juin 30th, 2011 by admin

juin 29th, 2011 by admin

Jour après jour, le progrès avance tel un rouleau compresseur sur nos vies. L’injonction à être toujours plus mobile impose de passer chaque jour de plus en plus de temps dans les transports pour aller travailler ou pointer à Pôle Emploi. Les centres-villes sont devenus musées. Les individus acculés à vivre toujours plus loin des lieux d’activité.

Pour les gestionnaires qui manipulent ce monde, les espaces ne sont que réseaux qu’il est nécessaire de fluidifier pour satisfaire le Dieu Profit. C’est sous ce prétexte que la région Nord-Pas de Calais et les différentes communautés de communes, ainsi que la SNCF et Transpole à Lille, instaurent de nouveaux titres de transport : la carte PassPass. Derrière cette volonté de gestionnaire, se cache un fichage généralisé de la population. Les nouvelles cartes contiennent une quantité impressionnante de données personnelles. À chaque entrée dans les transports en commun, ou location d’un vélo ou voiture en libre service, l’obligation de « badger » permet d’inscrire dans une base de données énorme les allées et venues de l’ensemble de la population.

Quick et Planck sont nos deux bras cassés de la traçabilité.

Conseiller régional chargé des transports, Planck est responsable de la mise en place d’une « billetique » commune dans le Nord-Pas de Calais. L’utilisation de cartes RFID dans les TER et la volonté d’étendre le dispositif à tous les transports en commun de la région, c’est lui. Élu Vert connu pour son opposition aux OGM et au nucléaire, le progrès technoscientifique semble moins l’inquiéter lorsqu’il en est un instigateur.

Vice-président chargé des Transports à la Communauté Urbaine de Lille, Quick est l’initiateur de la carte PassPass lilloise. « C’est pas moi, c’est la Région » répète-t-il à l’envie lorsqu’il est pris à partie sur le fichage généralisé qu’il met en place.

Voici les premières aventures de Quick & Planck, le duo Vert burlesque du fichage tranquille.

La version pdf : Quiquetplancke

juin 24th, 2011 by admin

Refusons d’être pucés comme du bétail

Non à la carte à puce « Korrigo »

Le Collectif brestois anti-sécuritaire (ex collectif 29 contre la loi Loppsi 2) souhaite alerter la population et interpeller les élus sur les risques liberticides et discriminatoires concernant le projet de BMO et de Kéolis de mettre en place un système de billettique utilisant des cartes à puces RFID dans le réseau des transports de la communauté urbaine de Brest.

Les puces RFID sont de minuscules étiquettes électroniques lisibles à distance. Elles sont de plus en plus utilisées pour tracer les produits de consommation et les animaux. Utilisées par les opérateurs de transport public, les puces RFID peuvent contenir des données personnelles rattachées au nom de l’abonné (nom, prénom, adresse, mail, numéro de téléphone, photo….). Avec l’utilisation de cartes nominatives, la date, l’heure et le lieu des trois dernières validations (qui, quand, où) des usagers seront enregistrées en temps réel par Kéolis.

L’utilisation de la carte à puce nominative porte atteinte au principe d’aller et venir anonymement. Même à jour d’abonnement, l’usager aura désormais l’obligation de « valider » son titre de transport devant les bornes de contact lors de chaque trajet sous peine d’amende. Porter atteinte à sa propre vie privée devrait t-il être demain la règle à Brest pour les usagers des transports publics ?

Pratiques douteuses

Si aujourd’hui les opérateurs de transport public proposent aux usagers des cartes anonymes, le Collectif brestois anti-sécuritaire note que dans la pratique tout est fait pour inciter les usagers à  souscrire à un abonnement nominatif permettant le traçage des voyageurs. A plusieurs reprises la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) a mis en avant les pratiques douteuses des opérateurs de transport en commun en ce qui concerne la vente de cartes de transport munies de puce RFID : manque d’information sur les passes anonymes, absence de véritable choix pour l’usager entre des déplacements anonymes ou nominatifs, instauration d’un coût supplémentaire pour obtenir un titre de transport anonyme.

