mars 28th, 2011 by admin

Un « porteur de parole » est un jeu d’éducation populaire qui consiste à porter la parole de personnes croisées dans la rue. Une question est posée sur un carton. Ainsi que les différentes réponses déjà apportées par des passants. Ce montage fait de cartons et de marqueurs est un prétexte à la discussion. Le dimanche 6 mars 2011, un groupe de quelques personnes a mis en place ce petit dispositif aux abords du marché de Wazemmes.

La question était la suivante : « Demain, on va vous faciliter la vie quotidienne avec une carte à puces « passe partout » pour gérer nos déplacements et cibler nos besoins. Y ‘a t-il un danger ? »

Les réponses sont multiples et variées. Elles peuvent aller dans tous les sens, parfois farfelues. Et c’est tant mieux. Les voici, signées à chaque fois de l’âge et du prénom de la personne :

« Il y a peut être moyen que ça rende service, mais il y a surtout 100 fois plus de dérives possibles. » Maxime 22 ans

« Il y a danger, mon fils est sur facebook, quand on achète sur internet, ils peuvent repérer les noms et le numéro de carte bancaire. » Marie Brigitte 56 ans

« Les grandes entreprises font de l’argent grâçe à la surveillance. Temps perdu dans les transports = égale économies pour les riches. » Samuel 57 ans

« C’est un danger pour le libre arbitre. Ca peut aussi développer l’intelligence. C’est le problème du totalitarisme. On est dessaisi de notre participation, de notre voix dans la cité. » Jeanne 58 ans

« Restriction des libertés : qui aura accès aux informations collectées par ce système ? » Ouassima 33 ans

« Moi je suis vraiment dégouté que ce soit les verts qui aient appuyé cette saloperie de puce, sous prétexte qu’on prenne plus les transports en communs. » Benoit 36 ans

« Je ne suis pas d’accord pour mettre des puces partout. Je ne suis pas d’accord pour un espionnage autorisé. » Jacques 71 ans

« Si on n’a pas de chéquier ou de carte bleue visa, comment peut on faire son abonnement ? Par exemple pour le téléphone sfr. Le système à puce permettrait de recharger plus facilement son portable même quand les commerces sont fermés. » Thierry 47 ans

« Ils ne nous demandent plus notre avis. Nous ne sommes plus des êtres pensants ! Une forme d’éducation à nous désengager. C’est insidieux. » Jeanne 58 ans

« C’est horrible, des caméras partout…On va arriver dans un régime totalitaire. » Christelle 48 ans

« Avant, on fliquait les criminels, les délinquants, aujourd’hui le citoyen perd ses libertés, c’est un délinquant potentiel, il est culpabilisé. » Paul la cinquantaine

« Quand vous laissez partir une liberté, c’est dix libertés qui partent. » Paul la cinquantaine

« Moi je trouve juste que c’est con ! »  Laurence 31 ans

« Allons-nous tous devenir des salariés Philips avec une puce sous la peau pour passer les contrôles de sécurité ? » Pierre 38 ans

« Je suis suivi(e) donc je suis ! » Assma 27 ans

« Restez vigilant pour ne pas être naïf, parce que ça se met en place insidieusement. Cela me fait penser au livre « Brun Paisn » » Anne 50 ans

« Restez libre dans votre tête ;  Ce que garde un être humain emprisonné, quel qu’il soit :

-       un bâton de rouge à lèvre

-       une recette de cuisine de famille

-       un bon livre

Aline 53 ans »

« Avons-nous vraiment besoin qu’on gère nos déplacements ? …Et quand on me cible (dessin de la cible), j’ai peur. Devons nous devenir transparent pour les autorités et l’économie ? » Ange 40 ans

« L’individu est porteur d’informations, on pourrait tous collaborer comme des fourmis afin que la société de services contente mieux les citoyens. » Alexandre 41 ans.

« C’est le comble ! ! Pendant que les pays arabes font leur révolution pour chasser les dictateurs, la dictature s’installe insidieusement en France avec leurs puces rfid. » Christine 53 ans.

