avril 22nd, 2013 by admin

Quel est le lien entre le séisme qui a provoqué la catastrophe atomique de Fukushima, et la carte Pass-Pass ? D’abord prévue pour 2011, puis 2012, et enfin pour le 25 juin 2013, le mouchard RFID que devront utiliser les clients de Transpole a subi plusieurs bévues. Mais impossible jusqu’alors de savoir pourquoi. Ni la Communauté urbaine ni Parkeon, l’entreprise qui a remporté ce marché de 23 millions d’euros HT après revalorisation, n’avaient daigné s’expliquer. Dans une délibération de Lille Métropole du 12 avril 2013, on apprend que le premier retard est dû à la « pénurie de composants électroniques provoquée par l’événement de Fukushima au Japon. » Séisme, dommages sur les usines d’assemblage et d’extraction, et enfin coupures d’électricité : les secousses sur la filière électronique mondiale ont été ressenties jusqu’à Lille Métropole. Décidément, les Verts lillois ont intérêt à ce que l’énergie nucléaire soit optimale et sécurisée. Entre leur métro automatique et le data center qui tournent à l’uranium, et maintenant l’approvisionnement en composants électroniques, on voit combien leur projet de société est tributaire de l’économie mondiale et de la bonne marche de la filière nucléaire.

La délibération en question : Avenant LMCU-Parkeon

avril 22nd, 2013 by admin

Face à la Crise, les adversaires de l’austérité et du libéralisme rabâchent les heureuses expériences des grands programmes de planification économique de relance. Depuis quelques années le New Deal (Nouvelle Donne en anglais) refait surface jusque dans un collectif nommé « Roosevelt 2012 »(1). On exhume le rapport Beveridge anglais, le Plan Marshall, le Commissariat Général au Plan.

Ces espérances de relance productive s’accompagnent néanmoins d’une feinte prise en compte des limites écologiques de la planète. « Le futur pacte de croissance européen doit être « vert » » (2) trépignent les eurodéputés écologistes. En 2009, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) publie son « Cadre de la stratégie pour une croissance verte ». Il faudrait « Verdir l’appareil productif pour retrouver la croissance », estime Le Monde.(3) En août 2012, le Centre d’analyses stratégiques – le bureau de prospective rattaché au premier ministre – publie un rapport intitulé « Des technologies compétitives au service du développement durable ». Le fond de l’air est vert.

Les partisans de la planification se trouvent  »naturellement » à la gauche de la gauche. Et plus particulièrement au Front de gauche, lui aussi rallié à la verdeur ambiante – Mélenchon reconnaissant d’ailleurs la carence écologique de la gauche industrielle. Plus de cinquante ans après les premières dénonciations de la « société de consommation », du « système technicien » ou de la « société nucléaire », et deux cents ans après l’insurrection des luddites contre la discipline de fabrique. Mais quand un front commun de socialistes, de communistes, d’altermondialistes et d’écolos de gauche prend la défense de l’environnement, on découvre vite qu’ils programment, en compétition avec Europe Écologie, l’Enfer Vert.

Vous pensiez qu’une alliance entre Rouges et Verts atténuerait les ravages du capitalisme ? Sous la banderole écosocialiste, le programme du Front de gauche comme l’action des élus locaux ne portent qu’un énième projet de relance industrielle. Vous pensiez la vieille planification centralisée et autoritaire définitivement ringardisée par les conseils en analyse stratégique ? Le Front de gauche offre une nouvelle légitimité à une technocratie d’État plus effective que jamais, quoi qu’en disent les ennemis du « libéralisme ». Si l’Enfer Vert des écologistes est un contrôle des comportements lié à une rationalisation technologique, celui des écosocialistes est une économie dirigiste avec un vernis écologique

tomjo, mars 2013

Le texte en entier ici : Critique de la planification écologique

Ou à la suite de L’Enfer Vert, L’Echappée, Collection Négatif, avril 2013.

1. roosevelt2012.fr. On y retrouve des élus du parti socialiste jusqu’au Front de gauche, des journalistes, des associatifs, des universitaires, etc.

2. Thomas Houdaille, secrétaire général du think-tank EuropaNova, et Sven Giegold, député européen allemand du groupe des Verts, Le Monde, 28 mai 2012.

3. 11 décembre 2012.

avril 19th, 2013 by admin

Le journal La Brique, dans son numéro 35, vient de publier une enquête-reportage sur le port de Boulogne-sur-mer, premier port de pêche français et premier lieu de transformation du poisson en Europe. Ce focus sur une situation locale résume la situation globale : raréfaction et pollution des ressources, pression des marchés et des bureaucrates, artificialisation du vivant, et fuite en avant ravageuse insufflée par toutes les couleurs de la technocratie. Ce qui vaut pour la mer – ce nouveau « Far West » de l’économie mondiale – vaut pour le reste. Tout Terrien soucieux de sa survie et de sa liberté lira avec gourmandise ce numéro.

