mai 25th, 2011 by admin

RFID : police totale

D’ici fin 2011 Quimper communauté voudrait équiper ses transports en commun de la carte korrigo. Ce que personne ne dit, c’est que cette carte korrigo est équipée du système à puce RFID (radio frequency identification), véritable traçage des personnes. Les responsables de ce projet justifient la mise en service de cette carte avec des pseudo-arguments concernant les tarifs, les statistiques, l’interopérabilité avec la SNCF et le besoin d’être moderne. Tout cela se fait au mépris des libertés individuelles : liberté de se déplacer anonymement, liberté de ne pas être considéré comme un fichier exploitable. Les puces RFID ouvrent la porte d’un système totalitaire où l’individu serait contrôlé dans ces moindres mouvements.

Des transports communs gratuits, un barrage à cette dérive sécuritaire ? Oui, considérant que la gratuité rend inutile l’utilisation de quelque carte que ce soit. Toute personne a droit à une liberté de déplacement et à l’anonymat. Qui sera le garant de nos libertés lorsque nos trajets seront entre les mains d’une société privée ? Les responsables de tout cela devront répondre à toutes ces questions.

Pour plus d’informations sur les puces RFID, le collectif FAUT PAS PUCER vous invite à venir regarder le film :

RFID : LA POLICE TOTALE et à en discuter
le jeudi 26 mai aux halles St François à 20h30
Premiers signataires : AC, CNT, CRABES, LDH, NPA, PG

mai 19th, 2011 by admin

Le 1er avril, nous étions une vingtaine à nous rendre au Conseil de communauté de Lille Métropole pour dire tout le mal que nous pensons des projets de puçage et de fichage organisés par LMCU. Nous avons déployé deux banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Vidéosurveillance et puces RFID nous rendent nerveux » et « RFID : la nouvelle police totale ».

Mme Aubry, présidente de LMCU, nous a d’abord demandé de retirer les banderoles. Ce que nous n’avons pas fait. Avant de nous rappeler à sa réalité : « Vous êtes dans une instance démocratique, vous avez le droit de vous exprimer silencieusement ». Deux banderoles, c’en était déjà trop pour cette instance démocratique. La séance a été suspendue et nous avons plié bagage à l’arrivée des flics, refusant les propositions de rendez-vous par le dir-cab’ d’Aubry, et ne répondant pas aux provocations de Stanislas Dendievel, élu au Grand Projet Urbain, qui nous a dit que nos méthodes étaient dignes du Front National.

La vidéo du Conseil est ici : http://www.lillemetropole.fr/index.php?p=495&art_id=19478

Nous avons eu raison de venir saboter l’exercice de leur démocratie car ce jour-là, LMCU a renouvelé sa participation aux projets technologiques portés par EuraRFID en leur accordant une subvention de 173 910 €. Elle porte notamment sur le projet U-City, traduction de « Ville Ubiquitaire », qui vise à pucer l’ensemble de l’espace public.

La délibération : subvention 2011 EuraRFID-LMCU

Le projet de carte de vie quotidienne : Lille XXL

mai 18th, 2011 by admin

Cette année, l’entreprise Roland-Garros va transformer tous ses clients en hommes-machines communicantes pour leur faire profiter au mieux du spectacle offert par d’autres hommes-machines. Tous les spectateurs seront équipés de badges RFID nominatifs vendus par IBM. Fruit d’un partenariat technologique de longue date avec la société évènementielle, lBM nous donne un avant-goût de sa planète intelligente, de son meilleur des mondes.

Pour la grosse machine à spectacle qu’est Roland-Garros, la technologie RFID est présentée comme un moyen de lutter contre les « parasites » du « marché noir », réduire « le temps d’attente aux portes du stade », « contrôler et maîtriser la destination finale de ses billets »1(sic), et offrir « des informations ciblées personnalisées et à la demande »2 . Roland Garros : « une vitrine technologique live pour IBM », partenaire de tous les mauvais coups.

Avec IBM, le monde de demain nous est servi sur un graphique

Depuis 1987, International Business Machines propose des « solutions technologiques » à Roland-Garros : « les statistiques, les scores, la vitesse de la balle, la production graphique télévisuelle, etc. »

Entre autres services, en 2009 IBM offre aux internautes le Visual Match. Reproduits statistiquement, ils peuvent désormais revivre « les balles de break, les fautes directes, le gagnant, les double fautes, les aces, et bien sûr le vainqueur de chaque jeu » sur un graphique. Palpitant !

