janvier 12th, 2017 by admin

Au Centre dramatique national d’Aubervilliers le 3 novembre dernier, l’ancien dirigeant de Syriza Stathis Kouvelakis reconnaissait qu’à l’époque de la négociation de la dette de son pays, c’était « la confrontation ou la capitulation, il n’y avait pas de possibilité sociale-démocrate. »1 C’était le « fascisme » des créanciers ou la révolution. Mais les dirigeants grecs pouvaient-ils assumer, en cas de « confrontation », l’éventualité que les salaires ne soient pas versés, qu’il n’y ait plus de fonctionnaires, plus de banques ni même de gouvernement, et qu’il faudrait décréter l’autogestion généralisée ? Il y avait beaucoup à perdre pour tout le monde. Beaucoup trop pour un gouvernement.

Convergence d’opportunité. S’agissant de la confrontation avec la Loi Travail « et son monde », on pourrait tirer une certaine satisfaction d’un mouvement s’étant maintenu quatre mois et perturbant deux ou trois secteurs sensibles de l’économie. Mais qu’en restait-il deux mois plus tard, sinon les contradictions que les bricolages nuit deboutistes et les solidarités de circonstance devant la police avaient un temps écartées ? Le 14 septembre, la Fédération Mines énergie de la CGT braillait déjà, « Non à la fermeture de Fessenheim ! Non au démantèlement de la filière nucléaire ! ». Le 26 septembre, la CGT Dassault Aviations se félicitait de la vente de 36 chasseurs Rafale à l’Inde. Malgré le blocage des dépôts pétroliers et les baisses de production des centrales nucléaires, le slogan « Bloquons tout ! » n’avait visiblement plus la même signification pour tout le monde. Pour la CGT « radicalisée », le blocage de l’économie n’était que tactique, la visée restant la préservation du monde de la Loi Travail. Pour les autres, au contraire, le blocage serait pour ainsi dire stratégique.

Si c’est le monde ou rien, ce sera rien. Si le malentendu persiste, c’est que les bases du « monde » de la loi Travail n’ont pas été ébranlées, ni même critiquées. Ce monde, c’est celui du chômage de masse qui tire les droits et les salaires vers le bas, chômage dû pour partie à une automatisation qui rend caducs les appels à la réindustrialisation. C’est aussi, et à présent surtout, celui de l’ubérisation de l’économie dont la Loi El Khomri facilite la généralisation, tout en accordant un Compte Personnel d’Activité (CPA) pour « sécuriser » les « parcours professionnels » des nouveaux intermittents du travail, qui sont alternativement salariés et auto-entrepreneurs du numérique. Comme s’en réjouit la CFDT, anticipant la fin du salariat industriel, ce CPA représente l’« amorce d’un futur revenu minimum d’existence » tout à fait adapté à l’organisation du travail en économie dite « collaborative ». La loi Travail entérine donc, et alimente, la lame de fond technologique qui nous en nous désœuvrant. C’est ce monde-ci qu’il eut fallu bloquer.

Pour le Comité invisible, qui s’apprête à publier un bilan des « confrontations » de l’année 2016, « Le pouvoir est logistique », soit une reformulation dégradée de ce que Jacques Ellul nommait il y a soixante ans « Technique », ou que Pièces et main d’œuvre nomme depuis quinze ans « Technologie » : derrière le spectacle politicien, tout bloquer devient le seul moyen d’une confrontation véritable.2  Au cours du mouvement d’opposition à la Loi Travail, le Comité aurait assuré, pour galvaniser les foules et dissiper leurs craintes de pénuries, qu’« on n’a jamais vu cinquante millions de personnes se laisser mourir de faim. […] Bloquer l’économie véritablement, bloquer l’économie aussi en nous, c’est laisser derrière soi la peur de manquer. »3 L’hypothèse est aussi divertissante que L’An 01 de Gébé, mais tout aussi faible, tant notre survie quotidienne dépend techniquement et financièrement de l’économie globale, sans même compter les 58 réacteurs nucléaires en activité en France. La confrontation ne s’engagerait donc pas sans la peur de manquer, mais avec la nécessité de pallier les manques qui découleraient de la chute de l’économie ; avec la nécessité de limiter les dégâts d’un monde radioactif pour des millénaires. Notre dilemme est donc celui de la Grèce, les déchets nucléaires en plus : l’état d’urgence des gestionnaires du désastre global ou la confrontation. La situation est historiquement inédite. L’imagination nécessaire ne l’est pas moins.

