juillet 28th, 2011 by admin

Les universités de la Région vont pucer leurs étudiants à la rentrée : vote électronique, repas, accès aux salles, emprunt de bouquins, toute la vie des étudiants sera enregistrée. Les Conseils d’administration des facs ont-ils demandé l’avis des étudiants ? Ont-ils expliqué quelles informations étaient conservées, et pour quel usage ? Non, évidemment. Ci-dessous, La Voix du Nord, comme à son habitude depuis quelques mois, se fait le relais bien soumis de ce progrès qui « facilite la vie ». Malgré les diverses interpellations, et leur présence lors de la conférence de presse sur les conséquences liberticides du puçage RFID, La Voix du Nord a choisi, une fois de plus, de se ranger du côté des notables, du pouvoir, des moyens de contrôle et de surveillance…

Adieu la traditionnelle carte d’étudiant, bienvenue à la carte multiservices

Faire ses photocopies, payer au restaurant universitaire ou emprunter des livres avec la même carte ? C’est maintenant possible. …

Dès la rentrée, 100 000 étudiants seront équipés de la carte multiservices. Elle a été mise en place par le CROUS et douze universités ou grandes écoles de la région. Cette carte est délivrée gratuitement lors de l’inscription des étudiants, quel que soit leur niveau d’étude. Elle les suivra tout au long de leur cursus.

Son but ? Leur faciliter la vie. Les étudiants peuvent maintenant emprunter des ouvrages dans toutes les bibliothèques universitaires faisant partie du dispositif. La carte sert de moyen de paiement mais uniquement dans les restaurants et cafétérias gérés par le CROUS.

Un atout pour tous

L’UNEF, le principal syndicat étudiant, est le premier à se réjouir de l’arrivée de ce nouveau système. « C’était une vieille revendication du syndicat, raconte Arsene Ruhlmann, élu de l’UNEF à l’IEP de Lille. L’académie de Paris utilise ce système depuis des années et ça marche très bien. ».

Les tout jeunes bacheliers s’inscrivant à l’université de Lille 1 sont les premiers à découvrir la carte. « Le CROUS m’a tout expliqué, c’est vraiment très pratique », s’enthousiasme Florian, futur étudiant en Sciences de la Vie. Il l’a déjà créditée de 20 euros, pour aller manger au « restau U » dès la rentrée. « Ça évitera la cohue du premier jour ! », glisse sa mère, venue l’accompagner pour les inscriptions. Et pour recharger la carte, rien de plus simple : des bornes sont installées dans tous les restaurants universitaires, dans certaines cafétérias et dans les résidences du CROUS.

Le personnel des universités bénéficie lui aussi de ce nouveau système. Les professeurs ont juste à s’identifier pour avoir accès aux laboratoires de recherche ou à certaines salles, en plus des dispositions classiques de la carte.

Et pour le personnel administratif, « cela les soulage d’une partie de la gestion administrative car toutes les formalités sont simplifiées  témoigne Martine Müller, directrice du CROUS de Lille. Et la transmission de données sera bien plus rapide. » Ce projet d’un million d’euros a été financé par la Région, le Fonds européen de développement régional (FEDER) et les établissements.

« La carte multiservices entre dans le cadre d’un programme plus vaste d’informatisation, témoigne Christian Sergheraert, président du PRES, un pôle regroupant plusieurs universités. Nous avons déjà installé mille bornes d’accès au Wifi et nous travaillons sur les ressources documentaires numériques. » L’usage de la carte devrait ensuite être étendu pour faire émarger les étudiants lors des examens ou d’un vote électronique. •

La Voix du Mort, 7 juillet 2011

juillet 13th, 2011 by admin

Du format d’une carte bleue, elle sera composée de deux puces électroniques : une  »régalienne » et une  »vie quotidienne ». Un marché de 12 millions d’euros annuels qui fera le bonheur des fabricants.

Adoptée en première lecture par le Sénat et l’Assemblée nationale, la proposition de loi « relative à la protection de l’identité » instaurera une nouvelle carte d’identité biométrique permettant de lutter contre l’usurpation d’identité.

Deux puces électroniques

Du format d’une carte bleue, la nouvelle carte nationale d’identité biométrique intègrera deux puces électroniques :

♦ La première puce, dite « puce régalienne », contiendra les données d’état civil (nom, prénoms, sexe, date et lieu de naissance), adresse, et données biométriques (taille, couleur des yeux, empreintes digitales, photo).
Cette puce répondra à la technologie RFID, c’est-à-dire pouvant être lue par des lecteurs « sans contact » comme pour le pass Navigo dans les transports d’Ile-de-France.