« C’est insidieux, une façon de laisser le pouvoir en place, de ne pas nous laisser parler. C’est de la délation, une atteinte grave à nos libertés. C’est du fascisme. » Cathy 58 ans

« Finalement, ça m’arrange, plus de personnes prendront leur vélo (mais pas le vélib !). » Aurélien 24 ans

« La vraie liberté se situe au delà, c’est la liberté de l’esprit ! Si le corps est entravé, l’esprit aussi ! Pour la plupart des personnes c’est une aliénation, pour les gens qui ne cherchent pas au delà ! » Philippe 43 ans

« Lisez le livre Interface. » Fatiha 49 ans

« Imigratie vin de la romania au fost bine pentru francia. » Patrick 60ans

« On n’a pas le droit à l’oubli, que fait on de ce qui est stocké ? Trop d’informations qu’on ne sait plus gérer. » Sabine 48 ans

« Those who give up essential liberties to purchase temporary safety deserve neither. » Ceux qui abandonnent les libertés essentielles pour le confort d’une sécurité temporaire ne méritent aucun des deux. Benjamin franklin. » Cory 25 ans.

« Plus j’avance dans le temps, moins je me sens libre, c’est le modernisme qui veut ça. Nous, c’est une dictature en silence. Ça m’étouffe… » Nelly 52 ans.

mars 27th, 2011 by admin

Au sens premier depuis le XIIIe siècle, la police est le gouvernement de la cité – gestion et discipline, exercice du pouvoir politique – avant de désigner l’organisation rationnelle de l’ordre public.

Subterfuge & Pièces et Main d’oeuvre

présentent

RFID : la police totale

un film de 28 minutes contre la tyrannie technologique et l’avènement de la société de contrainte.

On peut télécharger ce film sur :

http://hors-sol.herbesfolles.org/wp-content/uploads/police-totale.avi

On peut le commander en DVD, en envoyant un chèque de 5 euros (à l’ordre des Bas-Côtés) aux Bas-Côtés, 59 rue Nicolas Chorier, 38000 Grenoble, en précisant lisiblement sa commande et son adresse.

Nous encourageons évidemment tout un chacun à le télécharger, à le diffuser, et à organiser des projections et des débats contre l’invasion des RFID.

Peu de gens encore, hors des laboratoires, des services vétérinaires et de logistique, connaissent les RFID (Radio Frequency Identification), aussi nommées « étiquettes électroniques », « intelligentes », « smart tags », « transpondeurs », « puces à radiofréquences », « puces sans contact ». Ces mouchards nés durant la seconde guerre mondiale supplantent désormais les codes-barres dans les objets de consommation et sont implantés dans les animaux, les titres de transport et d’identité, les livres des bibliothèques, les arbres des villes, toutes choses de proche en proche, et même de plus en plus d’êtres humains. Sans les nanotechnologies, qui permettent de réduire leur taille et leur prix, les puces RFID n’infesteraient pas nos vies et IBM ne pourrait pas proposer aux décideurs son programme de puçage généralisé de tout et de tous (des espaces « naturels » aux décors urbains, des marchandises aux infrastructures d’énergie, de transports et aux services, de santé, d’éducation, des animaux aux humains) baptisé « planète intelligente ».

Voici venu le temps du marquage électronique, universel et obligatoire. Bientôt il sera criminel d’extraire de son corps sa puce d’identité.

- Avez-vous quelque chose à vous reprocher ?

mars 25th, 2011 by admin

Ce jeudi 17 Mars 2011 était une grande journée pour la promotion des nanotechnologies RFID (Polytech’Lille), et des systèmes de communication et d’information à destination des nouveaux nomades urbains (Lille 3). Bienheureux de pouvoir nous informer sur ces fabuleuses inventions, nous sommes allés faire un petit tour pour dire tout le mal qu’on pensait de l’automatisation de nos vies et du fichage.

