mars 26th, 2010 by admin

En plus d’un moyen de faire les choux gras des actionnaires de Kéolis, nous voyons dans les cartes à puce RFID une énième fuite en avant technologique visant à administrer le désastre engendré par la ville industrielle.

Voici le tract de Chiche! Lille en réponse aux interviews d’Eric Quiquet et d’Alex Türk dans La Voix du Nord

tract reponse RFID

mars 26th, 2010 by admin

Le cynisme règne chez les éluEs vertEs de Lille Metropole Communauté Urbaine. Le programme d’Europe Ecologie qu’ilLEs soutiennent défend « Le principe de précaution sur les nanotechnologies [...] car elles soulèvent des questions majeures en termes de santé publique, d’environnement, de libertés individuelles et collectives ».

Or, c’est l’extrême inverse qui se passe en catimini. Le Conseil Communautaire du 17 avril 2009 a adopté une proposition d’Eric Quiquet, délégué aux transports urbains. Il souhaite nous munir d’une carte RFID qui tracera et fliquera tous nos déplacements : bus, metro, tram, Vélo en Libre Service, parkings. Pire, et c’est une première nationale voire mondiale, cette seule et même carte pourra être utilisée dans les bibliothèques municipales, les cantines scolaires, les piscines municipales et s’adapter à nos téléphones portables.

Pour le metro et le tram, LMCU déboursera 5 Millions d’euros de nos impôts pour équiper le metro de la fibre optique et permettre la circulation des infos récupérées par nos mouchards.

Bien sûr, cette technologie intrusive est développée pour nous « faciliter la vie ». On n’avait rien demandé. Est-il besoin que la CUDL passe à droite – qui sait, avec les voix du FN ? – pour que les éluEs utilisent les données à des fins commerciales ou sécuritaires ?

En 41, Pétain était bien content d’utiliser les livrets de famille mis en place par Mac Mahon. Soyons sûrEs : la vidéo-surveillance et les fichages servent et serviront à nous fliquer.

La technique n’est jamais neutre. Comme pour le nucléaire, les RFID et les nanotechnologies ont d’abord servi des intérêts militaires. C’est là leur vocation. Les patrons de la grande distrib’ (Wal Mart, Carrefour, Auchan) développent leur utilisation pour tracer leur viande sur pattes et autres produits agro-industriels. Désormais, les RFID traceront le cheptel humain.

Hier, les Verts dénonçaient la création des fichiers EDVIGE ou Base Elève. Aujourd’hui Verts et socialistes veulent pucer les voyageur-euses et les usagerEs des services municipaux. Demain, soutiendront-ils la généralisatin des passeports biométriques ou de la carte d’identité électronique INES ?

Nous ne sommes pas du bétail ou des numéros qu’on piste. Nous ne voulons pas être les proies des marchands de bonheur. Nous ne voulons pas être des éternels suspectEs. Nous voulons fuir la société de contrôle total. Nous voulons nous déplacer sans avoir de comptes à rendre. Nous voulons rester anonymes. Nous avons droit à l’oubli. Ce mauvais scenario de science-fiction n’est pas une fatalité.

Tu crois que tu vas mettre à terre ce techno-totalitarisme qui vient ?

Chiche! Lille

mars 26th, 2010 by admin

Les puces RFID (Radio Frequency IDentification) ou radio-étiquettes facilitent la gestion de la logistique. Cependant, étant intégrées dans les objets de consommation (pour permettre par exemple de les identifier), leur présence complique la gestion du recyclage des déchets ménagers. C’est à ce constat que sont parvenus l’Institut berlinois d’études de perspectives et d’évaluation technologique (IZT) et le Laboratoire fédéral d’essai sur les matériaux (Empa), dans le cadre d’une étude commandée par l’Office fédéral de l’environnement.
Les auteurs de cette étude intitulée « Influence des étiquettes RFID dans le traitement des déchets » estiment qu’en fonction des secteurs, entre 1 million et 1 milliard d’étiquettes seront mises en circulation dans les 15 prochaines années. Les utilisations des étiquettes dans les billets de banque, les enveloppes, les emballages de produits alimentaires et les boissons jetables compteront parmi les applications les plus employées. L’Office fédéral de l’environnement estime qu’il y aura, en 2020, 23 milliards d’étiquettes sur le territoire allemand. Aujourd’hui, 86 millions de ces étiquettes sont traitées avec les déchets résiduels, dont 20 millions sont directement issus des emballages.

Actuellement, au sein du système de recyclage, cette quantité n’est pas un problème. Cependant, 23 milliards d’étiquettes RFID dans les ordures ménagères pourraient poser problème et mettre le système de traitement des déchets face à de nouveaux défis. En effet, les étiquettes sont composées de plusieurs éléments : la puce contient du silicium, des résines époxy et du nickel ; les antennes renferment de l’aluminium, du cuivre ou de l’argent ; les matières adhésives sont composées d’acrylate, et le substrat de PET (polyéthylène téréphtalate).

