avril 25th, 2011 by admin

Pour une campagne de refus des puces électroniques, dans l’élevage et ailleurs

Ces jours-ci, plu­sieurs éleveurs du Sud-Ouest de l’État fran­çais décla­rent publi­que­ment leur refus d’ins­tal­ler les nou­vel­les bou­cles d’iden­ti­fi­ca­tion électronique à l’oreille de leurs chè­vres et de leurs brebis. Le groupe Faut pas pucer se déclare tota­le­ment soli­daire de leur démar­che et appelle les autres éleveurs à se sous­traire aussi à l’obli­ga­tion légale de « pucer » les ani­maux [1].

Ceux qui mani­fes­te­ront ainsi leur désac­cord avec la loi doi­vent s’atten­dre à des repré­sailles finan­ciè­res ­ baisse des primes qui cons­ti­tuent une part impor­tante de leurs reve­nus ­ et peut-être judi­ciai­res ­ procès, s’ils per­sis­tent. Ils auront donc besoin de sou­tien, maté­riel, moral et poli­ti­que. Le plus grand ser­vice à leur rendre est d’ores-et-déjà de sus­ci­ter, par­tout où cela semble pos­si­ble, des débats sur les rava­ges de l’infor­ma­ti­que dans la société, le tra­vail, la vie per­son­nelle. Par débats, nous enten­dons aussi bien la mise en dis­cus­sion publi­que que le refus ferme des mul­ti­ples contrain­tes bureau­cra­ti­ques qui s’incar­nent dans des dis­po­si­tifs de « haute tech­no­lo­gie » (ici des puces RFID, là des logi­ciels, ailleurs des bornes bio­mé­tri­ques…).

Dans notre bul­le­tin de l’hiver 2011, « Les robots rêvent-ils de mou­tons électriques ? », nous disions : « Un trou­peau équipé de puces électroniques, c’est un trou­peau qui sera géré par ordi­na­teur. Or on ne devient pas berger ou éleveur pour tra­vailler der­rière un écran, ni pour suivre les pro­cé­du­res stan­dard concoc­tées par de pré­ten­dus experts. Du moins, si l’on pense qu’un élevage, ce n’est pas une usine à viande des­ti­née à pro­duire tou­jours plus et plus vite. »

Ce pro­blème ne concerne pas uni­que­ment les éleveurs : un peu par­tout ­ sur les lieux de tra­vail, dans les écoles, les hôpi­taux ­ on auto­ma­tise pour gérer la masse au détri­ment du soin et de l’atten­tion. Dans des mater­ni­tés, on équipe les nou­veaux-nés de bra­ce­lets électroniques dotés de ces mêmes puces ; dans cer­tains établissements sco­lai­res, les élèves munis de leur carte sans contact sont bipés à l’entrée et à la sortie ­ le logi­ciel de « vie sco­laire » envoyant auto­ma­ti­que­ment des aler­tes aux parents pas sms.

De ces inno­va­tions, qui visent à « faire moderne » et à réa­li­ser des gains de pro­duc­ti­vité, les acti­vi­tés sor­tent appau­vries, déna­tu­rées. Et ceux qui les exer­cent sont plus étroitement contrô­lés, leurs com­pé­ten­ces déni­grées. Jusqu’au jour où l’on se retrouve à dire au client / à l’élève / à l’admi­nis­tré / au patient / à la brebis (rayez la men­tion inu­tile) : « je suis désolé mais l’ordi­na­teur ne veut pas. À cela nous répon­dons : je suis désolé, mais je ne veux pas l’ordi­na­teur. »

À cela nous ajou­tons aujourd’hui : déso­lés, mais nous ne vou­lons pas de la tra­ça­bi­lité de tout et de tous comme remède aux patho­lo­gies d’une orga­ni­sa­tion sociale déme­su­rée. Nous reje­tons la pro­duc­tion de masse, qu’il s’agisse de nour­ri­ture ou des mul­ti­ples faux besoins que le capi­ta­lisme indus­triel a créés. S’il est impos­si­ble de garan­tir que la nour­ri­ture pro­duite sur le marché mon­dial ne soit pas du poison, c’est le marché mon­dial qu’il faut remet­tre en cause et non les quel­ques pra­ti­ques agri­co­les qui res­tent jusqu’ici étrangères à la logi­que indus­trielle. S’il paraît impos­si­ble d’avoir confiance dans ce que pro­dui­sent quel­que 900 000 agri­culteurs (un peu plus de 3% de la popu­la­tion active en France), nous ne pen­sons pas qu’il faille contrô­ler plus étroitement ces 3%, mais plutôt qu’une société où si peu de gens s’occu­pent de pro­duire la nour­ri­ture ­ à com­men­cer par la leur ­ ne tient pas debout. Et qu’elle appelle une remise en ques­tion radi­cale.

Bien sûr, il est déli­cat de trans­gres­ser les règle­men­ta­tions édictées par des bureau­cra­ties dont nous sommes pro­fon­dé­ment dépen­dants, d’un point de vue maté­riel. Mais c’est également cette ques­tion de la dépen­dance qui nous inté­resse, dans l’affaire du « puçage » : en Occident de nos jours, nous sommes tous des assis­tés, du patron de PME au béné­fi­ciaire du RSA, de l’agri­culteur au cadre dyna­mi­que, du fonc­tion­naire à l’artiste sub­ven­tionné. Que l’on soit drogué au tra­vail ou pas, notre mode de vie, basé sur la moné­ta­ri­sa­tion de tout, les télé­com­mu­ni­ca­tions à haut débit, l’énergie illi­mi­tée et l’État omni­pré­sent, est en lui-même une forme d’assis­ta­nat géné­ra­lisé.