9h30. On s’était donné rendez-vous à quelques mètres de l’école Polytech’Lille. L’école organisait en partenariat avec Auchan-Mulliez une « Journée de Recherche et Développement » à destination des étudiants. Ils avaient prévu de discuter tranquillement des « réseaux de capteurs et des puces intelligentes », du « marché des RFID », de leur « utilisation chez Auchan » voire même des « enjeux éthiques de ces nouvelles technologies ». Encore l’éthique des TIC ? Ils devaient avoir quelque chose à se reprocher. Alors on est allé leur reprocher nous-même.

On est donc entré sans demander la permission pour déployer une belle banderole sur laquelle on pouvait lire « RFID, la nouvelle police totale ». On distribue des tracts expliquant pourquoi on refuse le puçage par Lille Métropole. Et on tombe nez à nez avec David Simplot-Ryl de l’Institut d’Electronique, Microélectronique et Nanotechnologies, bien connu de tous les promoteurs de puces RFID. Il était justement en train de projeter à une audience endormie une photo sur laquelle on voyait des manifestants américains contre les RFID. Ça tombait plutôt bien pour son exposé, qu’on a de fait interrompu, pour de vrai. La « discussion » s’engage alors, on explique pourquoi on est là, et la sécurité arrive rapidement. Entre temps, on retrouve le non moins fameux Chékib Gharbi, directeur d’EuraRFID, dit aussi « Le nerveux de la réalité augmentée ». Lors du débat mouvementé de la CNDP sur les nanos, il éructait alors : « De toute façon, vous êtes déjà tous fichés ». Ce qui lui permet apparemment d’en rajouter dans le contrôle. Il pestait contre notre « bande d’enfants gâtés » et proposait même qu’on aille « s’expliquer dehors ». D’ailleurs, le voici en pleine tourmente, épaulé par un Jean-Pierre Chaussade serein :

Bref, passées quelques dizaines de minutes, la séance est suspendue. La discussion se termine dehors. Nous rejoignons la Maison des étudiants de Lille 1 pour boire un café avant de voir arriver deux agents de l’administration envoyés par le président de la fac. Ils nous demandent de quitter le campus sous la menace d’appeler la Police. On les renvoie poliment à leurs occupations administratives.

L’après midi, c’était à Lille 3 que ça se passait. 14h00. On arrive, petit stand de bouffe et boissons, rien de tel qu’un jus d’orange pour affronter le déversement verbal des intervenants.

Première étape : commerciale. Le Nomadisme et ses applications nous sont présentées par un ingénieur d’Euratechnologies qui, s’il perdait son job, pourra toujours bosser comme vendeur chez Darty. Il nous déballe tout son arsenal de prothèses technologiques mobiles pour passer d’un terminal fixe à un netbook à un blackberry à un smartphone à un iPad à un Google Doc sans jamais rompre la laisse qui nous lie à nos patrons ou à nos clients. Et nous qui pensions que le nomadisme c’était la liberté…

Quelques interventions d’ordre technique soulèvent la pub qu’il est en train de faire pour les logiciels propriétaires. Mais à force de salades, le premier craquage a lieu. L’un de nous lui balance très finement : « votre truc, c’est juste de la merde au service du capital et de l’aliénation par le travail ». La collègue de tribune du technico-commercial s’offusque, ainsi que les étudiant-es organisateurs. Le débat n’a apparemment pas sa place ici, « il fallait venir ce matin » nous dit-on. D’ailleurs, c’est tellement prohibé que la sécu – encore elle ! – débarque ; on nous clame que notre collectif « anti-rfi » (sic) n’est pas d’accord, donc n’a rien à faire là, que l’on ne respecte pas le débat démocratique, bla bla bla… On se fait sermonner pendant vingt minutes par des étudiant-es au bord des larmes.

