juillet 14th, 2014 at 15 h 27 min by admin

Sur les cendres de la ville industrielle, « Lille’s Digital »1 permet tous les espoirs de relance économique. Dans le quartier des Bois Blancs, aux abords d’Euratechnologies, IBM s’installe. 200 ingénieurs auront débarqué à la fin de l’année, ils seront mille dans trois ans.(2) Pour quoi faire ? Offrir des services informatiques à des groupes aéronautiques et militaires comme Safran ou Airbus, des banques, des assurances ; mais aussi œuvrer à la ville intelligente. Nous vous en parlions dans la brochure « Smart City, l’espace de la domestication interactive ».

Le mois dernier, nous étions à Lyon pour CapUrba, le salon de l’urbanisme innovant. Et vous savez quoi ? Les fonctionnaires et ingénieurs présents nous ont confirmé les raisons réelles pour lesquelles ils développent leurs technologies de contrôle urbain. A savoir :

1° La ville intelligente est un atout marketing : « C’est un projet économique d’attractivité dans une compétition désormais mondiale » entre les métropoles, lâchait un ingénieur d’IBM. Autrement dit : la ville ne se développe pas par et pour ses habitants – trop pouilleux, consanguins, chômeurs et alcooliques peut-être ? –, mais pour des classes aisées, connectées, friquées et consommatrices.

2° La ville intelligente est un moyen d’accélérer le désastre écologique du capitalisme urbain : congestion routière, raréfaction des matières premières (eau, électricité), entassement de populations. « En quatre ans, on a urbanisé autant que nos anciens en 2000 ans, s’est satisfait un technicien montpelliérain, c’est un atout pour l’économie, mais qui pose un souci en terme d’accueil. » Sans rationalisation, pas de développement.

3° La ville intelligente est le pilotage total de l’environnement et de ses habitants. C’est l’enfer vert. Ce que le chef de projet à l’Aménagement numérique de Lille Métropole, Raphaël Dirix, reconnaît aisément au sujet de la carte de transports « PassPass » : « Certes, on peut parler de Big Brother, mais une fois qu’on a mis le doigt dans l’engrenage… », on se fait arracher la main. Merci pour l’aveu.

C’est pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, que nous crions :        IBM dégage !

 Vous retrouverez le reportage au salon CapUrba dans le journal CQFD, encore en kiosques jusque mercredi. Ou ici en pdf : Smart illusions au salon CapUrba

Ainsi que la brochure « IBM et la société de contrainte » éditée par Pièces et main d’œuvre.

Notes :

1. Surnom donné par Lille Métropole et Lille’s Agency : http://www.lillemetropole.fr/files/live/sites/lmcu/files/docs/ECONOMIE/LILLE-S-DIGITAL_PLAQUETTE%20_aout2013.pdf

2. http://www.usine-digitale.fr/article/ibm-va-creer-300-emplois-supplementaires-a-lille.N272762

Comments are closed.