avril 7th, 2010 by admin

Samedi 28 mars,  le tract ci-dessous a été diffusé à la médiathèque Picpus dans le 12ème arr. de Paris qui a installé des bornes automatiques de prêt.

BORNES AUTOMATIQUES, 
PUCES RFID, LIVRES NUMÉRIQUES…
BIENVENUE DANS LA BIBLIOTHÈQUE DU XXIème SIÈCLE !

PLUS RAPIDE ?
PLUS PRATIQUE ?
MOINS CONTRAIGNANT ?

L’AUTOMATISATION DU PRÊT franchit une nouvelle étape avec l’instauration de bornes de prêt automatique, à Picpus et ailleurs. 
Grâce à ces bornes, finies les files d’attente (encore que…), finies les erreurs humaines (mais vive les bugs !) et finie l’obligation d’être aimable avec celles et ceux qui nous rendent service. 
Mais terminée aussi la chaleur du contact humain, envolés les conseils sympas des bibliothécaires qui nous renseignent sur nos emprunts, et très bientôt… terminé aussi avec les bibliothécaires, avant que la bibliothèque elle aussi ne ferme ses portes pour rouvrir sur googlebooks.fr ou toute autre plate-forme dont on ne cesse de vanter l’exhaustivité et l’efficacité (sans même parler de sa juteuse rentabilité !).

LE MONDE QU’ON NE CESSE DE VOULOIR NOUS VENDRE, censé être plus pratique et plus rapide, obéit en réalité à une double volonté : créer de nouveaux marchés (comme lorsqu’une entreprise privée est payée par les pouvoirs publics pour installer du matériel électronique) et réduire la masse salariale (un vigile prendra la place de dix bibliothécaires avec des bornes de prêt efficaces). Et si pour chaque salarié-e remplacé-e par des machines, la pilule est déjà difficile à avaler, des pans entiers de personnels seront finalement dépossédés des savoir-faire qui les rendait utiles et compétents.

Non seulement la machine ne vous fera jamais de sourire, mais c’est ainsi que chaque métier d’aujourd’hui en vient à devenir purement mécanique et répétitif, jusqu’à être vidé de son sens initial : les magasiniers ne sont désormais plus considérés que comme des manutentionnaires au service des machines gestionnaires des livres, et leur connaissance du fonds se perd, tout comme l’ancien savoir-faire des artisans a disparu avec les immenses chaînes de production des usines, véritables bagnes industriels modernes. Plus l’on intègre les savoir-faire professionnels dans des machines, plus les salarié-e-s deviennent remplaçables, c’est-à-dire délocalisables, jetables et donc corvéables à merci.

ENFIN, LA LOGIQUE DE LA NUMÉRISATION a besoin de chevaux de Troie (telles les bornes de cette bibliothèque ou les puces RFID servant à tracer chaque livre), pour s’insinuer au cœur de la chaîne du livre : les magnats de l’édition électronique (qui sont parfois aussi marchands d’armes) rêvent de profits colossaux grâce à la numérisation intégrale des fonds papier, sans se soucier des éditeurs et libraires, mais aussi correcteurs, imprimeurs, diffuseurs, etc. qu’ils fragiliseront puis démantèleront sans coup férir.

Le livre électronique, que les industriels tentent de nous imposer depuis plusieurs années (pour l’instant sans réel succès), vise à transformer le monde de l’écrit en société du zapping numérique généralisé. Il suffit de se rendre au salon du livre pour y voir ces commerciaux en costard vendre leurs e-book comme s’ils étaient au salon de l’auto, tout en faisant croire que les profiteurs sont les éditeurs.

Pourtant, une partie de ces derniers reste encore vaille que vaille passionnée, attachée à l’objet livre en tant qu’il est créateur de lieux d’échanges et d’espaces collectifs, au premier rang desquels figurent les librairies et les bibliothèques – ces dernières étant fréquentées par une personne sur deux en France en 2006.

