juin 21st, 2011 by admin

La Clownesque Agence de Contrôle 40 (CAC 40) est allée prêter main forte à Lille Métropole dans sa difficile entreprise de puçage de la population : opérations de contrôle, dissémination de puces dans l’environnement, circulation routinière, nous pouvons désormais compter sur eux pour mettre de l’Ordre dans le foutoir urbain. Honnêtes citoyens, vous pouvez dormir tranquilles, la CAC 40 veille sur vous. Voici leur compte-rendu.

Nous avons debuté l’action à 8H30. Josie et pupuce, son chien, sont allés au contact de l’accueil de LMCU, pour demander de l’eau pour pupuce. En echange du service, Josie a offert un bouquet de fleurs à l’accueil, une manière pour les clowns de se présenter.

Puis les clowns (huit en tout) se sont dirigés au pas vers le parvis de LMCU pour y faire un contôle des puces, au cri de « Puces adroite », « Les puces partout, les tiques est là », armés de leur plumeau et autres balayettes, nous avons sondé les fonctionnaires et vérifier qu’ils et elles étaient bien équipés de puces.


Les chefs de la sécurité nous on vite précisé leur territoire de surveillance et nous ont autorisé à poursuivre notre contôle, sans oublier d’appeler des renforts, pour nous aider. Nous vimes arriver la police, les clowns bleus, qui eux aussi nous ont reprecisé à nouveau notre zone de surveillance. Avant de quitter notre zone, nous avons tapissé la zone de puces au sol (confettis), afin que ces dernières se greffent aux chaussures des passants. Mieux vaut plus de puces que pas de puces. Prudence, tous ne veulent peut être pas être pucés.


Nous avons régulé la circulation et informés les automobilistes. Nous vimes alors arriver, le responsable de la billethique, M.Éric Quiquet, que nous avons tout de suite escorté sur le parvis LMCU. Ce fût un grand honneur pour la CAC40 d’escorter le grand chef des puces. Il nous a dit : « Il faut aller aussi au Conseil Régional, c’est eux qui ont commencé ». Il y aurait d’autres chefs des puces au Conseil Régional, les responsables des puces se refillent la puce brûlante, vont-ils lâcher les puces ? Des puces partout, les tiques (l’ethique) est la !


Nous encourageons les chefs des puces de LMCU et du Conseil Régional à continuer la puce en avant. Merci à nos collégues d’avoir contrôlé avec nous. Nous nous tenons prêts à leur coté pour des missions vigie puce, et la création d’une policetiques.


Statistiques bio métriques :

- un bouquet offert à l’accueil de LMCU par Josie alias trompettte et son chien pupuce assoiffé ;

- des milliers de puces collantes au sol déversés sur le parvis ;

- un contrôle d’identité des clowns bleus ; - des petits billets d’informations distribués ;

- des tas de sourires…

Extrait du billet d’information

Avis à la population-pucée-ou non. Nous, membres de la Clownesque Agence Confidentielle pour la promotion des puces, agissons pour votre bonne heure, et ce afin de vous rendre le contrôle plus facile. Marre des puces qui n’en font qu’à leurs pattes ? Nous rendons plus efficace encore l’inspection des puces que vous transportez chaque jour en inventant une seule et unique grande Puce (vraiment pas plus grosse qu’une carte de transpi-transport).

En effet, grâce à ses recherches effrénées concernant la puce et ses habitudes alimentaires, notre grand chercheur attitré Pusteur a su mettre au point une nouvelle génération de puces à injection invisible, directe et sous cul-t’à-nez, permettant l’éradication indolore et définitive des puces mutantes et divers sacs à puces qui avaient encore le loisir de se multiplier à folle allure ces derniers temps.

En guise de « Stop aux invasions massives et indomptables ! », la Clownesque Agence de Contrôle viendra ce jeudi 26 mai de l’an 11 à la rencontre du représentant du Royaume Féodal de l’Identification Dictatoriale, afin de pouvoir mettre en place le projet « libère te ».

Nous proposerons pour l’occasion une ou des monstrations de notre portique vérificationnel à technologie hautement libre, ainsi que des exemples de l’efficacité de nos (hein?) plantations puciales.