Nous ne voyons pas quelle dignité et quelle liberté sont com­pa­ti­bles avec cela. À l’heure où la catas­tro­phe nucléaire en cours illus­tre la folie du déve­lop­pe­ment indus­triel, nous pen­sons qu’il est impor­tant de reje­ter avec toute la fer­meté pos­si­ble l’embri­ga­de­ment électronique et le gou­ver­ne­ment des experts.

Nous encou­ra­geons toutes les per­son­nes qui se sen­tent concer­nées par ce rejet à dif­fu­ser lar­ge­ment cet appel, ainsi que les décla­ra­tions d’éleveurs refu­sant de pucer leurs bêtes. Les per­son­nes qui s’enga­gent dans une telle démar­che ne doi­vent pas rester seules face à l’admi­nis­tra­tion et aux ris­ques qu’elles encou­rent. Le refus de pucer impli­que l’orga­ni­sa­tion d’une soli­da­rité, et d’abord d’une soli­da­rité de proxi­mité, entre éleveurs et avec d’autres per­son­nes de leur voi­si­nage. Au-delà de ce niveau local, c’est la dyna­mi­que natio­nale de cette cam­pa­gne qui indi­quera l’oppor­tu­nité, et le moment, pour les refu­seurs, de se ren­contrer afin d’élaborer des pers­pec­ti­ves de lutte plus pré­ci­ses.

Avril 2011, Le groupe Faut pas pucer (cor­res­pon­dance : Le Batz, 81 140 St-Michel-de-Vax, ou faut­pas­pu­cer(arobaz)laposte.net)

Voici la déclaration collective des éleveurs qui refusent le puçage de leurs bêtes : Déclarationéleveurs

Voici des prises de position individuelles d’éleveurs refusant le puçage : prisesdeposition

avril 1st, 2011 by admin

Une vingtaine de militants opposés à la vidéosurveillance et au futur système de carte de transport par « RFID » ont perturbé l’ouverture de séance du conseil de Communauté urbaine de Lille, ce vendredi. Ils ont été évacués rapidement.

Une vingtaine de militants opposés au développement de la vidéosurveillance et au recours à la technologie des « RFID » (Radio Frequency Identification) pour les futures cartes de transports publics ont perturbé l’ouverture de la séance du Conseil de Communauté urbaine de Lille, ce vendredi en début d’après-midi.

Les militants anti-vidéosurveillance se sont engouffrés dans la salle du Conseil pour déployer une banderole sur laquelle on pouvait lire « non aux RFID », et « non à la vidéosurveillance ». Martine Aubry, après leur avoir demandé de quitter les lieux en leur assurant qu’ils seraient reçus ultérieurement, a finalement suspendu la séance pour les faire évacuer.

Des policiers présents sont intervenus et l’évacuation s’est déroulée sans heurt.

Le Conseil de communauté a ensuite pu démarrer.

Nord Eclair, le 1er avril 2011.

avril 1st, 2011 by admin

Une foule de services quotidiens à portée de clic !

(Youpi ! fait le citoyen-internaute, ndlr)

Imaginez une carte qui vous permette :
• de régler la cantine de vos enfants,
• de réserver le centre aéré des prochaines vacances,
• d’emprunter ou réserver un livre à la bibliothèque,
• de payer votre séance de cinéma ou la location d’une salle municipale…

Imaginez encore que, grâce à elle, vous pouvez régler le transport urbain (bus/métro).

Imaginez enfin que cette carte vous permette d’accéder de la même manière aux services (médiathèques, centres culturels, piscines…) des villes partenaires du dispositif.

C’est pour répondre aux attentes quasi-quotidiennes des habitants que la ville d’Halluin travaille actuellement à la création de la Carte de Vie Quotidienne (CVQ). Du même format que celle qui vous permet de retirer de l’argent sur votre compte bancaire ou d’obtenir remises et points de fidélité dans les commerces, la CVQ va vous rendre de nombreux services ! Reliée à un système informatique sécurisé, elle vous permettra même d’effectuer tous vos règlements sur le site internet de la ville.

Le partenariat de Lille Métropole (la communauté urbaine de Lille) et Transpole étendra la liste des services accessibles à l’ensemble des villes qui décideront d’adopter la démarche (Lille, Marcq-en-Baroeul, Lambersart, Faches-Thumesnil, Tourcoing…) et aux transports en commun.

Parce qu’elle vise aussi à limiter les déplacements en voiture et à favoriser les transports en commun, notre démarche s’inscrit dans le respect de l’environnement et le développement durable. Ainsi, la CVQ s’inscrit naturellement dans le cadre de l’agenda 21 de notre ville.

Nous n’en connaissons pas encore toutes les applications. Une étude va démarrer prochainement qui permettra d’inscrire les priorités de développement. Mais nous pouvons d’ores et déjà affirmer qu’elle deviendra rapidement incontournable et s’inscrira dans le paysage halluinois…

27 septembre 2010

http://www.ville-halluin.fr/dossiers/dossiers.php?id_dossier=166