mai 13th, 2010 at 9 h 50 min by admin

L’hypermobilité, c’est parti ! LMCU vient de signer avec la société Parkeon l’installation de bornes « sans contact ». La novlangue pour dire RFID, ou son équivalent NFC. Pourquoi ? « Pourquoi si tard, surtout ? » se demande La Voix du Nord du 15 avril 2010. Parce que le train de l’innovation n’attend pas. Parce que la mobilité n’est plus un droit mais un devoir – à ce titre n’oubliez surtout pas de la mentionner dans vos lettres de motivation. Parce que plus de voyageurs, c’est plus de sous pour les actionnaires de Kéolis. Parce que ça fait moins d’humains à gérer, mise à part les quelques flics, militaires, contrôleurs ou agents de médiation chargés de s’assurer que tout se passe comme ils l’entendent. Parce que c’est comme ça et puis c’est tout.

Vie Assistée par Ordinateur (V.A.O)

La date de mise en service est prévue pour fin 2011. La technologie NFC, qui s’installera dans une clé USB ou un téléphone portable, pourra être rechargée par ordinateur. Et permettra de voyager dans toute la région Nord-Pas de Calais, métros et TER compris. Finies les queues interminables au guichet. Chacun gèrera sa petite vie quotidienne reclus derrière son terminal ADSL, le haut débit en intraveineuse.

Et ce n’est qu’un début. LMCU et ses partenaires-qui-vont-désespérement-de-l’avant (Digiport et consorts) comptent bien généraliser le puçage du cheptel humain aux bibliothèques, cantines, piscines municipales… Ils nous préparent ainsi la « ville intelligente ». Vivre, habiter ou se déplacer n’étaient pas suffisant. Nous deviendrons désormais des « objets communicant », à la fois « émetteurs » et « récepteurs » d’informations, gérés à distance par un Big Brother omniscient. Ce « monde intelligent » nous rendra-t-il moins cons ? Sûrement pas. Mais moins humains, oui.

Car rien ne doit entraver notre course frénétique et insensée. Les rencontres, les frottements, les discussions, les imprévus sont autant de temps improductifs qu’il s’agit de réduire au maximum. Les techniques RFID ou NFC traceront donc ce one-best-way qui nous emmène toujours plus rapidement vers le néant de la ville industrielle et marchande. La vie « sans contact » avec le monde extérieur, avec les gens, avec ce qui restait de nature et de liberté dans nos relations sociales, plus qu’une novlangue, devient une réalité.

Comments are closed.