Nous serons munis de toutes les armes de désinfection dérisionnelles nécessaires (aspirateurs de cerveaux, charlottes pour gants, masques à gaz hilarants..) et sommes prêts à vous prouver que nos propos ne sont pas zozés mais bel et bien sérieux.

Préparez-vous, chers citoyens, car « le monde appartient à ceux qui se pucent tôt » (Calypso dite Kalups ?, « celle qui dissimule » , extrait de la conférence de l’Odyssée, 8ème siècle av.J-C).

La Clownesque Agence de Contrôle

juin 17th, 2011 by admin

Ce tract a été distribué aux spectateurs-machines de l’édition 2011 de Roland-Garros.

Il est lisible ici : Roland-Garros_dans_les_filets_d_IBM

mai 25th, 2011 by admin

RFID : police totale

D’ici fin 2011 Quimper communauté voudrait équiper ses transports en commun de la carte korrigo. Ce que personne ne dit, c’est que cette carte korrigo est équipée du système à puce RFID (radio frequency identification), véritable traçage des personnes. Les responsables de ce projet justifient la mise en service de cette carte avec des pseudo-arguments concernant les tarifs, les statistiques, l’interopérabilité avec la SNCF et le besoin d’être moderne. Tout cela se fait au mépris des libertés individuelles : liberté de se déplacer anonymement, liberté de ne pas être considéré comme un fichier exploitable. Les puces RFID ouvrent la porte d’un système totalitaire où l’individu serait contrôlé dans ces moindres mouvements.

Des transports communs gratuits, un barrage à cette dérive sécuritaire ? Oui, considérant que la gratuité rend inutile l’utilisation de quelque carte que ce soit. Toute personne a droit à une liberté de déplacement et à l’anonymat. Qui sera le garant de nos libertés lorsque nos trajets seront entre les mains d’une société privée ? Les responsables de tout cela devront répondre à toutes ces questions.

Pour plus d’informations sur les puces RFID, le collectif FAUT PAS PUCER vous invite à venir regarder le film :

RFID : LA POLICE TOTALE et à en discuter
le jeudi 26 mai aux halles St François à 20h30
Premiers signataires : AC, CNT, CRABES, LDH, NPA, PG

mai 19th, 2011 by admin

Le 1er avril, nous étions une vingtaine à nous rendre au Conseil de communauté de Lille Métropole pour dire tout le mal que nous pensons des projets de puçage et de fichage organisés par LMCU. Nous avons déployé deux banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Vidéosurveillance et puces RFID nous rendent nerveux » et « RFID : la nouvelle police totale ».

Mme Aubry, présidente de LMCU, nous a d’abord demandé de retirer les banderoles. Ce que nous n’avons pas fait. Avant de nous rappeler à sa réalité : « Vous êtes dans une instance démocratique, vous avez le droit de vous exprimer silencieusement ». Deux banderoles, c’en était déjà trop pour cette instance démocratique. La séance a été suspendue et nous avons plié bagage à l’arrivée des flics, refusant les propositions de rendez-vous par le dir-cab’ d’Aubry, et ne répondant pas aux provocations de Stanislas Dendievel, élu au Grand Projet Urbain, qui nous a dit que nos méthodes étaient dignes du Front National.

La vidéo du Conseil est ici : http://www.lillemetropole.fr/index.php?p=495&art_id=19478

Nous avons eu raison de venir saboter l’exercice de leur démocratie car ce jour-là, LMCU a renouvelé sa participation aux projets technologiques portés par EuraRFID en leur accordant une subvention de 173 910 €. Elle porte notamment sur le projet U-City, traduction de « Ville Ubiquitaire », qui vise à pucer l’ensemble de l’espace public.

La délibération : subvention 2011 EuraRFID-LMCU

Le projet de carte de vie quotidienne : Lille XXL

avril 25th, 2011 by admin

Pour une campagne de refus des puces électroniques, dans l’élevage et ailleurs

Ces jours-ci, plu­sieurs éleveurs du Sud-Ouest de l’État fran­çais décla­rent publi­que­ment leur refus d’ins­tal­ler les nou­vel­les bou­cles d’iden­ti­fi­ca­tion électronique à l’oreille de leurs chè­vres et de leurs brebis. Le groupe Faut pas pucer se déclare tota­le­ment soli­daire de leur démar­che et appelle les autres éleveurs à se sous­traire aussi à l’obli­ga­tion légale de « pucer » les ani­maux [1].

