juin 23rd, 2018 by admin

Pièces et main d’œuvre revient sur les dernières avancées de la reproduction artificielle de l’humain.

Et toujours en librairie : Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme. Voir ici

Le 18 janvier 2018 s’ouvraient les « États généraux de la bioéthique » organisés par le Comité consultatif national d’éthique – prélude à la troisième révision de nos lois de bioéthique depuis 1994. Plaisante éthique, soumise à la perpétuelle fuite en avant technologique et aux desiderata des consommateurs rendus possibles par ces progrès.

Le grand sujet cette fois, c’est la reproduction artificielle de l’humain (PMA), qu’il est question d’autoriser aux femmes seules et aux couples de lesbiennes. Autorisation d’autant plus probable que Macron, le « président des très riches » accusé de mener une « politique de droite », a besoin paraît-il d’ »envoyer des signaux à la gauche ». De préférence, sans impact budgétaire.
Comme en 2013, lors de la légalisation du mariage homosexuel, le sociétal fait diversion et remplace le social.

Aujourd’hui comme alors, nous saisissons ce symptôme d’actualité pour remonter à la cause et à la racine profondes : la machination et la
marchandisation de la procréation pour les homos comme pour les hétéros.
Ce texte est une mise à jour de ce que nous disions alors avec Alexis Escudero (La Reproduction artificielle de l’humain), et que les quatre dernières années n’ont fait que vérifier.

Certains diront que la fracture passe entre gauche et droite. Mais le fait majeur de l’époque, le putsch technologique permanent, périme pour l’essentiel cette distinction. Macron, après Hollande et Sarkozy, et comme l’auraient fait Fillon, Mélenchon ou Le Pen, investit dans l’innovation et les technologies de déshumanisation : intelligence artificielle, nanotechnologies, génie génétique, neurotechnologies.
Le stade actuel du progrès technologique et de la croissance économique, objectifs communs de la droite et de la gauche, se nomme l’homme « augmenté » – le transhumanisme. Le choix qu’on nous laisse ? Renoncer à notre humanité pour devenir posthumains, ou sombrer dans l’espèce moribonde des Chimpanzés du futur. Disparaître ou disparaître. On voit l’importance du débat sur les « modèles familiaux » à côté de cette rupture anthropologique.
On voit surtout comment les idéologues et scientifiques transhumanistes prennent en otages certains groupes (certains activistes LGBT et certaines féministes, certains hétéros stériles et certains handicapés), comment ils s’en servent, tantôt comme boucliers humains, tantôt comme chevaux de Troie pour avancer leur agenda.

L’offensive transhumaniste trace le front principal de notre temps, qui oppose désormais les humains d’origine animale aux inhumains d’avenir machinal. Le mode de reproduction est un enjeu central, en ce qu’il détermine la poursuite de l’histoire naturelle collective ou la prise en main de l’évolution par la technocratie.
Aussi, nous, qui tenons à notre humanité errante et faillible, hasardeuse et imprévue, et si limitée, refusons-nous la reproduction artificielle de l’humain et ses progrès.

Pour lire le texte intégral, ouvrir le document reproduction_artificielle.

Pour lire le texte sur papier, demander la Pièce détachée n°86 : envoyer un chèque de 5 euros à l’ordre de Service compris :
Service Compris – BP 27 – 38172 Seyssinet-Pariset cedex

 

juin 22nd, 2018 by admin

Voici deux articles relatifs à l’urbanisation de la friche Saint-Sauveur à Lille. Ils ont été publiés dans notre revue Hors-sol n°5, en commande et en librairie ici.

Schizo-ville. Entre deux épisodes de pollution de l’air, l’opposition à l’aménagement de Saint-Sauveur nous amena à affûter nos arguments contre la densification urbaine. Parmi ceux-ci, il en est un surprenant : plus une ville est dense, plus elle compte de schizophrènes. Ce qui manque à notre bien-être intérieur est relativement simple : de l’air, de la terre et du ciel. Reste à se méfier des contrefaçons. Comme le disait Bernard Charbonneau dans Le jardin de Babylone en 1969 : « Le jardin public n’est pas un plaisir, c’est le médicament nécessaire à une humanité privée de grand air. »

L’inconséquence verte. Les faits ont des conséquences. Vous ne pouvez combattre les conséquences tout en chérissant les causes, critiquer la pollution de l’air et densifier la ville. À moins d’être l’élu écologiste d’une métropole d’un million d’habitants. Lille, par exemple. Ce qui nous donne l’occasion de relire L’Enfer vert, publié en 2013 et rédigé par votre serviteur.