Dans son avertissement adressé à Kéolis Rennes (STAR) en janvier 2009, la CNIL a constaté que de 2006 à 2008, « 53 passes anonymes ont été vendus pour 186 650 passes nominatifs »  et que « pour un utilisateur régulier, le passe anonyme revient donc, selon son âge, entre 2,5 et 4 fois le prix d’un abonnement nominatif » !

Discriminations tarifaires

Le Collectif brestois anti-sécuritaire trouve inadmissible que les usagers bénéficiant de tarifs réduits et sociaux (étudiants, retraités, chômeurs…) soient demain contraints d’acheter un passe nominatif pour conserver leur avantage tarifaire. Par ailleurs, les salariés bénéficiant d’un remboursement intégral ou partiel de leur titre de transport par leur employeur seront contraints à l’acquisition d’un passe nominatif. Pour conserver leur droit à se déplacer anonymement, ces catégories d’usagers n’auront pas d’autre choix que de renoncer à leur avantage tarifaire et devront payer leur titre de transport plein pot ! L’impossibilité pour l’usager de souscrire un abonnement anonyme avec un titre hebdomadaire, mensuel ou annuel apparait contradictoire avec la liberté de choix.

Un traçage régional en perspective

En Bretagne, les cartes à puces RFID devraient être mises en place à Quimper fin 2011, à Lorient et à Brest courant 2012. Les villes de Saint-Malo, Vannes et Saint-Brieuc réfléchissent à la mise en place de ce système debillettique. L’objectif à terme pour les collectivités territoriales et Kéolis est de pucer les cartes de transport pour toute la région : bus, tram, métro, TER. La Bretagne, désormais le laboratoire de l’acceptation de la société de surveillance généralisée ?

Le Collectif brestois antisécuritaire

Contact : antisecuritaire[point]brest[Arobaz]gmail[point]com

juin 21st, 2011 by admin

La Clownesque Agence de Contrôle 40 (CAC 40) est allée prêter main forte à Lille Métropole dans sa difficile entreprise de puçage de la population : opérations de contrôle, dissémination de puces dans l’environnement, circulation routinière, nous pouvons désormais compter sur eux pour mettre de l’Ordre dans le foutoir urbain. Honnêtes citoyens, vous pouvez dormir tranquilles, la CAC 40 veille sur vous. Voici leur compte-rendu.

Nous avons debuté l’action à 8H30. Josie et pupuce, son chien, sont allés au contact de l’accueil de LMCU, pour demander de l’eau pour pupuce. En echange du service, Josie a offert un bouquet de fleurs à l’accueil, une manière pour les clowns de se présenter.

Puis les clowns (huit en tout) se sont dirigés au pas vers le parvis de LMCU pour y faire un contôle des puces, au cri de « Puces adroite », « Les puces partout, les tiques est là », armés de leur plumeau et autres balayettes, nous avons sondé les fonctionnaires et vérifier qu’ils et elles étaient bien équipés de puces.


Les chefs de la sécurité nous on vite précisé leur territoire de surveillance et nous ont autorisé à poursuivre notre contôle, sans oublier d’appeler des renforts, pour nous aider. Nous vimes arriver la police, les clowns bleus, qui eux aussi nous ont reprecisé à nouveau notre zone de surveillance. Avant de quitter notre zone, nous avons tapissé la zone de puces au sol (confettis), afin que ces dernières se greffent aux chaussures des passants. Mieux vaut plus de puces que pas de puces. Prudence, tous ne veulent peut être pas être pucés.


Nous avons régulé la circulation et informés les automobilistes. Nous vimes alors arriver, le responsable de la billethique, M.Éric Quiquet, que nous avons tout de suite escorté sur le parvis LMCU. Ce fût un grand honneur pour la CAC40 d’escorter le grand chef des puces. Il nous a dit : « Il faut aller aussi au Conseil Régional, c’est eux qui ont commencé ». Il y aurait d’autres chefs des puces au Conseil Régional, les responsables des puces se refillent la puce brûlante, vont-ils lâcher les puces ? Des puces partout, les tiques (l’ethique) est la !