Ceux qui mani­fes­te­ront ainsi leur désac­cord avec la loi doi­vent s’atten­dre à des repré­sailles finan­ciè­res ­ baisse des primes qui cons­ti­tuent une part impor­tante de leurs reve­nus ­ et peut-être judi­ciai­res ­ procès, s’ils per­sis­tent. Ils auront donc besoin de sou­tien, maté­riel, moral et poli­ti­que. Le plus grand ser­vice à leur rendre est d’ores-et-déjà de sus­ci­ter, par­tout où cela semble pos­si­ble, des débats sur les rava­ges de l’infor­ma­ti­que dans la société, le tra­vail, la vie per­son­nelle. Par débats, nous enten­dons aussi bien la mise en dis­cus­sion publi­que que le refus ferme des mul­ti­ples contrain­tes bureau­cra­ti­ques qui s’incar­nent dans des dis­po­si­tifs de « haute tech­no­lo­gie » (ici des puces RFID, là des logi­ciels, ailleurs des bornes bio­mé­tri­ques…).

Dans notre bul­le­tin de l’hiver 2011, « Les robots rêvent-ils de mou­tons électriques ? », nous disions : « Un trou­peau équipé de puces électroniques, c’est un trou­peau qui sera géré par ordi­na­teur. Or on ne devient pas berger ou éleveur pour tra­vailler der­rière un écran, ni pour suivre les pro­cé­du­res stan­dard concoc­tées par de pré­ten­dus experts. Du moins, si l’on pense qu’un élevage, ce n’est pas une usine à viande des­ti­née à pro­duire tou­jours plus et plus vite. »

Ce pro­blème ne concerne pas uni­que­ment les éleveurs : un peu par­tout ­ sur les lieux de tra­vail, dans les écoles, les hôpi­taux ­ on auto­ma­tise pour gérer la masse au détri­ment du soin et de l’atten­tion. Dans des mater­ni­tés, on équipe les nou­veaux-nés de bra­ce­lets électroniques dotés de ces mêmes puces ; dans cer­tains établissements sco­lai­res, les élèves munis de leur carte sans contact sont bipés à l’entrée et à la sortie ­ le logi­ciel de « vie sco­laire » envoyant auto­ma­ti­que­ment des aler­tes aux parents pas sms.

De ces inno­va­tions, qui visent à « faire moderne » et à réa­li­ser des gains de pro­duc­ti­vité, les acti­vi­tés sor­tent appau­vries, déna­tu­rées. Et ceux qui les exer­cent sont plus étroitement contrô­lés, leurs com­pé­ten­ces déni­grées. Jusqu’au jour où l’on se retrouve à dire au client / à l’élève / à l’admi­nis­tré / au patient / à la brebis (rayez la men­tion inu­tile) : « je suis désolé mais l’ordi­na­teur ne veut pas. À cela nous répon­dons : je suis désolé, mais je ne veux pas l’ordi­na­teur. »

À cela nous ajou­tons aujourd’hui : déso­lés, mais nous ne vou­lons pas de la tra­ça­bi­lité de tout et de tous comme remède aux patho­lo­gies d’une orga­ni­sa­tion sociale déme­su­rée. Nous reje­tons la pro­duc­tion de masse, qu’il s’agisse de nour­ri­ture ou des mul­ti­ples faux besoins que le capi­ta­lisme indus­triel a créés. S’il est impos­si­ble de garan­tir que la nour­ri­ture pro­duite sur le marché mon­dial ne soit pas du poison, c’est le marché mon­dial qu’il faut remet­tre en cause et non les quel­ques pra­ti­ques agri­co­les qui res­tent jusqu’ici étrangères à la logi­que indus­trielle. S’il paraît impos­si­ble d’avoir confiance dans ce que pro­dui­sent quel­que 900 000 agri­culteurs (un peu plus de 3% de la popu­la­tion active en France), nous ne pen­sons pas qu’il faille contrô­ler plus étroitement ces 3%, mais plutôt qu’une société où si peu de gens s’occu­pent de pro­duire la nour­ri­ture ­ à com­men­cer par la leur ­ ne tient pas debout. Et qu’elle appelle une remise en ques­tion radi­cale.