Ainsi, à l’inverse de la démagogie populiste faisant d’Internet le contrepoint populaire des librairies et bibliothèques élitistes, nous pensons que le livre est au cœur des possibilités d’émancipation collective et d’élévation culturelle : les bibliothèques, véritables lieux de mixité où se croisent des hommes et des femmes de tous âges, de toutes classes et de tous horizons, sont un des derniers outils de diffusion et de réappropriation collective des savoirs, là ou le numérique ne fournit que des contenus vidés de leur sens à des individus isolés devant leurs écrans. « Élitaire pour toutes et tous » pourrait être notre mot d’ordre, puisque nous persistons à préférer les savoirs, potentiellement émancipateurs, aux contenus, bien souvent interchangeables voire abêtissants.

LE MYTHE LIBÉRAL DE L’ACCÈS AU SAVOIR égal pour toutes et tous, sur lequel surfe la déferlante numérique, oblitère le fait que nul-le ne peut prétendre n’avoir pas accès à suffisamment de livres (il suffit de se rendre dans la moindre bibliothèque pour se convaincre qu’on n’aura jamais le temps d’en lire assez), alors que la question de la connaissance pose en réalité celle de la transmission, c’est-à-dire de l’éducation à l’écrit, revendiquée par tous les mouvements d’émancipation antérieurs à Internet : le réseau nous apprend en fin de compte davantage à glisser à la surface des idées qu’à les comprendre et à savoir s’en imprégner pour penser par soi-même. Le Web et le futur livre numérique permettraient d’accéder à tout !? Mais que lira-t-on alors ? Rien, ou plus probablement rien de ce qui s’apparente aujourd’hui au livre, dans lequel on s’immerge longuement, patiemment et tranquillement, en dehors de la société des flux incessants et tourbillonnants d’e-mail, messages msn et autres textos qui nous happent à chaque instant dans leur propre temporalité.

La télévision a contribué à détruire le lien social, et on nous fait croire que l’informatique, en nous simplifiant la vie, va le recréer ? Quand on s’apercevra que le numérique a encore appauvri les relations et échanges collectifs, qu’inventera-t-on pour « recréer » à nouveau du lien social et poursuivre toujours plus loin la spirale d’un monde en perpétuelle déshumanisation ?

Des lecteurs et lectrices, bibliothécaires, libraires, traducteurs et éditeurs

Livres de papier
c/o Offensive, 21ter
rue Voltaire 75011 Paris
livresdepapier@gmx.fr

avril 7th, 2010 by admin

E-BOOK / E-MONDE / E-GNOBLE

Le Collectif se présente ainsi : « Créé en 2009, le Collectif Livres de papier rassemble des lecteurs et des lectrices, des bibliothécaires, des libraires, des éditeurs, des traducteurs, des graphistes, des correcteurs, etc. A l’heure où le déferlement technologique, notamment via l’e-book, donne en pâture le livre « papier » aux multinationales du numérique et aux start-up qui y voient un nouveau gisement de profits, le collectif entend résister en paroles et en actes à l’informatisation de l’écrit et du monde. Qu’il s’agisse de « liseuses » au contenu infini, de bibliothèques entièrement virtuelles, de la numérisation des fonds des éditeurs ou de bornes automatiques visant à remplacer les bibliothécaires, le collectif Livres de papier s’oppose à la la dématérialisation, source de dépossession de nos savoir-faire et de nos savoir-être, et revendique son attachement à la matérialité du lien social et du savoir, seule garante d’égalité et de diversité. »

Le collectif vient d’éditer son « Journal des réfractaires à l’ordre numérique ». Les promoteurs de l’e-book et de la numérisation des oeuvres littéraires, les lieux communs du progrès numérique, les projets industriels et capitalistes, les conséquences sociales et économiques sur les lecteurs, les libraires ou les éditeurs y sont avancées. S’il est encore tôt pour percevoir l’ensemble des conséquences de la numérisation du monde dans nos vies sociales, ce journal en défriche quelques unes. Vous pouvez en commander dix exemplaires pour 5 euros ou cinquante exemplaires pour 10 euros auprès de Collecttif Livres de papier, c/o Offensive, 21 ter rue Voltaire, 75001 Paris.

« Si le livre avait été inventé après l’ordinateur il aurait constitué une avancée majeure. Ses qualités sont en effet remarquables : légèreté, disponibilité, faible coût, fonctionnement sans consommation d’énergie, qualité d’affichage optimale... » Colophon Typographie, 2004.

avril 7th, 2010 by admin

Demain, les petites puces RFID (radio frequency identification) seront partout. Dans notre vie quotidienne pour permettre à nos téléphones portables de se transformer en cartes bancaires ou nous guider dans les rayons des hypermarchés. Dans les entrepôts logistiques pour identifier et permettre la traçabilité des produits. Dans les usines pour améliorer les systèmes de production. Dans les hôpitaux pour permettre des diagnostics sans contact, etc.

