février 27th, 2011 by admin

NOUS PUCER COMME DU BÉTAIL : voilà le dernier projet des élus de Lille Métropole. C’est en toute discrétion que les élus ont décidé d’équiper tout le réseau de transports en commun de l’agglomération de puces RFID. C’est prévu pour fin 2011.

Les puces RFID, ce sont de minuscules étiquettes électroniques qui contiennent des informations personnelles et sont lisibles à distance. Bientôt, elles équiperont les cartes et les tickets de transport de toute la région : bus, métro, TER, tram, parking, vélos libre service. Finis les tickets en papier, la carte à puce sera obligatoire, et permettra à Transpole de contrôler et d’enregistrer tous nos déplacements. Cette carte pourra aussi être intégrée directement aux téléphones portables.

Elle comportera nos nom, prénom, adresse, photo, mail, téléphone… Au début, nous aurons encore la possibilité de demander une carte anonyme. Mais contrairement à la carte personnalisée, elle sera payante : la liberté aura donc un coût.

QU’EST-CE QUE ÇA IMPLIQUE ?

  • Le compostage sera obligatoire à chaque trajet et chaque correspondance. Lille Métropole et la Commission Nationale Informatiques et Libertés (CNIL) laissant la possibilité à Transpole de ne pas crypter les données, il leur sera possible de savoir précisément qui se trouve où et à quelle heure sur le réseau.
  • à partir de nos profils et habitudes de déplacements, nous serons assaillis de publicités personnalisées. LMCU prévoyant déjà des « actions de marketing direct ciblées » ou des « réductions chez des enseignes partenaires ».
  • Une « liste noire » des fraudeurs et des « fausses identités » sera conservée éternellement. Elle sera échangée avec la SNCF et les réseaux de bus du bassin minier, Douai, Valenciennes et Dunkerque.
  • Les contrôleurs munis de leur « Compteur de courtoisie » auront accès à l’identité des voyageurs et pourront mettre des amendes plus ou moins chères selon le nombre d’amendes déjà reçues par le porteur de la carte.

MAIS CE N’EST PAS TOUT. Pour 2012, Lille Métropole veut étendre le Pass transport pour en faire une « Carte de Vie Quotidienne » utilisée dans tous les services municipaux. Nous devrons biper à l’entrée des bibliothèques municipales, des cantines scolaires, des salles de sport, des cinémas locaux, des crèches… Les salariés de Lille Métropole devront également être pucés pour entrer sur leur lieu de travail. Et cette carte pourra être utilisée comme moyen de paiement. Le bétail est géré, contrôlé, surveillé en temps réel.

LA TRANSPARENCE EST TOUJOURS À SENS UNIQUE. Avec la « Carte de vie quotidienne », nos déplacements, nos lectures, nos loisirs, nos achats, et bientôt toute notre vie deviennent transparents aux yeux de LMCU, de Transpole, de la grande distribution et de la police. A l’inverse, quel contrôle avons-nous sur les choix que fait Lille Métropole, et qui pourtant nous concernent tous ? La décision de nous pucer a été prise sans aucun débat public, à notre insu.

NOUS EXIGEONS (et ce n’est pas peu dire) :

  • L’abandon de la carte RFID pour les transports en commun.
  • L’abandon du projet Lille[Numérique]XXL qui instaure la Carte de vie quotidienne.
  • L’arrêt des financements publics de Lille Métropole pour les projets de Recherche et Développement des RFID (CITC-EuraRFID, IRCICA, PICOM, Digiport…), qui ne feront que le bonheur des industriels de la « sécurité », des transports et de la grande distribution.

Si nous ne refusons pas aujourd’hui la « Carte de vie quotidienne » et son traçage permanent, comment pourrons-nous refuser demain la centralisation de toutes nos données personnelles (transports, prestations sociales, informations médicales, habitudes de consommation…) sur une seule et même carte ; l’installation dans nos rues de caméras intelligentes, capables de reconnaître les visages, d’enregistrer les plaques d’immatriculation, de détecter les comportements « suspects » ; ou encore l’implantation d’une puce électronique dans le bras, afin de nous localiser par GPS en permanence ?

Nous ne voulons pas vivre en liberté surveillée.

Les signataires : Les Alternatifs, Chiche! Lille, UL CNT Lille, La Digne Rage, Les Déboulonneurs, GDALE-CGA, Mouvement des Jeunes Communistes du Nord, Mutuelle des fraudeurs, No Border, NPA, Union des Étudiants Communistes, Solidaires 59/62, SUD Éducation 59/62, SUD Mairie de Lille, Turbulences Sociales.

Contact : stoprfidlille(arobaz)herbesfolles(point)org

Le Communiqué en pdf : Lille[Big Brother]XXL

février 15th, 2011 by admin

La Carte de Vie Quotidienne qui va voir le jour à Lille en 2012, est une vieille décision qui remonte à 2003.