Bref, comme on est sympa – et de toute façon dans le collimateur de la sécu – pour l’exposé de la CNIL, on se propose de respecter le pseudo « débat démocratique », quitte à y laisser de notre santé mentale. Le gars nous présente toute la puissance « indépendante » de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, ses missions, ses objectifs, ses moyens d’actions, et quelques stats de derrière les fagots. Puis arrive la petite boutique des horreurs : géolocalisation de salariés, fichage informatique, identification par biométrie, contrôles RFID, reconnaissance vidéo, Cloud Computing… Y’en a pour tous les képis. Ce déballage décomplexé de technologies de contrôle et de surveillance suit son cours sans que personne ne s’émeuve de ce petit totalitarisme qui vient. Le mec de la CNIL ne fait même pas semblant de prendre la question « éthique » au sérieux, de faire des recommandations, de dénoncer les mauvais usages, les dérives, etc. Le vrai visage de la CNIL en somme.

Les cinquante minutes de folie touchant à leur fin, restent les incontournables dix minutes de débat sans quoi tout ça ne serait que de la vile propagande qui n’a rien à faire à la fac. Elles sont animées par une professeure d’université qui, comme son statut l’indique, est payée pour son travail de pensée critique. Trois questions et puis s’en vont. Elles suffiront néanmoins à remettre à sa place la CNIL, son impuissance, son rôle dans l’acceptabilité et le consentement au fichage, son accompagnement des politiques sécuritaires et liberticides. Sur quoi la proposition de sa dissolution est encouragée par des applaudissements.

En sortant, certaines personnes viendront nous dire que notre mode d’action et nos interventions ne sont pas « constructives », voire « contre-productives ». On ne peut qu’être d’accord avec elles. Pinailler sur des détails techniques, soupeser les bons et les mauvais usages, ou en appeler à la vigilance citoyenne face aux « dérives » de certaines techniques ne nous intéressent pas.

Des contre-productifs

Le compte-rendu en format PDF : journée de perturbation des RFID

mars 18th, 2011 by admin

L’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, au cœur d’un des pays les plus denses et les plus industrialisés du monde, révèle à la face du monde le danger permanent que représente le nucléaire. Flics, militaires et technocrates ont beau conjuguer tous leurs efforts dans des exercices de simulation théâtraux, comme en janvier dernier autour de Gravelines, on se rend bien compte que le jour venu, toutes ces gesticulations s’avèrent bien dérisoires. Aujourd’hui, dans l’un des pays les plus avancés sur le plan technologique, les autorités en sont arrivées à recommander à la population de respirer devant des mouchoirs mouillés, de porter des vêtements longs et de se calfeutrer dans des maisons effondrées. Le bricolage est total.

Pendant ce temps là, autour de Fukushima c’est un désert de 20km de rayon qui est appelé à s’agrandir. Dans les plus hautes sphères de l’État les grands experts chipotent : Incident ? Catastrophe ? Niveau 5 ? Niveau 6 ? Three Miles Island ou Tchernobyl ?

Rappelons-nous cependant que derrière la crise, le nucléaire c’est la catastrophe permanente. De l’extraction dévastatrice dans les anciennes colonies, jusqu’à l’enfouissement hasardeux des déchets, en passant par les rejets quotidiens « légalement contrôlés » et la santé sacrifiée des sous-traitants, la filière electro-nucléaire c’est l’empoisonnement, l’opacité et le mensonge combinés.

Et pourtant, au Japon comme ailleurs, les partisans du tout nucléaire s’évertuent à nous faire croire que le nucléaire serait une énergie « sûre », « propre » et surtout indispensable pour perpétuer un monde de production effrénée. Celui qui nous impose de faux besoins et nous tue à la tâche. Les politiciens, de gauche comme de droite, nous réaffirment aujourd’hui d’un air grave que le nucléaire demeure un choix pertinent et qu’il est dérisoire, voire irresponsable d’imaginer s’en passer. Alors, pourquoi discuter ? Experts et contre-experts s’échinent à circonscrire les termes d’un débat qui aboutira immanquablement à la poursuite de l’énergie atomique en France comme ailleurs. Alors, on nous promet l’inspection du parc nucléaire français comme c’est déjà le cas Gravelines en ce moment. Vieille de 30 ans, la centrale sera de toute façon relancée dans les semaines qui arrivent.