1 « De Syriza à Nuit Debout : le printemps des peuples européens est-il déjà terminé ? »

2 À nos amis, Comité invisible, La Fabrique, 2014. De Jacques Ellul La Technique ou l’enjeu du siècle, 1954, ou L’Illusion politique, 1965.

3 Lundi.am

Ceci est l’éditorial du journal Hors-sol#4 que vous retrouverez ici : http://hors-sol.herbesfolles.org/category/nous-trouver/

octobre 20th, 2016 by admin

Un Comité contre l’installation des compteurs « intelligents » Linky est né sur la métropole lilloise, et dont Hors-sol est partie prenante. Une première réunion publique devrait avoir lieu d’ici la fin de l’année 2016. Mais si d’ores et déjà vous êtes confrontés à ENEDIS (ex-ERDF) pour l’installation d’un tel compteur chez vous, n’hésitez pas à les contacter à cette adresse : comite . anti . linky . lille [chez] laposte . net.

D’autres collectifs et associations existent dans les Hauts de France (Dunkerque, Boulogne-sur-mer, Hesdin, Arras, Saint-Omer). Vous pouvez écrire aux Lillois si vous ne trouvez pas leur contact par ailleurs.

Voici les raisons principales pour lesquelles ce collectif lillois s’oppose aux compteurs Linky

Et n’oubliez pas : fermez votre porte aux installateurs, barricadez votre compteur.

Le tract est ici : tract-anti-linky-lille

janvier 21st, 2014 by admin

Manuel Valls s’est félicité de la Loi de programmation militaire : la géolocalisation des Français par leur téléphone ou par balises GPS posées sur leurs véhicules serait un équilibre entre « liberté et sécurité ». Comme le fichier ADN ou celui des empreintes digitales, le plan Vigipirate ou les mesures de prévention d’accidents industriels, la carte d’identité ou le dossier médical informatisé. Cette inflation de mesures de contrôle et de fichage depuis le fichier SAFARI en 1974 ne serait pas possible sans que, de la CNIL au Sénat, on ne nous baratine que la sécurité est la première des libertés.

Mais l’intérêt des mesures de sécurité cybernétique va plus loin que nos libertés. Ce matin, le Général d’armée et fondateur du FIC Marc Wattin-Augouard assurait qu’elles sont aussi un « élément essentiel de la compétitivité économique du territoire ». Il en va de nos emplois et de leurs profits que les secrets scientifiques ne soient pillés par la concurrence. Ou que les e-consommateurs achètent leur camelote sur Internet. Et puis, la « cybersécurité » n’est-elle pas en elle-même une filière soutenue par le Plan Montebourg pour une « nouvelle France industrielle » ?

Plus de flics, plus de fichiers, plus de contrôle, c’est donc plus de liberté, plus d’emplois, plus de bonheur. Au Forum International de la Cybersécurité, « la guerre c’est la paix ».

Si tout ça vous laisse comme un arrière-goût de société totalitaire, venez aujourd’hui à 18h sur la Grand’Place de Lille pour un rassemblement contre ce forum de l’armement cybernétique.

Hors-sol.

janvier 12th, 2014 by admin

Hors-sol s’associe à l’initiative lancée par un regroupement ad hoc, NoFic2014, contre la tenue du Forum International de la Cybersécurité à Lille les 21 et 22 janvier prochains. Un rassemblement est ainsi prévu le mardi 21 à 18h sur la Grand’Place de Lille. Ci-dessous, l’appel à ce rassemblement suivi d’une présentation des organisateurs et des partenaires de ce salon de l’armement électronique.

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Contre la société de contrôle, refusons le forum de la cybersécurité


Edward Snowden nous a rappelé la surveillance planétaire de nos communications électroniques et téléphoniques. Le gouvernement français n’a pas de raison de s’émouvoir des pratiques des services de renseignement américains, la NSA, puisqu’il a recours aux mêmes procédés. Avec la loi de programmation militaire votée en décembre 2013, les possibilités de nous géolocaliser, de nous écouter, de nous espionner, ont été élargies et renforcées : les ministères de la Défense, de l’Intérieur, de l’Économie et des finances peuvent désormais utiliser quasiment sans restriction et en temps réel les données fournies par nos mails, cartes bancaires, connexions Internet, téléphones. Les dispositifs de contrôle jusqu’ici limités aux enquêtes qualifiées d’anti-terroristes ont été ainsi étendus à l’ensemble de la population pour tous les besoins de l’administration. Tout comme l’État a imposé l’extension progressive du fichage ADN, prétextant d’abord la lutte contre la délinquance sexuelle puis l’anti-terrorisme, il utilise aujourd’hui la cybercriminalité, la pédophilie sur Internet ou la menace terroriste comme prétextes pour nous mettre toutes et tous sous contrôle.

