décembre 19th, 2011 at 23 h 48 min by admin

Mardi 6 décembre, Eric Quiquet et sa clique présentaient le bilan de 3 mois de V’Lille. Tout était prévu : deux camions I love V’Lille pour désengorger l’afflux de V’Lillistes qui allaient se ruer à la grande messe. Pourtant, du coté de la station 001 (à la LMCU, on commence toujours par se servir en premier…), c’était plutôt calme plat. Les employés auront le droit à une pause : le froid a diminué les ardeurs des participant.e.s à venir en V’Lille. Les salarié.e.s de la Communauté Urbaine s’en vont, quelques journalistes et des cadres de chez B-Twin arrivent doucement.

A l’intérieur, la salle est relativement pleine. Le responsable du projet de chez Transpole fait défiler son powerpoint et les statistiques qui lui permettront d’optimiser le service. Le profil type du V’Lilliste ? « Des jeunes de moins de 25 ans, principalement des hommes ». Les heures de pointes ? « 7h et 20h, mais 25% du parc de V’Lille est en permanence occupé ». Le top dix des stations ? « Gare Lille Flandres, et les stations du vieux Lille ». Un seul chiffre manque au tableau : en trois mois, 110 V’Lilles soit 10% de ceux en circulation ont été dérobés. Une faille dans le système : les VLilles préfèrent la liberté aux bornes… Le « libre-service » a été a priori pris au pied de la lettre et retrouvé tout son sens.

Après l’exposé d’auto-promotion de la LMCU et Transpole, arrive une première série de « questions » qui transforme la réunion en véritable service après-vente : « Le vélo est trop lourd ! » ; « les écrans tactiles sont trop sensibles ! » ; « Le panier à l’avant est beaucoup trop petit ! » ; « la première vitesse ne sert à rien » ; « l’antivol est inutilisable ». Le degré zéro de la politique. « Merci » avance Eric Quiquet, « vos remarques nous permettront d’améliorer le service ». Décidément ils n’ont que ça à la bouche. C’est alors que la première intervention réellement contradictoire se fait entendre : « Monsieur, Quiquet, nous sommes quand même dans une mairie socialiste : comment expliquer qu’il n’y a que deux stations V’Lille à Lille-Sud et que les quartiers populaires soient les grands oubliés du projet V’Lille ? ». « Ça c’est intéressant ! » reconnait une fille deux rangs derrière. Mais Quiquet ne l’entend pas de cette oreille et préfère noyer le poisson : « Monsieur, ce n’est pas aussi simple. L’installation des stations V’Lille dépend de plusieurs variables, comme la densité de l’habitat et des activités commerciales alentours, de la faisabilité technique etc. » – « Mais Lille-Sud est le quartier le plus peuplé de la ville ! » - »Arrêtez avec vos procès et vos sous-entendus sur les quartiers riches et les quartiers pauvres, à Lambersart aussi il n’y a que deux stations V’Lille, d’ailleurs le maire s’en est plaint et pourtant ce n’est pas un quartier populaire ».

Première escarmouche. La seconde a lieu quelques minutes plus tard. « Bonjour, je voudrai intervenir en tant que non-utilisateur du V’Lille. Parce qu’un des éléments du projet qui n’a pas encore été discuté ici, et qui me rebute personnellement, c’est la présence de puce RFID dans les vélos ». - »C’est quoi ? » entend-on dans la salle. « Les puces RFID c’est ce qui a permit de recueillir toutes les statistiques que vous avez vu défiler ce soir, et tous ces chiffres sont associés aux noms des utilisateurs des V’Lille, via leurs cartes bleues ou les numéros de téléphone portable que vous utilisez pour les réserver ». Les mouches volent, Quiquet laisse passer l’orage. - »Et un autre aspect du projet qui n’a pas été discuté, mais ça les gens du B’Twin village pourront y répondre, c’est que si les vélos sont bien assemblés à Fives, les pièces détachées elles, sont fabriquées en Chine. C’est bien beau de prétendre faire de l’insertion, mais il s’agit de rétablir quelques faits sur le projet. Et puis, au sujet des V’Lille à Lille Sud, je ne voudrais pas faire de mauvais esprit mais une réflexion m’est venue à l’esprit suite à l’intervention précédente : à Lille-Sud il y a autant de stations V’lille que de commissariats ». Quiquet ne répondra pas. Mais on s’y attendait :  »Votre dernière remarque résume bien votre état d’esprit ». Question suivante.

Pendant ce temps là, certain.e.s d’entre nous ont fait le choix de rester à l’extérieur. Le tract que nous distribuons raconte tout le mal que l’on pense des V’Lilles. Les quelques discussions avec les employés de V’Lille confirment ce que nous y dénoncions. Lille Métropole n’avait pas le choix d’implanter des V’Lilles. Elle tardait trop, déjà, à suivre l’exemple des autres métro-techno-éco-europoles en vue. Les bourgeois.e.s commençaient à s’impatienter… A notre question sur la répartition de l’implantation des bornes de V’Lille entre le Vieux Lille et Lille-Sud, les employés sont plus loquaces que Quiquet. Les bornes auraient été réparties après une enquête auprès de la population. A l’époque, dans le Vieux Lille, on est triste de ne pas pouvoir rentrer bourré.e en vélo des soirées à la Gare Saint Sauveur. A Lille Sud, louer des vélos à l’heure n’était sans doute pas un besoin urgent. A moins, que ce ne soient les enquêtes de la ville qui suscitent plus de méfiance que d’enthousiasme dans ce quartier qu’elle a délaissé. Le V’Lille est donc un projet issu d’une demande des bourgeois.e.s du centre ville et mis en place par une mairie « socialiste » avec le soutien des écolos de service. Et qui ravi les bourgeois.e.s du centre ville, la mairie et la verdure. CQFD. Tant pis pour le socialisme et l’écologie.

Comme dirait un jeune ingénieur dynamique de « gauche » de chez B-Twin, « il y a des combats qui sont importants » (et il ajouta un « mais… » comme pour désapprouver que notre combat puisse un jour se diriger contre son travail…) Faire grincer la machine bien huilée du progrès que nous propose mains dans la mains Mulliez et les élu.e.s PS et Vert.e.s de la métropole en est assurément un pour nous. Chacun.e son camp camarade.

LMCU, Libres et Méchant.e.s Cyclistes contre l’Usurpation

Le tract distribué à l’entrée : VLille_tract2

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