Clairvoyant, IBM rappelle que « l’amélioration de la performance est un défi constant pour les sportifs ». L’entreprise met donc son savoir-faire technologique à disposition des champions. Leur DVD IBM Match Analysis s’appuie sur « les statistiques, les résultats et la vidéo des matchs pour devenir un véritable outil de pilotage [sic] et d’aide à la performance. À l’aide de capteurs installés tout autour du court, des données sont collectées qui sont transmises, archivées et analysées grâce à la technologie IBM. » Trop puissant !

Et puis, l’immanquable : « Depuis trois ans, les constantes évolutions technologiques utilisées pour Roland-Garros représentent ainsi une réduction de 40% de la consommation énergétique liée à l’exploitation du système d’information et de 48% de la charge de refroidissement. »3 On est sauvés !

Tous dans leurs filets

En 2005, IBM apporte les RFID dans les boutiques Roland-Garros : « gestion automatique d’inventaire, [...] intégration avec le point de vente pour accélérer le passage en caisse. » La même année, la RFID et le Wifi permettent de maximiser le taux d’utilisation des places en loges et de localiser les invités pour mieux les téléguider : « Le nombre de places s’affichera de manière dynamique sur les smart phones utilisés par les hôtesses. »

En 2009, IBM puce tous ses invités pour un Technology Tour : « ce badge permet de les identifier en quelques secondes à chaque point d’accès. » En disposant partout dans le stade des bornes communicantes, les badges « délivrent aux invités d’IBM des informations immédiatement disponibles quel que soit l’endroit où ils se trouvent. »

Et cette année donc, IBM et Roland-Garros généralisent le puçage à tous les spectateurs pour les identifier en temps réel (ne serait-ce que par un numéro), contrôler les accès, gérer les flux et l’occupation des places, ou « faire du marketing plus intelligent ». Un univers concentrationnaire pour vous offrir le plus grand des divertissements.

Sport et nouvelles technologies, même combat

A ce stade ( !), vous nous demanderez sûrement : « Mais qu’est-ce qu’on en a à foutre de Roland-Garros ? » Et vous aurez raison. Sauf qu’avec les militaires, les sportifs sont souvent les premiers cobayes des nouvelles technologies. Et ce n’est pas sans raisons.

Drogues, textiles innovants, psychotechniques de coaching, appareils de mesure divers font du sportif une « sorte de machine », selon Jacques Ellul, faite « pour obéir aux règles strictes, à l’efficacité, aux temps records, et l’entrainement fait de cet homme un appareil efficace, ignorant désormais autre chose que le joie dure de vaincre et d’exploiter son corps. »

Mais selon l’auteur de La Technique, « le plus important n’est pas la formation de quelques spécialistes, c’est le fait que cette mentalité s’étend à de grandes masses. » D’après lui, si les pays les plus avancés techniquement et les gouvernements dictatoriaux ont glorifié le sport, c’est qu’il est « un facteur de massification, en même temps que de discipline. » Il poursuit : « Le sport prend ainsi l’exacte suite du travail mécanisé. [...] Lorsque l’homme quitte son travail, [il] retrouve dans le sport le même esprit, les mêmes critères, la même morale, les mêmes gestes, les mêmes objectifs […] qu’il avait à peine quittées en sortant de l’usine ou du bureau. »4 . Chef, nos corps et nos esprits sont à votre service, même le week-end !

Avec un événement comme Roland-Garros, IBM fait la démonstration de sa prétention – si ce n’est de sa capacité – à transformer les humains et les marchandises en bits informatiques que l’on peut identifier et traçabiliser à distance ; à gérer et contrôler les foules jusqu’aux individus noyés dans la masse ; à augmenter les capacités physiques et psychologiques de l’homme pour l’élever au stade de l’esclave robotisé par un univers-machine. Autant d’arrogances toutes prêtes à s’appliquer dans les transports en commun et les services collectifs, les grandes entreprises et administrations, l’espace « public » des technopoles, et jusqu’à notre salon.

Que les nouvelles technologies s’associent au sport n’est donc pas anodin. Mais cette alliance ne nous fait pas peur, elle nous permet d’identifier nos chaînes, ses mécanismes et ses auteurs.

Hors-sol, le 18 mai 2011

hors-sol.herbesfolles.org

1 : Roland-Garros lance une billetterie nominative pour lutter contre le marché noir sur lemonde.fr le 17 mai 2011.

2 : Séminaire du 1er juillet 2005 à l’École de Paris du Management par Alain Bernard, directeur Marketing d’IBM France, et Alex Loth de la Fédération Française de Tennis. Le pdf ici : Les coulisses technologiques de Roland-Garros

3 : Dossier de presse de 2009. Le pdf ici : Roland-Garros et IBM : du jeu à l’enjeu

4 : Jacques Ellul, La Technique ou l’enjeu du siècle, édition revue et complétée de 1960, rééditée en 1990 par Economica.