Voici le cahier des charges contracté entre Technopole Lille Metropole, Digiport et la Caisse des dépôts et consignations : cahier des charges Carte de vie quotidienne

Le communiqué de presse du ministère de la fonction publique, de la réforme de l’Etat et de l’aménagement du territoire où l’on voit que plusieurs villes sont concernées : cvq_gouv_CDC

Vous pourrez y constater l’ampleur du puçage et du fichage potentiels.

février 9th, 2011 by admin

Le 5 novembre 2010, LMCU apportait 225 000 € à l’association CITC-EuraRFID chargée de mettre en place le projet Lille[Numérique]XXL qui instaure la carte de vie quotidienne pour contrôler les entrées des bibliothèques, cantines et crèches, piscines, cinémas locaux…

Voici la délibération : lille numerique xxl

Toujours le 5 novembre 2010, dans le cadre du renouvellement du contrat de délégation à Transpole-Kéolis de l’exploitation des transports en commun, LMCU nous explique comment va s’organiser la nouvelle billétique RFID. Ce n’est qu’un document parmi d’autres.

La délibération : billetik nouveau contrat

février 8th, 2011 by admin

C’est dommage : voilà une date historique et pourtant elle va passer inaperçue. A partir du 1er février, plus de 4 millions d’usagers du métro parisien seront fliqués. Excepté quelques touristes persistant à s’acheter des tickets en carton, tous auront un passe « Navigo » personnalisé, grâce auquel leurs déplacements pourront être suivis en temps réel et enregistrés.

La Ratp a en effet décidé d’imposer ce passe électronique à la place de la carte Orange. Et tout ce qu’a réussi à faire la pauvre Cnil, censée veiller sur nos libertés, c’est arracher à la régie du métropolitain la création d’un autre passe, anonyme celui-là, baptisé « Découverte ». Et qui coûte 5 euros alors que l’autre est gratuit. Miracle de la démocratie moderne : pour garder le droit de se déplacer de manière anonyme, pourtant un des droits démocratiques élémentaires, il faut raquer. La Ratp met d’ailleurs tellement de mauvaise volonté à commercialiser ce passe que la cnil vient de pousser son petit cri indigné : dans un communiqué de presse, elle affirme qu’avec le passe Navigo « plusieurs incertitudes demeurent quant au respect du droit de tous les usagers à la protection de leur vie privée et de leurs données personnelles« .

Comme c’est joliment dit! On imagine les ricanements à la Ratp. Trop Tard. On s’en fout. Plus de 4 millions de gens ont déjà adopté le passe Navigo. Un, parce qu’ils y étaient obligés ; deux, parce qu’on les en a persuadés, « c’est tellement pratique ». En effet, dès qu’on approche du portillon d’accès ce passe équipé d’une puce Rfid possédant son propre identifiant, hop ! Le portillon lit la puce à distance et ouvre illico la voie. Du coup les usagers accèdent aux quais quatre fois plus vite qu’avant et se jettent ravis, dans les rames affreusement bondées. C’est l’progrès !

Cette histoire de passe Navigo n’est, on le sent bien, qu’un nouveau pas en avant dans un monde où des technologies de plus en plus invisibles et mouchardes s’enracinent dans nos vies quotidiennes. Déjà, chiens, chats, cheveaux, bovins, ovins sont pucés. Notre tour va venir : nombreux sont les chercheurs qui s’enthousiasment à propos des possibilités de la Rfid et des nanotechnologies ; si par exemple chacun pouvait avoir son carnet de santé logé sous la peau, ça serait pratique en cas d’urgence, non ? La Cnil poussera juste son petit cri indigné habituel, et hop! Mais alors que de tous côtés se multiplient les mouchards électroniques, nous restons curieusement apathiques, « c’est tellement pratique », « la Cnil veille au grain », « on a quand même réussi à bloquer Edwige » ou, mieux : « de toute façon, on est fichés partout, alors un peu plus ou un peu moins… »

Rares sont ceux qui, comme le groupe PMO, résistent. « Que pouvons-nous ? Refuser toutes les cartes, de transport, de fidélité, de paiement, d’identité, à Rfid. Fuir les magasins qui taguent leur marchandise. Soutenir les éleveurs qui refusent de pucer leurs animaux. Inventer des moyens de sabotage des puces et des lecteurs. Sommer les associations, syndicats, partis, médias, de se battre contre le mouchardage universel.  » Voilà des gens qui n’ont certainement pas de portable. Qui passent des coups de fil depuis des cabines publiques ; ça sent la « mouvance ». Ils sont fichés au moins ?

Jean-Luc Porquet, dans Le Canard Enchaîné du 14 janvier 2009.

Voir le livre « Rfid : la police totale »par Pièces et Main-d’Oeuvre, aux éditions l’Echappée, 80 p. 6 euros

février 1st, 2011 by admin

Voici un texte de présentation et de mise en garde publié par la Ligue des Droits de l’Homme à propos de la généralisation de la technologie RFID publié en octobre 2009. A Lille, on attend toujours que la LDH se prononce sur la vidéo-surveillance et le projet de « Carte de vie Quotidienne » de LMCU.

Le texte est ici : RFID_LDH