Nous encourageons les chefs des puces de LMCU et du Conseil Régional à continuer la puce en avant. Merci à nos collégues d’avoir contrôlé avec nous. Nous nous tenons prêts à leur coté pour des missions vigie puce, et la création d’une policetiques.


Statistiques bio métriques :

- un bouquet offert à l’accueil de LMCU par Josie alias trompettte et son chien pupuce assoiffé ;

- des milliers de puces collantes au sol déversés sur le parvis ;

- un contrôle d’identité des clowns bleus ; - des petits billets d’informations distribués ;

- des tas de sourires…

Extrait du billet d’information

Avis à la population-pucée-ou non. Nous, membres de la Clownesque Agence Confidentielle pour la promotion des puces, agissons pour votre bonne heure, et ce afin de vous rendre le contrôle plus facile. Marre des puces qui n’en font qu’à leurs pattes ? Nous rendons plus efficace encore l’inspection des puces que vous transportez chaque jour en inventant une seule et unique grande Puce (vraiment pas plus grosse qu’une carte de transpi-transport).

En effet, grâce à ses recherches effrénées concernant la puce et ses habitudes alimentaires, notre grand chercheur attitré Pusteur a su mettre au point une nouvelle génération de puces à injection invisible, directe et sous cul-t’à-nez, permettant l’éradication indolore et définitive des puces mutantes et divers sacs à puces qui avaient encore le loisir de se multiplier à folle allure ces derniers temps.

En guise de « Stop aux invasions massives et indomptables ! », la Clownesque Agence de Contrôle viendra ce jeudi 26 mai de l’an 11 à la rencontre du représentant du Royaume Féodal de l’Identification Dictatoriale, afin de pouvoir mettre en place le projet « libère te ».

Nous proposerons pour l’occasion une ou des monstrations de notre portique vérificationnel à technologie hautement libre, ainsi que des exemples de l’efficacité de nos (hein?) plantations puciales.

Nous serons munis de toutes les armes de désinfection dérisionnelles nécessaires (aspirateurs de cerveaux, charlottes pour gants, masques à gaz hilarants..) et sommes prêts à vous prouver que nos propos ne sont pas zozés mais bel et bien sérieux.

Préparez-vous, chers citoyens, car « le monde appartient à ceux qui se pucent tôt » (Calypso dite Kalups ?, « celle qui dissimule » , extrait de la conférence de l’Odyssée, 8ème siècle av.J-C).

La Clownesque Agence de Contrôle

juin 17th, 2011 by admin

Ce tract a été distribué aux spectateurs-machines de l’édition 2011 de Roland-Garros.

Il est lisible ici : Roland-Garros_dans_les_filets_d_IBM

juin 1st, 2011 by admin

Dans les médias, l’abondance de faits divers scabreux répond d’elle-même à ceux qui se poseraient encore des questions sur l’utilité des caméras de surveillance. À écouter nos élu-es, aucun n’en est « fan », mais tous s’y mettent. C’est le cas à Lille où le conseil municipal, tapi dans l’ombre, est en train d’installer des globes high tech à vision 360°.

La gôche, comme à son habitude, court après la droite et son extrême sœur. « La sécurité est un droit fondamental » [1], assenait en septembre dernier Mme Aubry, en pleine préparation pour 2012 [2]. Ça tombe bien. Claude Guéant, ministre de l’Intérieur de la République bien française, veut 45 000 caméras sur tout son territoire d’ici la fin de l’année. Et finance jusqu’à 40 % les nouvelles installations.

Un flic dans le dos

Vous ne le saviez peut-être pas mais Lille dispose déjà de 4500 œilletons, dont 2500 dans ses transports collectifs : «  Nous sommes pour la vidéosurveillance là où elle est utile. Dans les lieux clos, les caméras ont un véritable sens. Il est aussi intéressant d’en mettre pour résoudre des trafics comme à la Cité Lys à Fives ou rue Jules Guesde à Wazemmes ». Ça y est, Mme Aubry lâche le morceau, et en profite pour stigmatiser les quartiers populaires et justifier ses reconquêtes urbaines [3].