Le Monde du 13 avril titrait : « Le Sud veut sa part des données satellitaires pour gérer ses ressources ». Et prendre ainsi part au « développement » tout en protégeant son « patrimoine halieutique » de la pêche illégale. Le Centre national d’études spatiales et l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER) viennent de signer un contrat pour réaliser un « centre d’océanographie spatiale » en Indonésie. Idem pour la NASA, la filiale d’EADS Astrium ou Greenpeace à divers coins du globe. État des ressources, localisation des poissons, taux de salinité, courants marins, températures, les satellites guident les pêcheurs qui ne sortiront plus en mer qu’en suivant les indications de leurs smartphones. Le savoir-faire séculaire, fruit de l’expérience vécue et d’un apprentissage long, disparaîtront au profit d’une exploitation optimisée des ressources maritimes. Les bases profitables de la pêche industrielle seront saufs. Boulogne-sur-mer n’échappe pas à la règle. Profitons-en pour démonter quelques fausses solutions qui ont cours en ce moment : les quotas, l’expansion maritime et l’aquaculture.

Dans son numéro d’avril 2013, la revue Silence nous refait le coup du rationnement et des quotas : une mesure à prendre d’urgence face au péril écologique que nous démontions dans un article précédent : « Rationnement et écologie transitoire ». L’interview dans La Brique de ces pêcheurs Boulonnais pris dans la tenaille des marchés et des quotas européens prouve combien la généralisation à tous les citoyens de cette astreinte administrative écornerait un peu plus nos libertés et nos capacités de résistance face au modèle de développement industriel.

Dans La vie est à nous !/Le Sarkophage de mars 2013, l’écosocialiste Mélenchon nous gratifie de ses délires prédateurs : « Je veux souligner l’importance de penser dès aujourd’hui l’incontournable expansion vers les océans et les mers d’une humanité aujourd’hui composée de 7 milliards d’êtres humains et bientôt de 12 ! […] La mer et les océans représentent 70 % de l’espace terrien. Ils sont moins connus que la surface de mars ! […] La mer et les océans sont l’aventure concrète de l’humanité pour ce siècle-ci. » Ce sur quoi Le Monde du 13 avril embraye : « Objet de convoitise, le cœur des océans est une fantastique réserve d’énergie, de protéines, de ressources génétiques. Mais c’est aussi une sorte de Far West où États et industries peuvent agir sans règle. » Et le sénateur-maire de Bapaume (62) Jean-Paul Delevoye, président UMP du Conseil économique, social et écologique, apporte son concours à l’Appel de Paris pour la haute mer : « Les peuples se déchirent toujours sur le court terme mais sont capables de se transcender sur le long. » Tout le monde semble d’accord. Les continents sont saturés, pollués, surpeuplés ? Le béton des mégapoles mange notre espace vital ? La terre n’offre plus rien sans sa dose saisonnière d’intrants chimiques ? Alors, allons de l’avant camarades ! Les océans – encore trop oubliés des exploiteurs, paraît-il –, se plieront à notre boulimie. Vous vous demandez quelle est la différence entre tous ces prospectivistes ? Celle de déterminer la part du public et du privé dans la colonisation des fonds marins.

Persévérons dans l’unanimisme. Mélenchon : « Éoliennes, hydroliennes tout ce qui peut aller en mer [ira]. L’aquaculture est l’unique perspective de ressources protéique abondantes à notre portée. » Dans son Diagnostic territorial pour la période 2014-2020, le Conseil régional Nord-Pas de Calais mise gros sur l’aquaculture et la fin de la pêche artisanale. Le rapport prévoit que les futurs désœuvrés deviendront des promène-touristes pour imprimer le virage folklorique de la ville, des surveillants de l’aire marine protégée (mise sous cloche d’un espace maritime), ou des agents de maintenance des futures usines d’énergie (sous-)marine. Comme il est noté dans La Brique, le pôle de compétitivité Aquimer de Boulogne regroupe la Région, l’État, les scientifiques et les patrons pour préparer le terrain aquacole et les espèces de poissons. Et les Verts défendent une impossible aquaculture biologique pour prévenir les épidémies dues à l’élevage de poissons en batterie. Enfin, toujours dans Le Monde, on apprend que l’excellence spatiale française s’exporte pour « déterminer les zones les plus propices à l’aquaculture et à la  »crevetticulture ». »

Laissons les pinailleurs pinailler. L’exemple boulonnais montre à quel point les roses, les verts, les rouges, les scientifiques et les patrons avancent vers un but commun. Optimiser pour continuer de tirer profit d’un monde résiduel.