Il n’y a rien à attendre d’un encadrement technico-légal des données personnelles qui ne servirait qu’à nourrir des illusions consolantes. Quand la tyrannie informatique, l’interconnexion des fichiers et leur sauvegarde numérique, s’étendent toujours plus dans nos vies (dans les écoles, hôpitaux, administrations, maisons de retraite, prisons, transports, etc.), on veut faire de nous des suspects à perpétuité, des robots au travail, des consommateurs dociles, des éléments quantifiables et traçables. Leurs services sont secrets mais nos vies devraient être transparentes.

La Stasi elle-même n’aurait pas imaginé un rassemblement de milliers d’agents pour se féliciter de ses dernières trouvailles en matière de contrôle de la population. Pourtant, les 21 et 22 janvier 2014, le Conseil régional Nord-Pas de Calais, la Gendarmerie nationale, Euratechnologies et la Compagnie européenne d’intelligence stratégique, accueilleront policiers, militaires et industriels de l’armement à Lille Grand palais pour un Forum international de la cybersécurité – l’équivalent électronique des salons militaires du Bourget ou d’Eurosatory. Six mois après la publication des capacités d’espionnage de la NSA et de la DGSE, c’est un doigt d’honneur qu’ils nous font. Leur cynisme est celui des gestionnaires d’un ordre économique qu’ils défendent par tous les moyens.

Face à l’œil inquisiteur de l’État et de ses cyber-polices, ne nous rendons pas. Nous refusons que les professionnels de la contention sociale viennent se pavaner en toute quiétude. Nous refusons leurs guerres économiques et militaires, intérieures et extérieures.

Rendez-vous le mardi 21 janvier à 18h00 sur la Grand’Place.

nofic2014 XcG riseup.net

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Présentation succincte des organisateurs du FIC et de leur intérêt pour la cyberdéfense

Depuis l’édition 2013, le Conseil régional du Nord-Pas de Calais est à l’initiative de l’organisation du Forum International de la Cybersécurité 1 Et pour cause : entre Pékin et le quartier Bois Blancs où se trouve Euratechnologies, son vice-président au développement économique de Saintignon se démène sur les technologies numériques pour relancer l’économie de la région. En elle-même, la « cybersécurité » est un marché en plein boom (10 % de croissance annuelle mondiale selon le cabinet PWC). Mais surtout, afin d’obtenir la « confiance numérique » des investisseurs du monde entier, des conseils et mesures de sécurité informatique sont nécessaires. Ainsi, la Région s’adjoint les services de la Gendarmerie nationale et de la Compagnie européenne d’intelligence stratégique. pour faire de Lille la « Capitale européenne et mondiale » de la cybersécurité : un pôle spécialisé est en préparation et ce forum annuel est une vitrine internationale. Société numérique, société policière.

Après les organisateurs, voici quelques « partenaires » : ce sont des industriels qui travaillent à la fois pour le « civil » et le militaire.

Le premier d’entre eux est l’entreprise SOGETI. Co-pilote d’une armée de réservistes « civils » spécialisée en cyberdéfense, elle travaille avec Thalès à l’école militaire Saint-Cyr. L’entreprise vient de débaucher le directeur technique de la DGSE (services de renseignements extérieurs), son « Monsieur Grandes Oreilles » qui écoute aux portes numériques des Français.

Cassidian cybersecurity est une filiale du constructeur aéronautique civil et militaire EADS spécialisée dans la sécurité informatique. Cassidian vend des logiciels pour sécuriser les réseaux du Ministère de la Défense, ceux de l’armée allemande, ou les informations classées « secret-défense » du gouvernement et de l’armée britannique.

Thalès, mastodonte militaire spécialisé dans l’aéronautique, les missiles et les technologies de l’information, protège les systèmes de défense de 50 pays dont 25 de l’OTAN, ainsi que des banques ou des compagnies pétrolières. Dans le « civil », Thalès répand ses logiciels d’hypervision et d’analyse de données (vidéo-surveillance, capteurs, etc).

Mobilisé contre la fraude documentaire et l’usurpation d’identité, le FIC est aussi une vitrine pour l’Imprimerie nationale et ses pièces d’identité sécurisées (passeports et titres de séjours biométriques et RFID).