Le texte en format pdf : Roland-Garros et IBM : le spectacle des homme-machines

mai 12th, 2011 by admin

Difficile de rater tous ces panneaux publicitaires (des centaines ? des milliers ?) pour la nouvelle carte à puce RFID qui ne dit pas son vrai nom. Mais qui sera bien pour emprunter les futurs 2 000 V’Lille, le TER, le métro, etc. LMCU met donc le paquet, des couloirs de métro jusqu’à chaque coin de rue, et rappelle au cas où que la rue, c’est elle.

De son côté La Voix du Nord, gentil toutou, relaie le discours officiel de son maî-maître Dominique Plancke, atteint de gestionnite aigüe. In the text :

La carte « Pass Pass », un sésame pour les adeptes du TER Valenciennes-Lille

Les voyages en TER de Valenciennes à Lille prendront des allures de train-train parisien. …

D’ici quelques mois, ils troqueront leur coupon d’abonnement en papier pour le nouveau « Pass-Pass », une carte à puce unique (inspirée de la carte Navigo en Ile-de-France). Une nouveauté qui ne fait pas l’unanimité dans le Valenciennois.

« Moi je n’ai pas envie de biper ma carte de transport tous les jours avant de monter dans le train », lance un usager du TER Valenciennes-Lille. Pourtant, il va bien falloir qu’il s’y fasse. La carte d’abonnement en papier va disparaître. Le « Pass Pass », une carte à puce multiréseau va arriver dans la région. Les responsables de la SNCF et du Conseil régional ont justement entamé un comité de ligne hier, à la salle Pierre Richard de Valenciennes, pour expliquer le pourquoi du comment de cette transformation. Pour eux, les avantages sont multiples. Les usagers vont pouvoir cumuler les abonnements sur les réseaux Tadao, Tranpole, Arc en Ciel et Evéole… Une façon plus pratique de voyager, surtout lorsque les usagers Valenciennois travaillent à Lille.

Tout se fera en douceur. Le mois prochain la carte « Pass Pass » va s’étendre progressivement aux usagers du Pass Régional Fideli’TER. En septembre 2011, les abonnés du Pass Régional TER’Etude pourront à leur tour en bénéficier. En octobre, la nouvelle carte sera généralisée à tous les abonnés.

« Mais pourquoi biper sa carte alors que l’accès aux quais n’est pas, comme à Paris, séparé par des barrières », ajoute un autre usager… Dominique Plancke, le président de la commission transports au Conseil régional l’affirme : « Le fait de biper avant l’accès aux trains permettra de déterminer le volume de déplacement dans chaque gare. » Il s’agira aussi, pour les entreprises des différents réseaux de transports concernés, de mieux répartir les recettes au moment du décompte.

La Voix du Nord, le 8 mai 2011

mai 12th, 2011 by admin

Alex Türk, président de la CNIL, répond à Nord Eclair


Vous pointez les risques du développement exponentiel de la géolocalisation, notamment via les smartphones. Pourquoi ?

Leur potentiel est énorme. Les smartphones sont de véritables bombes informatiques. Et nous n’en sommes qu’aux prémisses. Dans les années 80, on est passé à l’ordinateur individuel. Dans les années 90, on a assisté à l’interconnexion généralisée des systèmes. Aujourd’hui, nous sommes face à un nouvel éclatement. On va finir par regretter Big Brother. Avec lui, au moins, on avait un avantage : il restait le droit à l’insurrection. Mais avec les « nanobrothers » ce sont des millions de systèmes qui se diffusent, de manière métastatique. Le maillage de ces multiples réseaux sera d’autant plus dur à combattre que l’on ne saura plus qui les gouverne. Et lorsqu’on saura tous tout sur tout le monde, on ira vers un système de clonage mental, de lissage de l’opinion. C’est ahurissant de voir que, d’un côté, des peuples se battent pour leur liberté, et nous, nous sommes en train de filer vers une société où l’on ne pourra plus exercer cette liberté. On ne doit pas accepter de réduire notre liberté, même de cette manière « douce », alors que les générations précédentes ont dû prendre les armes pour la défendre ou la conquérir.

La RFID (radio frequency identification), qui permet la géolocalisation, sera utilisée pour les futures cartes de transports. À Lille, un collectif dénonce cette technologie, évoquant « Big Brother ». Quelle est votre position ?

