juillet 24th, 2012 by admin

Le présent a-t-il besoin de nous ?

En avril 2000, voici des âges de cela, le chercheur Bill Joy, co-fondateur de Sun Microsystems, publiait dans Wired, mensuel américain le plus technolâtre du monde, une mise en garde intitulée « Why the future doesn’t need us ». Il pointait les risques d’emballement et d’autoréplication en particulier dans les bio et nanotechnologies, mais aussi l’évincement accéléré de l’homme par un système d’automatisation générale, dit de « planète intelligente ».

Ce futur est déjà notre présent et nous sommes ici à l’endroit idéal, dans la technopole, pour l’exposer. Outre leurs multiples applications industrielles, les technologies convergentes (Nano-Bio-Info-Cogno) rendent possible le pilotage cybernétique du monde, des masses et des individus, grâce aux puces RFID. L’asservissement se conjugue avec l’évincement. La société de contrainte s’implante dans les cerveaux grâce aux nano-électrodes de Clinatec. L’industrie solaire prend son essor grâce aux capteurs nanostructurés de Soitec et du CEA-Léti. La biologie de synthèse, la fabrique du « vivant artificiel », est soutenue par Geneviève Fioraso, ministre de la Recherche et de l’enseignement supérieur, celle-là même qui depuis vingt ans, avec ses partenaires de l’écosystème local, a propulsé Minatec et tous les projets techno-industriels grenoblois. Ces projets, célébrés dans les rapports de Jean-Louis Beffa, grand patron du CAC40, et de Christian Blanc, préfet et grand patron d’entreprises publiques, ont suscité la création des « pôles de compétitivité » et la politique de recherche et développement depuis deux ou trois lustres. Jean-Louis Beffa étant aujourd’hui, selon Le Monde, l’un de ces patrons « qui parlent à l’oreille de François Hollande ».

Il n’a échappé à personne, durant les dernières campagnes électorales, que « la réindustrialisation de la France » était la grande affaire du moment. Celle-ci passe par « l’innovation », c’est-à-dire par cette accélération technologique évoquée plus haut. Cette accélération a un prétexte : la création d’emplois, qu’elle détruit par ailleurs. Elle a ses partisans : la classe technocratique, la caste politico-médiatique, y compris les progressistes du Front de Gauche et du Monde diplomatique, dont on lira ici le sinistre plaidoyer en faveur des nécrotechnologies.

Elle a aussi ses opposants, dont les activistes radicaux, libertaires et luddites, ne sont que la pointe émergée. Le grand nombre subit avec un abattement et un désespoir croissants le progrès de la tyrannie technologique. Les plus enthousiastes dans la soumission frénétique se réveillent un jour, épuisés et dégoûtés. À nous de donner et de nommer les raisons de cette opposition afin de la rendre consciente d’elle-même.

Sommaire
- p. 2 – Nano news
- p. 3-6 – Actualités de la Planète intelligente
- p. 7-8 – Intox nano et nano-toxicité
- p. 9-10 – Nouvelles de Clinatec
- p. 11-14 – Actualités de l’acceptabilité
- p.15 – Rubrique luddique
- p. 16 – Librairie

Aujourd’hui le nanomonde en version pdf ici : Aujourd hui le nanomonde 17

Par Pièces et main d’œuvre

juillet 23rd, 2012 by admin

C’est annoncé dans la presse, les clients des réseaux Transpole, TER et Arc-en-ciel devront se munir de la carte Pass Pass à partir du 1er décembre prochain. La Voix du Nord, toujours en campagne pour soutenir les projets de développement des notables locaux, exprime ici son impatience. Elle est bien la seule. Les premiers porteurs de la carte peuvent déjà témoigner : obligation de « biper » sous peine d’une amende de 5€.

Pass Pass, la carte à puce sans contact de Transpole, enfin lancée

Il faudra attendre encore un peu pour la prendre en main, mais cette fois, on y est presque !

Transpole lancera sa carte à puce sans contact en décembre prochain (la mise en service était initialement prévue le 1er janvier). Objectif : plus de cartes, ni de coupons en cartons pour les voyageurs, qui pourront charger leurs abonnements mais aussi leurs titres occasionnels sur une seule et même carte à puce, sans contact, dont l’usage sera étendu à un large réseau dans la métropole (Transpole, V’lille, TER et Arc-en-ciel). Dans les prochains jours, les abonnés devraient recevoir un bulletin d’inscription pour commander leur carte Pass Pass.

La Voix du Nord, le 18 juillet 2012

En visite dans le Cambrésis, Patrick Kanner fait son tour de Pass Pass

Le président du conseil général a entamé sa tournée d’été. Il était de passage dans le Solesmois jeudi matin pour évoquer le projet éducatif global départemental et présenter le nouveau titre de transport en service dans le Cambrésis, la carte Pass Pass. Un petit « bip » et en route…

« Arrêt « Haussy Macarez » ». Hasard du calendrier, c’est ce jeudi, jour de visite estivale du président du conseil général Patrick Kanner dans le Cambrésis, que résonne pour la première fois la petite voix du réseau de transport interurbain sur la ligne Caudry-Famars.

Dans l’autocar, au départ de Solesmes, ont pris place les élus de l’arrondissement qui, comme le président du Département, ont pris soin de valider, à la montée, leur nouveau titre de transport : la carte Pass Pass.