Alcatel-Lucent, un autre géant des Télécoms et des réseaux, sécurise aussi bien les télécommunications des plates-formes pétrolières que des bases françaises de l’armée de l’air.

Orange cyberdéfense est chargée de la sécurité informatique de sites miniers.

Pour finir : Bull. Sa filiale Amesys ayant vendu des armes d’interception à la Libye, elle est aujourd’hui en procès pour « complicité d’actes de torture ». Ce qui ne la gênera pas pour animer une table ronde sur le thème « Comment faire face au cyber-espionnage ? ».

Voilà à quoi sert le Forum International de la Cybersécurité : soutien de la domination économique et militaire française à l’extérieur, sécurisation de connaissances scientifiques et de sites industriels nuisibles, espionnage et surveillance généralisée – bref, la cyberguerre sert au maintien d’un ordre social qui profite à quelques uns par la contention des autres.

1L’organisation de ce forum coûte à la Région 350 000 € sur un budget de 600 000. Ils sont donnés à Euratechnologies, la « cheville ouvrière » de l’événement.

janvier 7th, 2013 by admin

Le collectif d’éleveurs drômois (26) organise du lundi 28 janvier au vendredi 1er février 2013, une transhumance contre le puçage électronique (RFID) des ovins et contre l’introduction de nouvelles contraintes génético-industrielles dans l’élevage.

Chaque étape, entre Mornans et Valence, sera l’occasion d’une projection du film « Mouton 2.0 – La puce à l’oreille » et d’un débat.

Ci-dessous le courrier du collectif 26 aux médias.

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Nous sommes des collectifs de différents départements, regroupant essentiellement des éleveurs mais aussi des non-agriculteurs. Chaque collectif est indépendant et ne se revendique d’aucun syndicat ni parti politique. En tant qu’éleveurs, nous sommes soumis à des contraintes de plus en plus fortes qui nous obligent à accepter les normes de l’élevage industriel. Considérant que ce mode d’élevage est une impasse, alors même que d’autres voies existent, nous refusons de nous y soumettre et nous revendiquons le droit des paysans à rester maîtres de leur pratiques. Pour ce faire, nous organisons une transhumance de plusieurs jours à travers la Drôme pour attirer l’attention de la population et des pouvoirs publics sur deux mesures qui s’opposent à notre vision de l’élevage et qui contribueront à fragiliser un grand nombre de fermes : l’identification électronique des ovins et caprins et l’obligation d’acheter des reproducteurs mâles « certifiés » pour tous les ruminants.

L’identification électronique des ovins et des caprins, c’est-à-dire la pose d’une boucle munie d’une puce RFID à l’oreille des animaux, est obligatoire depuis juillet 2010. Les arguments avancés par l’administration sont l’amélioration de la traçabilité et la facilitation des conditions de travail des éleveurs, deux arguments que nous réfutons. En effet, le système actuel d’identification (une boucle classique à chaque oreille) assure une traçabilité amplement suffisante et notre travail se verra alourdi d’une contrainte informatique inutile et coûteuse. Si nous ne croyons pas à l’intérêt de cette mesure pour l’élevage, nous ne doutons pas qu’imposer l’usage de gadgets électroniques à toute une profession ouvrira un marché fort intéressant à l’industrie des nanotechnologies, particulièrement bien implantée en France. Les éleveurs qui ne posent pas cette boucle électronique sont passibles de sanctions financières très lourdes. Un couple d’éleveurs de la Drôme s’est ainsi vu supprimer ses aides PAC au titre de la conditionnalité des aides équivalant à 8000€.

Nous acceptons d’autant plus difficilement cet empressement de la France à imposer la mesure qu’elle va totalement à l’encontre d’un rapport parlementaire européen de 2008, signé par notre actuel ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll. Nous sommes donc en droit de nous interroger sur un tel retournement de situation…

Enfin, nous avons de profondes inquiétudes sur l’avenir d’une société qui puce de plus en plus largement les êtres vivants et qui ne voit de salut que dans toujours plus de technologie.

Autre facette de l’industrialisation de l’élevage, promise pour 2015, l’obligation de se fournir en reproducteurs mâles certifiés, c’est-à-dire issus de centres de sélection. Autrement dit, il s’agit d’interdire aux éleveurs les échanges de mâles entre les fermes, comme cela s’est toujours fait. Les mâles ne seront donc plus sélectionnés que sur des critères propres à l’industrie. Exit les multiples critères paysans qui assurent diversité génétique, rusticité, résistance aux maladies, etc. La seule chose que l’élevage risque de gagner avec une telle mesure, c’est la dégradation du capital génétique existant et l’apparition de nouvelles maladies. Mais soyons rassurés, l’industrie saura inventer les remèdes et vaccins nécessaires !