Parce que cette technologie sera partout, il faut pouvoir la maîtriser, et donc former ses futurs concepteurs ou utilisateurs. Telle est l’ambition du centre d’innovation des technologies sans contact (CITC-EuraRFID), créé il y a un an à Euratechnologies, rassemblant les compétences sur les technologies sans contact et fédérant les plateformes d’expérimentation existantes dans le Nord – Pas-de-Calais.

Mixité inédite

Du 11 au 19 janvier, une cinquantaine d’étudiants des écoles des Arts et métiers (ENSAM), des Hautes études d’ingénieur (HEI), de Polytech’Lille, ainsi que de l’université des sciences et technologies de Lille I ont suivi la première session de formation sur les technologies du sans contact organisé par le CITC.

Une mixité inédite entre grandes écoles qui a porté ses fruits et représente les prémices d’un master spécialisé. « Nous voulons ancrer la région comme véritable acteur des technologies sans contact », estime Chekib Gharbi, directeur du CITC-EuraRFID. La première pierre est posée.

J.M.P dans la Voix du Nord du  30 janvier 2010

avril 6th, 2010 by admin

À Lille, FOX – MIIRE donne de l’intelligence aux systèmes de vidéoprotection L’équipe de Chabane Djeraba travaille aux nouvelles applications de la vidéosécurité.

Détecter les mouvements, alerter en cas d’incident, analyser les comportements. À l’université des sciences et technologie de Lille (USTL), une équipe de chercheurs travaille sur les nouveaux systèmes intelligents de vidéo. Des recherches qui intéressent particulièrement la sécurité, mais également le commerce.

« Fouilles de données complexes – Multimédia Image Indexation et Reconnaissance ». On ne peut pas dire que FOX – MIIRE ait un nom facile à mémoriser.

Pourtant, il nous concerne au premier degré.

Sous la direction du professeur Chabane Djeraba, vingt-cinq chercheurs du laboratoire d’informatique de Lille à l’USTL de Villeneuve-d’Ascq travaillent sur l’utilisation intelligente des caméras qui envahissent notre vie quotidienne. Certains l’appellent vidéosurveillance, eux préfèrent parler de vidéosécurité, tant les applications sur lesquelles ils planchent concernent d’abord la protection des gens.

« Nous sommes très novateurs ici dans le domaine de l’extraction d’informations vidéo et de leur application au comportement humain », explique Chabane Djeraba. C’est, par exemple, une caméra qui surveille l’escalator d’un grand magasin, détecte une chute ou un mouvement de panique, et alerte immédiatement la sécurité. La caméra analyse également les mouvements de foules anormaux, la circulation routière et permet d’alerter en temps réel en cas d’incident.

« Un agent de sécurité face à un mur d’écrans ne peut pas tout voir en même temps. Nous ajoutons une couche d’intelligence au système vidéo, qui permet de détecter les problèmes et d’agir de suite. »

Atout pour le commerce

Au-delà de l’aspect sécuritaire, les travaux du laboratoire intéressent également le monde du commerce et de la grande distribution.

Avec la heat map, carte de chaleur, on peut visualiser graphiquement les flux de personnes, analyser leur comportement. Les chercheurs villeneuvois travaillent aussi sur l’orientation du regard. On imagine l’intérêt d’une enseigne à mieux connaître le comportement de ses clients en magasin.

L’équipe de Chabane Djeraba a d’ailleurs un partenariat technologique avec le PICOM, le pôle de compétitivité des industries du commerce, et réalise des tests «grandeur nature » avec l’enseigne Surcouf.

Mais pas question de jouer à « Big Brother ». Ici, on ne traite que des données globales et anonymes. Et rien n’est sauvegardé. Nous voilà rassurés.

JEAN-MARC PETIT pour La Voix Eco (et la techno-flicaille).

http://www.lavoixeco.com/actualite/la_une/2010/04/01/article_a-lille-fox-miire-donne-de-l-intelligenc.shtml