Face à l’électro-fascisme, il est urgent d’imposer une sortie immédiate du nucléaire. Énergies alternatives ou pas, rien ne justifie de prolonger plus longtemps cette catastrophe permanente.

Stoppons le nucléaire et son monde !

Rassemblement samedi 19 mars 2011 à 15h, place de la République à Lille.

Jeudi 24 mars à 19h, projection-débat au cinéma l’Univers, rue Danton à Lille (métro porte de Valenciennes).

Projection du film La Bombe de Peter Watkins (50’).

Chiche ! Lille, GDALE-CGA, OLS Lille.

Le tract en format pdf : cataclysme atomique

mars 4th, 2011 by admin

Depuis notre dernier article sur la vie « sans contact » et la récente conférence de presse organisée par des associations, partis et syndicats, les élus pataugent dans les chemins boueux de la propagande et du mensonge, pardon des « contre-vérités »(1). LMCU a d’ailleurs fait disparaître de son site toutes les annexes concernant le pass transport RFID. Sûrement pour mieux démontrer la vivacité de ses principes démocratiques. Alors, comme on n’est pas des chiens, contrairement à eux, nous vous les mettons a disposition avec plaisir. Mais aussi, même s’il devient fatigant d’aligner des détails techniques, nous reviendrons rapidement sur les arguments en toc qu’ils déploient pour soutenir leurs projets.

Qui ? Où ? Quand ?

Nous dire que l’on ne sera détecté qu’à quelques centimètres des bornes ne nous rassure pas. Nous ne serons pas moins collés au train par leurs commères électroniques. Il est bien dit en Annexe.1 (A.1) qu’en bipant à chaque entrée et chaque correspondance Transpole disposera « d’un outil de collecte et de traitement des données billettiques (fichiers clients, vente, validation, contrôle…) permettant une meilleure connaissance de la clientèle (localisation, comportements d’achat…) favorisant le développement d’une politique [...] personnalisée. »

Vous en voulez encore ? « Le point de montée sera inscrit dans la carte (pour vérification au moment du contrôle ou de la correspondance) et remonté dans le système à des fins statistiques. […] Les bases de données d’usage, de vente et client permettront des actions de marketing direct ciblées » (A.3). La CNIL faisant semblant d’encadrer en même temps qu’elle autorise l’utilisation «des données à des fins commerciales », la carte à puce offrira « la possibilité de nouvelles offres tarifaires […] collant au profil, aux habitudes de déplacements des clients » (A.1).

Sachant que « la carte anonyme devrait être payante sous peine de voir le renouvellement  »exploser » » (A.3), lors de la constitution de la carte, « les données suivantes sont récupérées : Nom du client, Sexe, Civilité, Date de naissance du client, Adresse du client, Lieu de travail, Numéro de téléphone fixe, Numéro de téléphone portable, Adresse email, Informations bancaires, Coordonnées du payeur si différent du titulaire, Date et heure de la constitution, Machine de constitution, Numéro de la carte, Numéro de l’agent qui personnalise la carte » (A.4). Et notre numéro de Sécu, ça vous intéresse ?

Toutes ces données devraient être cryptées ? Rappelons simplement que ce cryptage pourra «être suspendu par l’administrateur système lors de la mise en service du système et pour une durée à négocier avec la CNIL ; En cas d’évolution majeure du système ; En cas de problème grave lié à l’exploitation des données ; En cas de fraude massive avérée » (A.4). Une fois nos identités entrées dans la machine, le loup est dans la bergerie.

De toutes façons, cryptage ou pas, que l’on soit identifié à cause de notre état civil ou par un matricule n’empêche en rien, on l’a vu, le profilage, la traçabilité, l’échange de fichiers de fraudeurs entre « partenaires de l’interopérabilité », etc. L’anonymat est une bonne blague qu’il doivent se raconter à entre deux buffets bios.