La transhumance que nous organisons a pour objectif de faire connaître le plus largement possible notre situation et nos positions. Nous souhaitons que la population soit consciente de ce que signifierait la disparition totale des élevages non industriels pour l’environnement, le bien être animal et la santé des hommes et des femmes. Nous pensons que les animaux sont autre chose qu’un objet industriel permettant de faire de l’argent et que les éleveurs doivent rester libres de leurs pratiques pour faire perdurer la notion du vivant dans leurs rapports avec les animaux.

Quand à l’administration, et donc à l’Etat, nous souhaitons lui signifier notre refus catégorique de nous plier à des exigences qui ne servent que l’industrie. Après avoir déjà rencontré à plusieurs reprises différents représentants locaux de l’administration qui nous disent ne pas être en mesure de répondre à nos revendications, nous sollicitons une rencontre avec Monsieur Le Foll, Ministre de l’Agriculture, lors de notre arrivée à Valence pour lui demander la levée de l’obligation de l’identification électronique et la suppression du projet de mâles certifiés.

juin 28th, 2012 by admin

Les 7,  8 et 9  juillet 2012 au Grand Café français, 13 boulevard Gambetta, 07200 Aubenas

Installé à Roubaix, Pire Fiction se présente comme un groupe de création artistique et littéraire qui pense à l’encontre de toutes les dévastations culturelles de son temps. Des graveurs, des auteurs élaborent ensemble des réalisations personnelles ou collectives, et fabriquent eux-mêmes des livres dont la couverture est gravée, forme inspirée des cordels brésiliens.

Samedi 7 juillet :
De 14 h à 18h : Toute l’après-midi, tirage manuel d’estampes (gravure sur bois), et performance de gravure d’un grand bois.
18h : Présentation du groupe Pire Fiction et Lectures de textes de la collection par les membres de Pire Fiction.
Performance d’Alexis Trousset et de V-ZO

Dimanche 8 juillet :
14h : Impression d’une gravure sur bois de très grand format « au foulage et à la cuiller » et accrochage du tirage réalisé dans l’après-midi + lecture de textes sélectionnés par chaque membre de Pire Fiction et Maxime Forcioli. Interventions ponctuelles dans la soirée

Lundi 9 juillet dans l’après midi :
Pire Fiction pense à l’encontre de toutes les dévastations culturelles de son temps

Lecture de la déclaration sur l’estampe publiée par Louis-Charles Fumery, se situant dans le contexte de la publication d’un « Manifeste de l’estampe » par les Ateliers d’Édition populaire de Lille ; suivie d’une discussion-débat sur la portée de l’estampe dans l’art contemporain.

Présentation par Maxime Richard du projet d’extension du Musée de La Piscine à Roubaix consacré au sculpteur Henri Bouchard, un artiste actifdans la politique collaborationniste vychiste. Discussion-débat.

Présentation de L’Enfer Vert, ce que nous réservent les écolo-technocrates à partir du cas Lille Métropole, par Tomjo.

Menbres du groupe présent à Aubenas  Louis-Charles Fumery, Alexis Trousset, Sibylle Lerouge, Tomjo, Myriam Mairey, V-ZO, Maxime Ricahrd, Yann Legrand, Benben


Evènement soutenu par l’association « Chez Rita » et la Librairie Coopérativedes Artistes à Roubaix ; sites : www.chezrita.fr et pirefiction.fr

mars 26th, 2012 by admin

A l’avant-garde de l’industrie policière-marchande de pointe, la « métropole intelligente » Nice-Côte d’Azur est à ce jour l’unique lauréate française du « challenge Smarter cities » de l’International Business Machines (IBM), bénéficiant ainsi d’une expertise en « planification stratégique », gestion du capital humain et technologies asservissantes pour une optimisation durable de l’administration totale.

La technopole pilotée par le benêt motodidacte C. Estrosi et le trop zélé E. Ciotti se veut exemplaire et paradigmatique du monde de demain, elle dispose en ce sens de la première police municipale de France en arme, en fric comme en effectif en parallèle d’un plan d’urbanisme éco-sécuritaire et touristique pratiquant la table rase pour réaménager la ville de façon plus lisible à la vidéosurveillance (1 pour 553 habitants à ce jour) et à son centre de supervision auscultant de manière autonome la population via un progiciel là aussi « intelligent ».