Bien sûr, il est déli­cat de trans­gres­ser les règle­men­ta­tions édictées par des bureau­cra­ties dont nous sommes pro­fon­dé­ment dépen­dants, d’un point de vue maté­riel. Mais c’est également cette ques­tion de la dépen­dance qui nous inté­resse, dans l’affaire du « puçage » : en Occident de nos jours, nous sommes tous des assis­tés, du patron de PME au béné­fi­ciaire du RSA, de l’agri­culteur au cadre dyna­mi­que, du fonc­tion­naire à l’artiste sub­ven­tionné. Que l’on soit drogué au tra­vail ou pas, notre mode de vie, basé sur la moné­ta­ri­sa­tion de tout, les télé­com­mu­ni­ca­tions à haut débit, l’énergie illi­mi­tée et l’État omni­pré­sent, est en lui-même une forme d’assis­ta­nat géné­ra­lisé.

Nous ne voyons pas quelle dignité et quelle liberté sont com­pa­ti­bles avec cela. À l’heure où la catas­tro­phe nucléaire en cours illus­tre la folie du déve­lop­pe­ment indus­triel, nous pen­sons qu’il est impor­tant de reje­ter avec toute la fer­meté pos­si­ble l’embri­ga­de­ment électronique et le gou­ver­ne­ment des experts.

Nous encou­ra­geons toutes les per­son­nes qui se sen­tent concer­nées par ce rejet à dif­fu­ser lar­ge­ment cet appel, ainsi que les décla­ra­tions d’éleveurs refu­sant de pucer leurs bêtes. Les per­son­nes qui s’enga­gent dans une telle démar­che ne doi­vent pas rester seules face à l’admi­nis­tra­tion et aux ris­ques qu’elles encou­rent. Le refus de pucer impli­que l’orga­ni­sa­tion d’une soli­da­rité, et d’abord d’une soli­da­rité de proxi­mité, entre éleveurs et avec d’autres per­son­nes de leur voi­si­nage. Au-delà de ce niveau local, c’est la dyna­mi­que natio­nale de cette cam­pa­gne qui indi­quera l’oppor­tu­nité, et le moment, pour les refu­seurs, de se ren­contrer afin d’élaborer des pers­pec­ti­ves de lutte plus pré­ci­ses.

Avril 2011, Le groupe Faut pas pucer (cor­res­pon­dance : Le Batz, 81 140 St-Michel-de-Vax, ou faut­pas­pu­cer(arobaz)laposte.net)

Voici la déclaration collective des éleveurs qui refusent le puçage de leurs bêtes : Déclarationéleveurs

Voici des prises de position individuelles d’éleveurs refusant le puçage : prisesdeposition

avril 1st, 2011 by admin

Une vingtaine de militants opposés à la vidéosurveillance et au futur système de carte de transport par « RFID » ont perturbé l’ouverture de séance du conseil de Communauté urbaine de Lille, ce vendredi. Ils ont été évacués rapidement.

Une vingtaine de militants opposés au développement de la vidéosurveillance et au recours à la technologie des « RFID » (Radio Frequency Identification) pour les futures cartes de transports publics ont perturbé l’ouverture de la séance du Conseil de Communauté urbaine de Lille, ce vendredi en début d’après-midi.

Les militants anti-vidéosurveillance se sont engouffrés dans la salle du Conseil pour déployer une banderole sur laquelle on pouvait lire « non aux RFID », et « non à la vidéosurveillance ». Martine Aubry, après leur avoir demandé de quitter les lieux en leur assurant qu’ils seraient reçus ultérieurement, a finalement suspendu la séance pour les faire évacuer.

Des policiers présents sont intervenus et l’évacuation s’est déroulée sans heurt.

Le Conseil de communauté a ensuite pu démarrer.

Nord Eclair, le 1er avril 2011.

mars 25th, 2011 by admin

Ce jeudi 17 Mars 2011 était une grande journée pour la promotion des nanotechnologies RFID (Polytech’Lille), et des systèmes de communication et d’information à destination des nouveaux nomades urbains (Lille 3). Bienheureux de pouvoir nous informer sur ces fabuleuses inventions, nous sommes allés faire un petit tour pour dire tout le mal qu’on pensait de l’automatisation de nos vies et du fichage.