♦ La seconde puce, dite « puce vie quotidienne« , sera destinée à s’identifier sur des services commerciaux et administratifs sur Internet grâce à une « signature électronique ». Elle vise à permettre de s’identifier facilement et de « manière sécurisée » sans « avoir à multiplier les codes de connexion ou les mots de passe », en évitant toute fraude « du titre de paiement d’un tiers ». Elle sera facultative.
Cette puce pourra être lue par « des dispositifs diffusés dans le commerce et raccordés à un ordinateur ». Elle s’activera au moyen d’un code PIN. Ce lecteur sera-t-il offert par l’Etat aux Français avec leur carte d’identité électronique, comme c’est le cas en Allemagne, ou faudra-t-il que les gens l’achètent, comme en Belgique ? « La question n’est pas encore tranchée », estime un spécialiste du secteur.

Des cartes à 12 millions d’euros

La fabrication de la carte d’identité numérique devrait représenter pour l’Etat un surcoût de 12 millions d’euros par an, par rapport à la somme dépensée pour les cartes actuelles. Alors que les cartes plastifiées qui se trouvent dans nos portefeuilles coûtent 4 à 5 euros pièce, les cartes biométriques reviendraient de 7 à 8 euros, selon le ministère de l’Intérieur, tandis que 6,2 millions de cartes d’identité nouvelles sont éditées chaque année.

L’Imprimerie nationale est la seule habilitée à fabriquer les pièces d’identité en France et assure « être prête, avoir tout anticipé ». L’Imprimerie nationale se fournit en composants (puces électroniques, logiciels) auprès des grands leaders du secteurs, les Français Gemalto, Oberthur Technologies ou Morpho (Safran), mais aussi de la petite société Smart Packaging Solutions (SPS).

Des Français dans les starting-blocks pour un important marché, laissant suspecter une activité de lobbying. « Il y a derrière cette loi une énorme campagne de lobbying de la part du groupement professionnel des industries de composants et de systèmes électroniques (Gixel), et en particulier de Morpho », estime le journaliste d’Owni.fr Jean-Marc Manach. « Il s’agit de défendre une industrie française… C’est qu’une histoire de gros sous », lance-t-il.

Lors de l’élaboration de la loi, huit entreprises ont été auditionnées au Sénat via le Gixel : Morpho, Gemalto, l’Imprimerie nationale, Inside Secure, Oberthur, SPS Technologies, ST Microelectronics et Thales.

Co-auteur de la proposition de loi, le sénateur Jean-René Lecerf avoue même « un petit problème éthique » à propos du fichier central biométrique qui accompagne la modernisation de la carte d’identité. Pour la création du fichier, tel qu’il est décrit dans la version de la loi adoptée au Sénat, « seule l’entreprise Morpho est capable de le créer », pointe le sénateur.

Les mairies réclament « une compensation »

Reste que les mairies réclament « une juste compensation » pour la mise en place de cette nouvelle carte nationale d’identité. « Les missions des services état-civil des mairies ne sont pas extensibles à l’infini », souligne l’association des Maires de grandes villes de France (AMGVF).

Le texte, « assorti d’aucune étude d’impact, ne prévoit aucune compensation financière notamment pour les grandes villes qui seront chargées d’instruire les nouveaux titres pour le compte des communes limitrophes », ajoute l’association.

Les versions de la proposition de loi adoptées par le Sénat et par l’Assemblée n’étant pas analogues, il faudra que soit désignée une commission mixte paritaire (CMP) pour établir un texte de compromis. Celle-ci ne sera probablement désignée qu’au cours de la prochaine session parlementaire, à la rentrée.

La Ligue des droits de l’Homme a déjà annoncé au Nouvel Observateur sa volonté de « déposer un recours devant le Conseil d’Etat et de saisir la Cnil » dès que la loi sera votée.

Boris Manenti pour Le Nouvel Observateur, 7 juillet 2011

juillet 1st, 2011 by admin

Le communiqué du 29 juin 2011 des Alternatifs de Bretagne, à l’instar des mouvements lillois, nous explique pourquoi il nous faut refuser le puçage des voyageurs des transports en commun : traçabilité, discriminations, fichage, commercialisation…

Le communiqué en pdf : alternatifs_cp28062011