, Amiens

Quilombo, 23 rue Voltaire, Paris 11ème

La Conjuration des fourneaux, 149 rue Saint Hilaire, Rouen

Les Bas côtés, 59 rue Nicolas Chorier, Grenoble

 

Réseau Diff-Lille à partir de janvier :

L’APU du Vieux-Lille, 14 rue des Tours

Le Cagibi, 8 rue de Wazemmes

La Contrebasse, 6 rue Brûle-Maison

Le Ici, 10 rue Inkermann

Cinéma L’Univers, 16 rue Danton

Café Citoyen, place du Vieux Marché aux chevaux

Sur commande en écrivant à badaboum[tiret bas]editions[AT]yahoo[point]fr