À délégation de service public, délégation de débat public

Lire chez M. Quiquet que le « le renforcement général du service public de transports [...] nécessite de solliciter davantage l’usager » est surprenant. Ça ne peut pas lui être très compliqué, de solliciter davantage : combien de gens, en constatant l’arrivée des caméras de surveillance dans les couloirs du métro puis dans les rames et les bus, sont tombés sur le fait accompli ? Et combien de personnes auront à s’équiper de la RFID sans n’avoir aucune idée de ce qui se joue ?

Encore une fois, que l’Union des Voyageurs du Nord, l’UFC – Que choisir, la Ligue des Droits de l’Homme ou la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés aient été consultés en amont ne nous rassure en rien. On apprend juste par cette occasion que toutes ces associations, aussi vigilantes qu’elles peuvent le prétendre, collaborent aujourd’hui au fichage de la population au sein de « commissions » pour initiés. La liste des coupables s’allonge mais ne dilue pas la responsabilité de LMCU.

D’autant plus que, comme le rappelle M. Quiquet himself, la délibération-cadre sur les transports et la RFID a été votée plus d’un an avant sa pseudo concertation concernant le Plan de Déplacements Urbains (PDU, comme on dit dans le milieu).

La Carte de Vie Quotidienne

Sur France 3 ou dans La Voix du Nord, on a vu Dominique Plancke, élu Vert au Conseil Régional, voler au secours du puçage, et affirmer sans honte que la Carte de Vie Quotidienne (CVQ) n’était pas en projet. C’est ici une belle contre-vérité qui n’a pas manqué de faire tomber son Compteur de courtoisie au plus bas. Citons simplement : « la carte ne porte qu’un identifiant reconnu dans les systèmes gérant la CVQ, principalement les bibliothèques et les cantines. Même si l’avancée actuelle des travaux sur la gestion de cette CVQ n’est pas suffisante pour intégrer ce nouveau service, il n’en demeure pas moins que l’intégration de ce service dans la carte transport devra être réétudiée si celui-ci se pérennise » (A.3).

Est-ce ce que l’on appelle ne pas être en projet ? Est-ce que filer 225 000 euros à EuraRFID en 2010 pour soutenir son « déploiement de la carte de vie quotidienne » et ainsi « constituer une identité collective territoriale à travers la mutualisation de services [comme les] Transports, activités scolaires/périscolaires, activités culturelles, activités sportives et de loisirs »(2) n’est pas un projet ? Est-ce que les expérimentations dans les écoles ou les bibliothèques menées par Digiport ne sont pas un projet (3) ?

Quoi qu’il en soit, notre projet à nous, c’est bien de foutre par terre leur mauvaise foi et leurs réflexes policiers. Car ici, on entend le terme police comme le veut son étymologie : la gestion de la cité et la rationalisation de l’espace public (4). S’ils veulent tant que ça nous faciliter la vie, qu’ils nous laissent tranquilles, on s’organisera tout seuls.

Hors-sol le 5 mars 2011

1 : http://lille.lesverts.fr/Mise-au-point-sur-la-nouvelle
2 : Délibération Lille[Numérique]XXL : http://hors-sol.herbesfolles.org/2011/02/09/lillenumeriquexxl/
3 : http://hors-sol.herbesfolles.org/2010/03/27/digiport-debute-les-1eres-etudes-sur-la-metropole/
4 : Terreur et possession : Enquête sur la police des populations à l’ère technologique de Pièces et main d’œuvre, L’Échappée, 2008.

Ce texte en format pdf : chronique de pataugeoire

Les annexes auxquelles vous avez échappé :

A.1 : Annexe 1 – Projets fonctionnels et techniques communs

A.3 : Annexe 3 – Projet de service

A.4 : Annexe 4 – Projet de gestion

A.5 : Annexe 5 – Projet technique

A.6 : Annexe 6 – Scenario

A.7 : Annexe 7 – Fourniture des supports billétiques

A.11 : Annexe 11 – Conditions particulières liées au projet billetique

Et puis, juste pour le plaisir, voilà comment LMCU prévoit de prévenir la délinquance dans les transports et assurer la sécuritéprevention delinquance et securité.