9h30. On s’était donné rendez-vous à quelques mètres de l’école Polytech’Lille. L’école organisait en partenariat avec Auchan-Mulliez une « Journée de Recherche et Développement » à destination des étudiants. Ils avaient prévu de discuter tranquillement des « réseaux de capteurs et des puces intelligentes », du « marché des RFID », de leur « utilisation chez Auchan » voire même des « enjeux éthiques de ces nouvelles technologies ». Encore l’éthique des TIC ? Ils devaient avoir quelque chose à se reprocher. Alors on est allé leur reprocher nous-même.

On est donc entré sans demander la permission pour déployer une belle banderole sur laquelle on pouvait lire « RFID, la nouvelle police totale ». On distribue des tracts expliquant pourquoi on refuse le puçage par Lille Métropole. Et on tombe nez à nez avec David Simplot-Ryl de l’Institut d’Electronique, Microélectronique et Nanotechnologies, bien connu de tous les promoteurs de puces RFID. Il était justement en train de projeter à une audience endormie une photo sur laquelle on voyait des manifestants américains contre les RFID. Ça tombait plutôt bien pour son exposé, qu’on a de fait interrompu, pour de vrai. La « discussion » s’engage alors, on explique pourquoi on est là, et la sécurité arrive rapidement. Entre temps, on retrouve le non moins fameux Chékib Gharbi, directeur d’EuraRFID, dit aussi « Le nerveux de la réalité augmentée ». Lors du débat mouvementé de la CNDP sur les nanos, il éructait alors : « De toute façon, vous êtes déjà tous fichés ». Ce qui lui permet apparemment d’en rajouter dans le contrôle. Il pestait contre notre « bande d’enfants gâtés » et proposait même qu’on aille « s’expliquer dehors ». D’ailleurs, le voici en pleine tourmente, épaulé par un Jean-Pierre Chaussade serein :

Bref, passées quelques dizaines de minutes, la séance est suspendue. La discussion se termine dehors. Nous rejoignons la Maison des étudiants de Lille 1 pour boire un café avant de voir arriver deux agents de l’administration envoyés par le président de la fac. Ils nous demandent de quitter le campus sous la menace d’appeler la Police. On les renvoie poliment à leurs occupations administratives.

L’après midi, c’était à Lille 3 que ça se passait. 14h00. On arrive, petit stand de bouffe et boissons, rien de tel qu’un jus d’orange pour affronter le déversement verbal des intervenants.

Première étape : commerciale. Le Nomadisme et ses applications nous sont présentées par un ingénieur d’Euratechnologies qui, s’il perdait son job, pourra toujours bosser comme vendeur chez Darty. Il nous déballe tout son arsenal de prothèses technologiques mobiles pour passer d’un terminal fixe à un netbook à un blackberry à un smartphone à un iPad à un Google Doc sans jamais rompre la laisse qui nous lie à nos patrons ou à nos clients. Et nous qui pensions que le nomadisme c’était la liberté…

Quelques interventions d’ordre technique soulèvent la pub qu’il est en train de faire pour les logiciels propriétaires. Mais à force de salades, le premier craquage a lieu. L’un de nous lui balance très finement : « votre truc, c’est juste de la merde au service du capital et de l’aliénation par le travail ». La collègue de tribune du technico-commercial s’offusque, ainsi que les étudiant-es organisateurs. Le débat n’a apparemment pas sa place ici, « il fallait venir ce matin » nous dit-on. D’ailleurs, c’est tellement prohibé que la sécu – encore elle ! – débarque ; on nous clame que notre collectif « anti-rfi » (sic) n’est pas d’accord, donc n’a rien à faire là, que l’on ne respecte pas le débat démocratique, bla bla bla… On se fait sermonner pendant vingt minutes par des étudiant-es au bord des larmes.

Bref, comme on est sympa – et de toute façon dans le collimateur de la sécu – pour l’exposé de la CNIL, on se propose de respecter le pseudo « débat démocratique », quitte à y laisser de notre santé mentale. Le gars nous présente toute la puissance « indépendante » de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, ses missions, ses objectifs, ses moyens d’actions, et quelques stats de derrière les fagots. Puis arrive la petite boutique des horreurs : géolocalisation de salariés, fichage informatique, identification par biométrie, contrôles RFID, reconnaissance vidéo, Cloud Computing… Y’en a pour tous les képis. Ce déballage décomplexé de technologies de contrôle et de surveillance suit son cours sans que personne ne s’émeuve de ce petit totalitarisme qui vient. Le mec de la CNIL ne fait même pas semblant de prendre la question « éthique » au sérieux, de faire des recommandations, de dénoncer les mauvais usages, les dérives, etc. Le vrai visage de la CNIL en somme.