Hors-sol, 19 avril 2013

Le texte en format pdf : La pêche boulonnaise face aux impasses de l’ (éco)technocratie

avril 18th, 2013 by admin

Nous vous informons de la réédition de L’Enfer Vert. Projet pavé de bonnes intentions (éd. L’échappée, coll. Négatif, avril 2013). C’est une enquête et une histoire de la fusion entre l’écologie et la technocratie lilloises, revue et augmentée de critiques des indicateurs alternatifs de richesse, de l’écologie autoritaire et de la ville intelligente. Les habitués d’Hors-sol y trouveront de quoi nourrir leur connaissance d’Euratechnologies et des autres projets de développement régionaux (Eurasanté, Zone de l’Union, etc).

La réédition est suivie d’une Critique de la planification écologique annoncée par la  »gauche de la gauche » comme une réponse à la crise et à l’austérité : « Vous pensiez qu’une alliance entre Rouges et Verts atténuerait les ravages du capitalisme ? Sous la banderole écosocialiste, le programme du Front de gauche comme l’action des élus locaux ne portent qu’un énième projet de relance industrielle. Vous pensiez la vieille planification centralisée et autoritaire définitivement ringardisée par les conseils en analyse stratégique ? Le Front de gauche offre une nouvelle légitimité à une technocratie d’État plus effective que jamais, quoi qu’en disent les ennemis du  »libéralisme ». Si l’Enfer Vert des écologistes est un contrôle des comportements lié à une rationalisation technologique, celui des écosocialistes est une économie dirigiste avec un vernis écologique. » Une fuite en avant suicidaire dans la production industrielle de camelote.

Ne ratez pas la présentation du livre le mardi 30 avril à 19h00 à la librairie L’Harmattan, 35 rue basse, à Lille.

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ARGUMENTAIRE

Tandis que la technocratie verdit, la verdure se technocratise. Le constat officiel de l’effondrement écologique et social proclamé à tous les échelons de l’autorité, du local au global, accélère la fusion entre la classe experte (scientifique, partis, appareils). Fusion d’autant plus naturelle que nombre d’écotechniciens incarnant ce double visage, à la fois Bac+5, csp+, cadres urbains du public ou du privé, et voraces prétendants à la direction de ce Green New Deal, de ce capitalisme reverdi dont ils représentent l’ultime chance. Ce qui est décrit ici, à partir du cas de Lille Métropole, c’est l’ascension de l’extrémisme de l’écolo-technocratie, des années 1979 à nos jours. destruction et artificialisation des derniers lambeaux de nature, construction de gigantesques infrastructures, police électronique et informatique via les puces RFID.

« Les limites nécessaires à la préservation de la vie seront calculées et planifiées centralement par les ingénieurs écologistes, et la production programmée d’un milieu de vie optimal sera confiée à des institutions centralisées et à des techniques lourdes. c’est l’option techno-fasciste sur la voie de laquelle nous sommes déjà plus qu’à moitié engagés. » André Gorz, Écologie et liberté, 1977)

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L’AUTEUR

Tomjo n’était pas né quand les plus lucides critiques de l’écologie politique nous mettaient en garde contre ce techno-fascisme vert, dont il décrit aujourd’hui l’avènement.

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126 pages / 12 x 18,5 cm / 9 euros / isbn 978-29158307-3-6

lechappee.org

avril 10th, 2013 by admin

« Avec la biologie de synthèse, vous avez un avantage, c’est que le grand public pour le moment ne connaît pas. » (D. Raoul, Sénateur, vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques)*

« J’estime essentiel de désamorcer les craintes que l’opinion publique peut éprouver à l’égard d’un domaine émergent, sur lequel elle n’est pas pour l’heure informée ». (Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche)**

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Vous ignorez ce qu’est la biologie de synthèse, vous n’en avez jamais entendu parler. Comme tout le monde, à peu près. Il s’agit de la plus récente et d’une des plus effroyables innovations, des laboratoires à l’industrie. Nous tâchons ici de résumer l’explication au plus clair : qu’est-ce que c’est ? pour quoi faire ? pourquoi la refuser – MAINTENANT ?

Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche a fait de la biologie de synthèse une priorité. Dès ce mois d’avril 2013, elle manigance un « Forum de la biologie de synthèse », afin de désinformer le « grand public » et de « désamorcer » toute contestation. C’est MAINTENANT que nous devons nous informer, alerter, refuser.

* Annexe au rapport de Geneviève Fioraso, Les enjeux de la biologie de synthèse, février 2012)

** Assemblée nationale, 4 mai 2011

Pour lire « Alerte à la biologie de synthèse et aux aliens de demain », c’est là : Tract BS

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Lire aussi sur ce sujet :
- Un malfaiteur de l’humanité : Philippe Marlière et les aliens de demain
- Innovation scientifreak : la biologie de synthèse
- Aujourd’hui le nanomonde n°18 – Spécial biologie de synthèse
- Aujourd’hui le nanomonde n°19 – Biologie de synthèse et acceptabilité

Et Sous le soleil de l’innovation, rien que du nouveau ! », par Pièces et main d’oeuvre (éditions l’Echappée, 2013)