La zone expérimentale qui n’avait jusqu’alors observé aucune sorte de réaction chimique ou autre de la part de la population devant les essais de sa techno-police vient de découvrir un phénomène anormal :

Le 26 février 2012, en pleine mascarade électorale et en marge de l’industrie touristique lourde du carnaval spectaculaire officiel et de son « Comité des fêtes » historiquement contre-révolutionnaire s’est produit un carnaval au sens propre joignant la fête à la critique sociale. Trois cent personnes réunies parfois en famille pour de traditionnels jets de farine et d’œufs parmis des chars évoquant la précarité de tout ou l‘« IBM-Roi du laboratoire » touristique et sécuritaire prêt à brûler, déambulaient vaillamment dans les rues de la prison marchande à ciel (d’azur) ouvert. Au cours des réjouissances un « paysan » selon les festoyants, un « berger » selon la police, barbouilla de peinture une des caméras de la ville sous le nez des paiàssou en uniforme, exaltant le charivari et semant la panique dans les algorithmes de la supervision répressive. Si le geste était symbolique, la réaction le fut également.

Alors que le défilé poursuivait joyeusement son vacarme la répression des forces de l’ordre et de la « tranquillité public » fut féroce, dépêchant par géolocalisation ses innombrables troupes sur les lieux pour l’interpellation du dit berger. Plus de 80 CRS et plus d’une quinzaine de véhicules dont un bus, tous étaient au rendez-vous pour en découdre avec Carnaval. La répression fut violente, des enfants furent gazés, 8 personnes brutalement interpellées, et beaucoup en sortirent, sinon blessées, traumatisées.

Le lendemain, la quasi-unique presse locale (Nice-Matin), purement idéologique et absente lors des faits, révéla au final qu’aucun journaliste ne composait sa rédaction ne comptant pour ainsi dire que des policiers. (http://www.nicematin.com/article/de… )

Les «  inculpés  » passeront en jugement les 19 avril et 11 septembre prochains pour dégradations de biens publics, rébellions, outrages et violences envers personnes dépositaires de l’autorité publique selon les cas.

Contre la violence policière, pour l’existence d’un authentique Carnaval populaire et de manière générale contre le développement de la Technopole, réunions et manifestations sont à prévoir ! >>http://ratapinhata.legtux.org/

Nice est une scène de la vie future déjà présente, ne la laissons pas se propager .

février 3rd, 2012 by admin

Voici ce qu’en dit La Voix du Nord :

Oignies: Très chaud débat sur la ligne à très haute tension hier soir

La huitième réunion publique sur le projet de ligne à très haute tension entre Avelin et Gavrelle n’est pas allée à son terme.

..Un collectif libertaire baptisé « Des quelconques » s’est invité aux débats et a réclamé que la question de l’utilité du projet soit posée, et demandél’abandon de l’énergie nucléaire. Des tracts ont été distribués et une banderole déployée dans la salle des fêtes d’Oignies. A 21h 15, l’alarme incendie a été volontairement déclenchée, mettant fin aux échanges.

La Voix du Nord, le 3 février 2012

Voici le tract distribué : elecparty

janvier 29th, 2012 by admin

Rassemblement contre l’inauguration de Clinatec,

mardi 31 janvier 2012 à 17h30, parvis Louis Néel (devant Minatec)

Venez avec vos proches, vos amis, vos collègues ; venez avec du bruit (sifflets, cornes de brume, tambours, casseroles, batucadas). Venez avec vos pancartes et vos banderoles.

Contre la fabrication de l’homme-machine, fermez Clinatec.

Tract à imprimer et diffuser : Fermez_Clinatec2-1

 

septembre 13th, 2011 by admin

A Grenoble en 2005, une plaquette de présentation de la carte Libertys était distribuée aux habitants. Cette carte RFID devait comprendre les informations biométriques de leur porteur pour leur permettre d’être identifiés en toute sécurité à l’entrée des services municipaux, de servir de carte de paiement, etc. A l’époque, cette carte n’était encore que de la science-fiction mais avait engendré dev ives réactions de la part des grenoblois. Aujourd’hui, sur la métropole lilloise et dans la région Nord-Pas de Calais, Euratechnologies, la Communauté urbaine, Auchan, Decathlon, Transpole,  l’université Lille 1 et les Verts font de cette carte une réalité. Voici les quatre pages de présentation de la vraie-fausse carte Libertys (attention, les pages sont très espacées les unes des autres) :