janvier 29th, 2013 by admin

De l’élevage ovin à l’ère technologique : un peu d’économie réelle

Alors qu’une centaine de moutons et une cinquantaine de marcheurs entamaient ce lundi 28 janvier 2013 leur transhumance contre le puçage électronique à travers la Drôme, nous détaillons ici un peu d’économie réelle, et les rapports de forces entre éleveurs de moutons et éleveurs de puces. Comment les seconds éliminent les premiers ; comment il ne peut en être autrement ; comment les premiers ne peuvent survivre qu’à condition d’éliminer les seconds.

On en apprend des choses, en suivant les moutons.
- On en apprend sur l’économie planétaire à l’ère technologique.
- Sur l’évincement de l’homme par la machine.
- Sur la traçabilité universelle et le profilage individuel par les mouchards électroniques.
- Sur l’avènement de la société de contrainte, grâce aux puces RFID et aux implants neuro-électroniques.
- Sur les ravages écologiques de l’industrie électronique.
- Sur le soutien de la gauche industrielle aux éleveurs de puces, contre les éleveurs de moutons.
- Sur les conditions d’une possible opposition aux RFID et au puçage électronique.

Mais revenons à nos moutons. « Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »

Le texte complet est ici : Des_moutons_ou_des_puces

Lire aussi sur ce sujet :
- RFID : la police totale » : un livre et un film de Pièces et main d’oeuvre
- Entretien avec Etienne Mabille, éleveur réfractaire au puçage de ses moutons
- Appel à la transhumance et manifestation contre le puçage électronique des moutons et des hommes

janvier 22nd, 2013 by admin

« Un wagon transportant de l’uranium naturel appauvri, matière très faiblement radioactive, a connu [lundi] après-midi lors d’une manœuvre en gare de Saint-Rambert-d’Albon (Drôme), un problème mécanique sans incidence sur sa sûreté », a affirmé lundi soir Areva. Ce train atomique, comme il en passe des dizaines en France chaque année, est sorti de ses rails. Mais rassurez-vous, c’est bon pour cette fois.

Ce qui sent moins bon, c’est le nuage chimique qui se ballade depuis Rouen entre Paris et la côte sud de l’Angleterre. 24 heures après les débuts de la fuite, le ministère de l’Intérieur et les médias assurent que ce gaz « ne présente pas de risques pour la santé ». Vomissements, nausées, irritation des yeux, des muqueuses respiratoires et de la peau ne seraient dus qu’à une « réaction psychologique liée à l’odeur » relaie Le Monde. L’Institut national de recherche et de sécurité, quant à lui, considère le gaz en cause comme « toxique par inhalation » et « dangereux pour l’environnement ». Qui croire ?

Face à ce monde morbide et à la dépossession de nos vies par les experts morbides, retrouvons-nous mercredi 23 janvier à partir de 20h à L’Insoumise, 10 rue d’Arras, pour discuter autour du livre Métro, boulot, chimio. Ainsi, nous commencerons par fermer la grande gueule des partisans de la réindustrialisation.

Le site de L’Insoumise : http://linsoumiselille.wordpress.com/

Présentation du livre : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=394

janvier 7th, 2013 by admin

Le collectif d’éleveurs drômois (26) organise du lundi 28 janvier au vendredi 1er février 2013, une transhumance contre le puçage électronique (RFID) des ovins et contre l’introduction de nouvelles contraintes génético-industrielles dans l’élevage.

Chaque étape, entre Mornans et Valence, sera l’occasion d’une projection du film « Mouton 2.0 – La puce à l’oreille » et d’un débat.

Ci-dessous le courrier du collectif 26 aux médias.