Les cinquante minutes de folie touchant à leur fin, restent les incontournables dix minutes de débat sans quoi tout ça ne serait que de la vile propagande qui n’a rien à faire à la fac. Elles sont animées par une professeure d’université qui, comme son statut l’indique, est payée pour son travail de pensée critique. Trois questions et puis s’en vont. Elles suffiront néanmoins à remettre à sa place la CNIL, son impuissance, son rôle dans l’acceptabilité et le consentement au fichage, son accompagnement des politiques sécuritaires et liberticides. Sur quoi la proposition de sa dissolution est encouragée par des applaudissements.

En sortant, certaines personnes viendront nous dire que notre mode d’action et nos interventions ne sont pas « constructives », voire « contre-productives ». On ne peut qu’être d’accord avec elles. Pinailler sur des détails techniques, soupeser les bons et les mauvais usages, ou en appeler à la vigilance citoyenne face aux « dérives » de certaines techniques ne nous intéressent pas.

Des contre-productifs

Le compte-rendu en format PDF : journée de perturbation des RFID

septembre 29th, 2010 by admin

avril 7th, 2010 by admin

Samedi 28 mars,  le tract ci-dessous a été diffusé à la médiathèque Picpus dans le 12ème arr. de Paris qui a installé des bornes automatiques de prêt.

BORNES AUTOMATIQUES, 
PUCES RFID, LIVRES NUMÉRIQUES…
BIENVENUE DANS LA BIBLIOTHÈQUE DU XXIème SIÈCLE !

PLUS RAPIDE ?
PLUS PRATIQUE ?
MOINS CONTRAIGNANT ?

L’AUTOMATISATION DU PRÊT franchit une nouvelle étape avec l’instauration de bornes de prêt automatique, à Picpus et ailleurs. 
Grâce à ces bornes, finies les files d’attente (encore que…), finies les erreurs humaines (mais vive les bugs !) et finie l’obligation d’être aimable avec celles et ceux qui nous rendent service. 
Mais terminée aussi la chaleur du contact humain, envolés les conseils sympas des bibliothécaires qui nous renseignent sur nos emprunts, et très bientôt… terminé aussi avec les bibliothécaires, avant que la bibliothèque elle aussi ne ferme ses portes pour rouvrir sur googlebooks.fr ou toute autre plate-forme dont on ne cesse de vanter l’exhaustivité et l’efficacité (sans même parler de sa juteuse rentabilité !).

LE MONDE QU’ON NE CESSE DE VOULOIR NOUS VENDRE, censé être plus pratique et plus rapide, obéit en réalité à une double volonté : créer de nouveaux marchés (comme lorsqu’une entreprise privée est payée par les pouvoirs publics pour installer du matériel électronique) et réduire la masse salariale (un vigile prendra la place de dix bibliothécaires avec des bornes de prêt efficaces). Et si pour chaque salarié-e remplacé-e par des machines, la pilule est déjà difficile à avaler, des pans entiers de personnels seront finalement dépossédés des savoir-faire qui les rendait utiles et compétents.

Non seulement la machine ne vous fera jamais de sourire, mais c’est ainsi que chaque métier d’aujourd’hui en vient à devenir purement mécanique et répétitif, jusqu’à être vidé de son sens initial : les magasiniers ne sont désormais plus considérés que comme des manutentionnaires au service des machines gestionnaires des livres, et leur connaissance du fonds se perd, tout comme l’ancien savoir-faire des artisans a disparu avec les immenses chaînes de production des usines, véritables bagnes industriels modernes. Plus l’on intègre les savoir-faire professionnels dans des machines, plus les salarié-e-s deviennent remplaçables, c’est-à-dire délocalisables, jetables et donc corvéables à merci.