La suite est ici : Schizo-Ville et inconséquence verte

juin 12th, 2018 by admin

Hors-sol 5 Sortie-page001La Métropole lilloise, la DRAC, la ville de Lomme et l’université Lille 1 viennent d’annoncer la création d’un « Pôle des arts et cultures numériques ». Les collectivités locales mobiliseront chercheurs et artistes pour assurer « l’acceptabilité [de] la transition numérique de la société ». De quoi ont-ils peur ? Que les embryons de contestations de la carte RFID Pass-Pass ou du compteur Linky ne nuisent à « la ville de demain (smart city) et […] au développement de notre territoire à la pointe de l’innovation » ? Ou simplement veulent-ils insuffler cette « culture scientifique et technique » qui ferait défaut à la nation ?

Dans ce pôle se trouvera une médiathèque high tech, des présentations mensuelles « d’un chercheur et d’une technologie », une salle de concert de 500 places, ou encore des casques de réalité virtuelle comme autant de machines à rêves cyber-artistiques. Le plus surprenant est la création d’un « laboratoire citoyen de la donnée » propre à « développer une culture de la donnée chez les habitants ». Auront-ils accès à nos données de déplacements, de consommation électrique, de passage à la bibliothèque et dans les musées ?

Rappel : nous ne voulons pas « co-construire » la ville intelligente pas plus que nous ne voulons d’un « co-contrôle » du Big data urbain. Nous ne voulons simplement pas de cette ville qui sera à la fois toujours plus polluée et sous contrôle.

Certes, le capitalisme technologique gagne sa guerre au vivant par la domination (étatique, militaire ou managériale). Mais il la gagne avant tout en s’assurant notre consentement. Non seulement par une persuasion de type classique, mais surtout par la rationalisation des imaginaires. Cette bataille culturelle qui fait muter la société techno-industrielle en véritable civilisation, telle est la préoccupation centrale de ce numéro d’Hors-sol.

Sortie d’Hors-sol n°5 le samedi 23 juin 2018 à 20h aux Sarrazins, rue des Sarrazins à Lille. Dessins & Gravures, Lectures apocalyptiques, Mix mouvant – Remix malaxant.

Hors-sol °5 « Inhumanité numérique » – 100 pages – 7 € – disponible en librairie ou sur commande (+4€ de frais de port) – chèque à l’ordre « L’A.S.P.I » : hors-sol, 49 rue Daubenton, 59 100 Roubaix.

Ou par virement à l’A.S.P.I au numéro IBAN : FR76 1670 6006 1053 9223 2726 911 et BIC : AGRIFRPP86

 

Sommaire

Le spectacle de notre disparition : Théâtre du nord, Rose des vents, Fresnoy, LaM, ou la culture du transhumanisme.

Gérontechnologies : la vieillesse est un naufrage technologique.

Grand palais : les artistes sont des robots comme tout le monde.

Dévaloriser le patrimoine industriel : musées de la mine à Lewarde, des missiles V2 à Saint-Omer, de l’Industrie à Manchester, et la « Creative Mine » d’Arenberg.

Morts à 100% : les questions que vous n’avez pas osé nous poser.

La vie n’est pas un long fleuve technique : entretien (fleuve) avec François Jarrige, historien des sciences et techniques.

Jeunesses siliconiennes : coding goûters sur la métropole.

Marie Curie et le féminisme irradiant

Lille-Design : conquistadors pour smart friches urbaines.

Stanford – 1969 : reportage chez des luddites californiens qui bloquèrent leur labo de recherche.

BD : « Génération exponentielle » présente Le Pitch de Kévin et son invention géniale « Le SmartpoohPooh ».

Schizo-Ville : pourquoi la ville rend dingue.

Ville dense et intense : Les dormeurs du VAL (Photos).

Ola Béton : de Lille à La Havanne, Saint Sauveur enterre le socialisme.

Saint-Sauveur : l’inconséquence verte.

Roubaix Ravage : nouvelle désastreuse en deux actes et quatre mains.

Poésie : Le Lion et la ZAD.