Tout en un

Du gabarit d’une carte bancaire, ce nouveau système billettique départemental est opérationnel depuis le 1er  septembre 2011 sur les réseaux Arc-en-Ciel de la Flandre, de la Métropole et de l’Avesnois. Il l’est depuis le 1er juin dans le Cambrésis pour les usagers commerciaux.

Cette nouvelle carte Pass Pass c’est un peu la version « tout en un » des transports en commun. Finis les moult titres de transport et abonnements entre le car et le TER (trains express régionaux) ; désormais, les usagers n’auront plus que cette seule et unique carte à puce. « La carte Pass Pass remplace les titres de transport papier, précise Patrick Kanner. Elle est valable pour tout le monde et peut intégrer jusqu’à huit titres de transport différents : Transpole, Arc-en-Ciel, SNCF… Ce support unique simplifie les voyages des usagers, il incite à utiliser les transports en commun et les jeunes à bouger. »

Un « bip » suffit !

Prenons l’exemple d’une personne qui habite un village du Cambrésis et travaille à Lille. Avec cette seule carte, elle prend le car jusqu’à la gare de Cambrai puis le train jusqu’à la gare de Lille et enfin le métro jusqu’à son lieu de travail ! Plus besoin de trois titres de transport différents et de trois abonnements différents ; toutes les données sont concentrées dans la carte Pass Pass qui offre en plus un tarif plus avantageux que les trois abonnements d’origine réunis. Il suffit juste de « biper » aux bornes respectives avant de prendre chaque véhicule.

« La carte Pass Pass fonctionne aujourd’hui sur l’ensemble du réseau départemental Arc-en-Ciel et TER, explique Guillaume Béchet, de la direction des transports départementaux. L’objectif est qu’à terme toutes les collectivités en charge du transport puissent mettre en place cette carte magnétique unique et que tous les usagers puissent emprunter les réseaux de transport partenaires dans le Nord et le Pas-de-Calais.

 Sa mise en service va se faire progressivement sur l’ensemble de la région jusqu’en 2015. Le Cambrésis - du canton de Cambrai Ouest au Solesmois  – en est équipé depuis début juin et dès la rentrée, les écoliers vont également en bénéficier pour relier domicile et établissement scolaire (*). « L’an dernier, environ 9 000 cartes scolaires ont été validées pour tout le Cambrésis », précise Éric Gens, directeur d’exploitation pour le réseau Arc-en-Ciel.

La carte Pass Pass est aussi un précieux outil d’informations sur la fréquentation du réseau. Chaque voyageur validant son titre lors de chaque montée dans un véhicule, les données sont enregistrées et permettent : de connaître l’utilisation quotidienne du réseau départemental, de proposer des dessertes qui répondent le mieux possible aux besoins des Nordistes, de connaître les répartitions des titres de transport et de leur fréquentation, et de connaître les habitudes de déplacement des usagers afin de proposer des offres tarifaires innovantes, tendant vers le tarif unique.

« La carte Pass Pass a aussi l’avantage de gommer l’aspect social, poursuit M. Béchet. Quelle que soit la situation sociale, la carte est identique pour tout le monde ce qui évite de stigmatiser les usagers par la couleur comme c’était le cas avant avec la carte papier.

Ce n’est plus un frein à la mobilité. » •

La Voix du Nord, le 14 juillet 2012

juillet 17th, 2012 by admin

Quel est le point commun entre les industriels du nucléaire, du pétrole, du pesticide, de l’aviation militaire et du marketing pour enfants ce 24 mai 2012 à Valenciennes ? Ils ont tous leur Serious Game, des jeux vidéo destinés à la communication et à la formation des Digital Native – la « Génération Y » née dans un univers pixelisé. Le trio de la Recherche, du Pouvoir et de l’Industrie tenait son quatrième salon des e-virtuoses, propulsant ainsi l’avènement du monde-machine.

EDF, Total, Eurocopter, Bayer, Natixis… ils sont tous là. Affublés de nos tronches ahuries, on débarque avec trente minutes de retard aux e-virtuoses. Nous sommes accueillis par des écrans 3D, des hôtesses, des entrepreneurs au costard sérieux et des jeunes geeks décontractés venus chercher stages et jobs. Des créatifs, des chercheurs, des industriels. L’arrivée sur le marché du travail d’une génération connectée, née avec l’ordinateur personnel, les jeux vidéo et Internet, fait l’objet de nouvelles convoitises marchandes. Et offre des perspectives managériales qui transformeront la triste vie de bureau en expérience ludique et interactive. Quant à nous, on essaie de s’accommoder de l’ambiance cool en acceptant cafés et croissants, mais rien n’y fait tellement le programme est jovial. « Comment amener les salariés à débattre des valeurs de l’entreprise ? » se demande Bayer ; « Anticiper et réduire les risques. Comment préparer l’écosystème ? » pose EDF ; « Le marketing lié à l’enfant. Comment toucher la génération Y ? », toujours par EDF ; « Comment le Serious Game permet-il de créer une passerelle entre l’entreprise et la R&D universitaire ? » questionne Eurocopter. Les réponses se trouvent dans la contrainte ludique que permettent les jeux vidéos à visée pédagogique. Un secteur en plein essor grâce auquel la région Nord-Pas de Calais espère donner un nouveau souffle à son économie déliquescente.

Le texte en intégralité ici.

Et en version pdf : Des jeux video pour une contrainte ludique