ENFIN, LA LOGIQUE DE LA NUMÉRISATION a besoin de chevaux de Troie (telles les bornes de cette bibliothèque ou les puces RFID servant à tracer chaque livre), pour s’insinuer au cœur de la chaîne du livre : les magnats de l’édition électronique (qui sont parfois aussi marchands d’armes) rêvent de profits colossaux grâce à la numérisation intégrale des fonds papier, sans se soucier des éditeurs et libraires, mais aussi correcteurs, imprimeurs, diffuseurs, etc. qu’ils fragiliseront puis démantèleront sans coup férir.

Le livre électronique, que les industriels tentent de nous imposer depuis plusieurs années (pour l’instant sans réel succès), vise à transformer le monde de l’écrit en société du zapping numérique généralisé. Il suffit de se rendre au salon du livre pour y voir ces commerciaux en costard vendre leurs e-book comme s’ils étaient au salon de l’auto, tout en faisant croire que les profiteurs sont les éditeurs.

Pourtant, une partie de ces derniers reste encore vaille que vaille passionnée, attachée à l’objet livre en tant qu’il est créateur de lieux d’échanges et d’espaces collectifs, au premier rang desquels figurent les librairies et les bibliothèques – ces dernières étant fréquentées par une personne sur deux en France en 2006.

Ainsi, à l’inverse de la démagogie populiste faisant d’Internet le contrepoint populaire des librairies et bibliothèques élitistes, nous pensons que le livre est au cœur des possibilités d’émancipation collective et d’élévation culturelle : les bibliothèques, véritables lieux de mixité où se croisent des hommes et des femmes de tous âges, de toutes classes et de tous horizons, sont un des derniers outils de diffusion et de réappropriation collective des savoirs, là ou le numérique ne fournit que des contenus vidés de leur sens à des individus isolés devant leurs écrans. « Élitaire pour toutes et tous » pourrait être notre mot d’ordre, puisque nous persistons à préférer les savoirs, potentiellement émancipateurs, aux contenus, bien souvent interchangeables voire abêtissants.

LE MYTHE LIBÉRAL DE L’ACCÈS AU SAVOIR égal pour toutes et tous, sur lequel surfe la déferlante numérique, oblitère le fait que nul-le ne peut prétendre n’avoir pas accès à suffisamment de livres (il suffit de se rendre dans la moindre bibliothèque pour se convaincre qu’on n’aura jamais le temps d’en lire assez), alors que la question de la connaissance pose en réalité celle de la transmission, c’est-à-dire de l’éducation à l’écrit, revendiquée par tous les mouvements d’émancipation antérieurs à Internet : le réseau nous apprend en fin de compte davantage à glisser à la surface des idées qu’à les comprendre et à savoir s’en imprégner pour penser par soi-même. Le Web et le futur livre numérique permettraient d’accéder à tout !? Mais que lira-t-on alors ? Rien, ou plus probablement rien de ce qui s’apparente aujourd’hui au livre, dans lequel on s’immerge longuement, patiemment et tranquillement, en dehors de la société des flux incessants et tourbillonnants d’e-mail, messages msn et autres textos qui nous happent à chaque instant dans leur propre temporalité.

La télévision a contribué à détruire le lien social, et on nous fait croire que l’informatique, en nous simplifiant la vie, va le recréer ? Quand on s’apercevra que le numérique a encore appauvri les relations et échanges collectifs, qu’inventera-t-on pour « recréer » à nouveau du lien social et poursuivre toujours plus loin la spirale d’un monde en perpétuelle déshumanisation ?

Des lecteurs et lectrices, bibliothécaires, libraires, traducteurs et éditeurs

Livres de papier
c/o Offensive, 21ter
rue Voltaire 75011 Paris
livresdepapier@gmx.fr

mars 31st, 2010 by admin

Mercredi 31 mars, 13h, une trentaine d’étudiants de l’université de Lille 3, et de soutiens, ont démonté les trois écrans plats installés récemment dans les halls de la fac. Aux cris de « Protégeons nos cerveaux, démontons la vidéo », elles ont été ramenées au secrétariat de la direction.

Lille 3 aurait prévu d’en installer 17 au total. En tout 55 écrans devraient être répartis entre les trois facs lilloises. C’est un projet prévu dans le cadre du « Plan Campus ».

Rappelons que Lille 3 était l’une des premières facs de France à installer la vidéo-surveillance dans ses couloirs. Et qu’une carte d’éudiant RFID est en projet dans les six facs de la région.

Le tract distribué est ici : tractele