Depuis, petit à petit, des caméras fleurissent pour surveiller l’espace « public ». On en a repéré une huitaine pour l’instant. Elles se sont installées insidieusement place de la République, au parc Lebas, rue de Douai ou rue Vaucanson à Fives, pour surveiller le campement de Roms. Aucun mot nulle part, aucune trace de décision sur le site de la mairie, débrouillez-vous avec ça, baissez la tête et retournez au boulot, la mairie s’occupe de vous.

C’est que Lille devait rattraper son pseudo-retard sécuritaire. Les maires étiquetés « socialistes » de Grenoble, Lyon, Evry ou Paris s’y sont mis sans chichis. Idem dans la métropole à Roubaix, Wattrelos ou Hem, tannées par les villes bourgeoises de Bondues ou Marcq-en-Baroeul dirigées par des élus qui ne se cachent pas d’être de droite.

On vit une époque dangereuse

C’est à grands renforts de faits divers grotesques que la peur s’installe via son bras armé médiatique. La Voix du Nord, porte-parole officiel des victimes et des petites-gens-honnêtes-qui-n’ont-rien-à-se-reprocher, ne laisse pas passer une semaine sans rappeler qu’il existe un « débat » sur cette « vidéo-protection » qui, malgré tout, résout bien des affaires.

Voyez plutôt : « La benne à végétaux de Lambersart a été vandalisée » ! Son maire UMP M. Daubresse rappelle l’importance de surveiller ses ouailles. A Verlinghem (2300 habitants), « la baie vitrée de l’école Gutenberg a été récemment détériorée par un jet de caillou ». Le maire a fait installer douze caméras pour surveiller « les axes stratégiques ». La Voix se souvient, et c’est bien la seule, « de dégradations sur le monument aux morts, d’effraction dans l’église, de tags sur la mairie, de bris de projecteurs sur la fontaine, de vol de décorations de Noël… » dans la commune de Saint-Laurent-Blangy, près de Valenciennes. Le maire a fait installer huit caméras à 360°. La commune de Lambres-lez-Douai (5200 habitants) s’y est finalement « convertie » fin 2010 pour empêcher les « intrusions » dans le stade de foot et protéger le cimetière des vols de « fleurs, potées et métaux ». Le maire de Roost-Warendin, près de Douai, en a marre « des bouteilles éclatées contre le château, des poubelles arrachées, des tags… » Il installe pour 70 000 euros de caméras.

Bien sûr, La Voix n’oublie pas de voler au secours du grand comme du petit commerce. Ainsi en est-il du quartier Blanc Riez à Wattignies. En pleine reconquête commerciale, il s’agit de le vidéo-protéger des barbares qui terrorisent les mamies et mangent les enfants. À Lens, on s’équipe dare-dare avant l’arrivée des zombies venus consommer le musée du Louvre.

En cette année 2011, à Lille comme partout dans la région, l’offensive est lancée. Brice Hortefeux est venu en personne inaugurer le tout nouveau «  Centre de supervision urbaine » de Marcq-en-Baroeul. Et si pour les élus de gauche, comme à Hem, « on n’est pas des forcenés de la vidéoprotection », tout le monde s’y met, presque à contrecœur. La vie d’élu, ma bonne dame, c’est pas drôle tous les jours…

La Brique n°28, mai-juin 2011

Notes

* Vérification faite, le conseil municipal du 17 février a voté à l’unanimité – socialistes, communistes, et bien sûr verts – le lancement d’un appel d’offre pour un marché de vidéo-surveillance, note de hors-sol.

[1] Entendre : la sécurité des petits propriétaires, des bourgeois, des consommateurs, des touristes, du petit commerce, etc. Pas la sécurité face à la misère, l’exploitation ou la police.

[2] Allusion concernant non pas « Les J.O. » mais « Les élections présidentielles ».

[3] À propos de Fives et la Cité Lys, lisez La Brique n° 24.