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Nous sommes des collectifs de différents départements, regroupant essentiellement des éleveurs mais aussi des non-agriculteurs. Chaque collectif est indépendant et ne se revendique d’aucun syndicat ni parti politique. En tant qu’éleveurs, nous sommes soumis à des contraintes de plus en plus fortes qui nous obligent à accepter les normes de l’élevage industriel. Considérant que ce mode d’élevage est une impasse, alors même que d’autres voies existent, nous refusons de nous y soumettre et nous revendiquons le droit des paysans à rester maîtres de leur pratiques. Pour ce faire, nous organisons une transhumance de plusieurs jours à travers la Drôme pour attirer l’attention de la population et des pouvoirs publics sur deux mesures qui s’opposent à notre vision de l’élevage et qui contribueront à fragiliser un grand nombre de fermes : l’identification électronique des ovins et caprins et l’obligation d’acheter des reproducteurs mâles « certifiés » pour tous les ruminants.

L’identification électronique des ovins et des caprins, c’est-à-dire la pose d’une boucle munie d’une puce RFID à l’oreille des animaux, est obligatoire depuis juillet 2010. Les arguments avancés par l’administration sont l’amélioration de la traçabilité et la facilitation des conditions de travail des éleveurs, deux arguments que nous réfutons. En effet, le système actuel d’identification (une boucle classique à chaque oreille) assure une traçabilité amplement suffisante et notre travail se verra alourdi d’une contrainte informatique inutile et coûteuse. Si nous ne croyons pas à l’intérêt de cette mesure pour l’élevage, nous ne doutons pas qu’imposer l’usage de gadgets électroniques à toute une profession ouvrira un marché fort intéressant à l’industrie des nanotechnologies, particulièrement bien implantée en France. Les éleveurs qui ne posent pas cette boucle électronique sont passibles de sanctions financières très lourdes. Un couple d’éleveurs de la Drôme s’est ainsi vu supprimer ses aides PAC au titre de la conditionnalité des aides équivalant à 8000€.

Nous acceptons d’autant plus difficilement cet empressement de la France à imposer la mesure qu’elle va totalement à l’encontre d’un rapport parlementaire européen de 2008, signé par notre actuel ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll. Nous sommes donc en droit de nous interroger sur un tel retournement de situation…

Enfin, nous avons de profondes inquiétudes sur l’avenir d’une société qui puce de plus en plus largement les êtres vivants et qui ne voit de salut que dans toujours plus de technologie.

Autre facette de l’industrialisation de l’élevage, promise pour 2015, l’obligation de se fournir en reproducteurs mâles certifiés, c’est-à-dire issus de centres de sélection. Autrement dit, il s’agit d’interdire aux éleveurs les échanges de mâles entre les fermes, comme cela s’est toujours fait. Les mâles ne seront donc plus sélectionnés que sur des critères propres à l’industrie. Exit les multiples critères paysans qui assurent diversité génétique, rusticité, résistance aux maladies, etc. La seule chose que l’élevage risque de gagner avec une telle mesure, c’est la dégradation du capital génétique existant et l’apparition de nouvelles maladies. Mais soyons rassurés, l’industrie saura inventer les remèdes et vaccins nécessaires !

La transhumance que nous organisons a pour objectif de faire connaître le plus largement possible notre situation et nos positions. Nous souhaitons que la population soit consciente de ce que signifierait la disparition totale des élevages non industriels pour l’environnement, le bien être animal et la santé des hommes et des femmes. Nous pensons que les animaux sont autre chose qu’un objet industriel permettant de faire de l’argent et que les éleveurs doivent rester libres de leurs pratiques pour faire perdurer la notion du vivant dans leurs rapports avec les animaux.

Quand à l’administration, et donc à l’Etat, nous souhaitons lui signifier notre refus catégorique de nous plier à des exigences qui ne servent que l’industrie. Après avoir déjà rencontré à plusieurs reprises différents représentants locaux de l’administration qui nous disent ne pas être en mesure de répondre à nos revendications, nous sollicitons une rencontre avec Monsieur Le Foll, Ministre de l’Agriculture, lors de notre arrivée à Valence pour lui demander la levée de l’obligation de l’identification électronique et la suppression du projet de mâles certifiés.