Je ne suis pas ce dossier de manière personnelle, à la Cnil. Pour ce que j’en sais, il y a eu de nombreuses réunions. Les choses sont cadrées juridiquement. Je peux même dire qu’il y a eu plus d’efforts en ce sens ici que dans d’autres villes en France. Éric Quiquet, avec qui je ne partage pas les mêmes idées, est venu vers la Cnil pour s’assurer de la validité du système. Il y a deux dangers à éviter. D’une part, leur politisation. Ce serait tellement facile s’il y avait des technologies « de droite » et des technologies « de gauche ». Mais ce n’est pas le cas. La vidéosurveillance, par exemple, n’est ni de droite ni de gauche. L’autre danger, c’est l’extrémisme. J’ai participé, à Lille, à un débat sur les nanotechnologies. Je suis très critique face aux nanotechnologies et j’étais venu pour le dire. Mais 40 énergumènes sont intervenus dans le débat, et il est devenu impossible d’échanger. Paradoxalement, ce sont souvent les membres de ces associations qui vont le plus loin sur les réseaux sociaux, alors…

Nord Eclair, le 16 avril 2011

Hors-sol, site contre les RFID et le meilleur des mondes, répond aux questions de Nord Eclair

Vous pointez les risques du développement exponentiel de la géolocalisation, notamment via les smartphones. Pourquoi ?

Tout d’abord, Hors-sol ne pointe ni les risques ni les dangers. Hors-sol pointe un état de fait : la société de contrôle et de surveillance, nous y sommes. Depuis au moins Hiroshima, nous savons que ce qui peut être fait par la technologie, le sera. Ce que permet une technologie devient obligatoire. En ce sens, nous nous opposons complètement à la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés qui passe son temps à sermonner les utilisateurs de nouvelles technologies sur leur reponsabilité individuelle, à réclamer plus de pédagogie, à dénoncer de prétendus « usages abusifs » ou de « dérives ». Il faut bien comprendre le petit jeu de cette grosse Commission (ou plutôt l’inverse, c’était juste pour la vanne). Elle se cache de plus en plus derrière une rhétorique d’apparence contestataire, avec des mots compliqués et qui font peur comme « métastatiques », voire des « droit à l’insurrection » et des « prendre les armes », pour nous la mettre à l’envers. La CNIL et sa puissance de feu équivalent à deux stylos Bic, en même temps qu’elle fait mine de s’attaquer à cette machine de guerre qu’est Google, autorise sans broncher le pass transport de Lille Métropole, son fichage de la populaation, son traçage, son échange de fichiers de fraudeurs, etc, comme elle l’a fait avec Navigo. Le technototalitarisme s’organise au pas de sa porte (de Marcq-en-Baroeul), et Türk regarde de l’autre côté de l’océan.

La RFID (radio frequency identification), qui permet la géolocalisation, sera utilisée pour les futures cartes de transports. À Lille, un collectif dénonce cette technologie, évoquant « Big Brother ». Quelle est votre position ?

Oui, vous avez bien suivi. C’est ce qu’on vient de dire à l’instant. Hors-sol souhaite en finir avec les RFID et toutes les techniques d’identification, de fichage, de traçabilité utilisées par le pouvoir (ici : LMCU). Nous ne voyons aucun prétendu « bon » usage à ces technologies, quand bien même des artistes, à la Gaité Lyrique à Paris ou à la Gare Saint Sauveur de Lille, nous les présenteraient sous un jour ludique, qui n’est pas l’usage pour lequel elles ont été développées. Une technique porte en elle son usage. Les RFID servent à identifier, contrôler et traçabiliser. C’est pour ça qu’elles ont été créées, et que Lille Métropole les utilise. Comme disait Jacques Ellul, « l’homme est placé devant un choix exclusif, utiliser la technique comme elle doit l’être selon les rêgles techniques, ou ne pas l’utiliser du tout ». Nous asspirons à la seconde option.

Ce qui nous fait penser d’ailleurs que, pour une fois, nous nous rapprochons d’Alex Türk quand il dit que les technologies ne sont « ni de droite ni de gauche ». Cette réalité – qui en rappelle une autre ! – dit que la technologie ne connait ni la morale, ni la politique, ni la dialectique. Pour reprendre Ellul, de la même manière que 4 est supérieur à 3, c’est indiscutable, « il n’y a pas de choix entre deux méthodes techniques : l’une s’impose fatalement parce que ses résultats se comptent, se mesurent, se voient et sont indiscutables ». Si le pass RFID est plus pratique que le ticket en papier, il n’y a pas à discuter ! De la même manière que nous ne pouvons pas discuter de l’envahissement technologique (de l’aveu même d’Alex Türk), nous ne voulons pas discuter avec ses promoteurs. C’est pourquoi nous perturbons tous ces pseudo-débats (de l’aveu même d’Alex Türk, semble-t-il) comme celui sur les nanotechnologies l’an dernier, ou ces pseudo espaces démocratiques comme le 1er avril dernier au Conseil de Communauté de Lille Métropole.

Hors-sol, le 12 mai 2011

Le texte en format pdf : Hors-Sol et Türk face à Nord Eclair