Suite au traitement de 23 milliards d’étiquettes, les quantités de cuivre, d’aluminium et d’argent dans le processus de recyclage devraient passer de 7 tonnes (en 2007) à 770 tonnes (en 2020). En ce qui concerne le verre, les scientifiques s’attendent par exemple à une « dégradation dramatique de la qualité du recyclage ». En effet, par la refonte du verre utilisé, l’introduction de petites quantités d’aluminium et de silicium pourraient rendre le verre plus fragile ou en modifier la couleur. Par ailleurs, pendant le processus de recyclage, jusqu’à 2% des étiquettes ne pourront être retirés et les acrylates pourraient polluer les passoires et les obstruer.

Les auteurs de l’étude estiment que la qualité du recyclage actuel pourrait dès 2015 être menacée si aucune mesure de prévention n’est prise d’ici là. Ils revendiquent à ce sujet le développement d’un design écologique des étiquettes RFID : par exemple, il serait possible d’utiliser des micropuces polymères ne contenant pas de métal.

Texte paru sur www.bulletins-electroniques.com

mars 25th, 2010 by admin

Au nom de la lutte contre les dérèglements climatiques, c’est une véritable révolution sécuritaire qu’Eric Quiquet a fait voter au Conseil Communautaire du 17 avril 2009. On le savait fan de la vidéo-surveillance, désormais il se surpasse et prépare la ville totalitaire. Nous porterons bientôt des cartes munies de puces RFID pour nous faciliter la vie. On ne lui avait rien demandé.

« Radio Frequency Identification en anglais. La traduction sur quelques millimètres carrés d’un désir de tout suivre, pister, détecter, contrôler, surveiller électroniquement » selon le collectif grenoblois Pièces et Main d’Oeuvre (PMO). Il s’agit de puces qui emmagasinent un tas d’informations sur nous et communiquent par fréquence radio avec des récepteurs. Voilà ce qui nous attend.

Du berceau au tombeau en passant par le métro

Dans sa délibération sur la mobilité, Eric Quiquet inscrit l’utilisation de la billétique sans contact. Laissons-le baver sa rhétorique politicarde : « La billétique fera entrer notre réseau de transports collectifs dans le 21ème siècle. Utiliser le même titre de transport pour prendre le TER, le bus, le métro, emprunter un vélo ou une voiture en libre accès ou encore payer son stationnement à l’horodateur signifie changer les termes et les conditions mêmes de la mobilité ». Nous faciliter la ville vaut bien un délateur potentiel.

Ensuite, E. Quiquet persiste dans le cynisme : «  Précisons que cette carte aura la possibilité d’héberger des services municipaux comme la cantine, les bibliothèques, l’accès à la piscine. Bien plus qu ’une carte de mobilité, c’est un véritable passeport pour la vie quotidienne que les métropolitains pourront utiliser dès la fin 2011. Les téléphones portables pourront aussi être les supports de cette révolution technologique ». Ce n’est pas une mauvaise blague ou un excellent roman d’anticipation. Une seule et même carte comportera toutes les infos sur notre vie publique et privée. Il deviendra possible de savoir à quelle heure et où nous nous sommes déplacé-es, ce que nous avons mangé, le livre que nous avons lu, voire avec qui nous avons eu une conversation téléphonique.

D’après les membres de PMO, aucune ville française n’est allée aussi loin dans le traçage de ses administré-es. Pour eux, ce n’est pas étonnant que ce « technototalitarisme » soit porté par un élu Vert. À Grenoble, ville PS-Verts, les écolos ne sont pas plus garants des libertés individuelles que les industriels. Comme le disent Riesel et Semprun dans Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable, l’eco-totalitarisme dispose de cet argument qu’il oeuvre à notre survie. Quiquet nous prépare « la ville de l’après-pétrole ». La vidéosurveillance et les cartes RFID rendent le métro « attractif » face au tout-bagnole.

Tout est sous contrôle

Les RFID sont une technologie militaire. Pendant la seconde guerre mondiale, les avions en portaient pour reconnaître les ennemis. Avec la miniaturisation, les industriels et les collectivités se prennent à délirer sur la traçabilité et le contrôle total : les arbres de Paris sont pucés, les animaux domestiques, les patrons mexicains, des enfants, des malades, des cadres étatsuniens sont eux aussi pucés. À la pointe se trouve la grande distrib’ : « Si vous achetez à Carrefour un chili con carne en boîte, dont la viande est née en Allemagne, a grandi en Hollande nourrie par des rations importées d’Amérique Latine, et dont les haricots ont poussé en Italie pour être préparés en Espagne, le tout assaisonné de conservateurs en Belgique, comment retrouver l’origine du germe infectieux ? Grâce à la puce. Ainsi mangeons-nous de la daube authentifiée » ironise PMO dans sa brochure.

En ce qui concerne le cheptel humain, sa traçabilité commence dans le métro. À Paris avec le pass Navigo, plus besoin de ticket à composter, les voyageurs sont détectés automatiquement. À Grenoble, c’est l’Avan’Tag qui piste les client-es du tram. Potentiellement, tous nos trajets peuvent être reconstitués. À Paris pour voyager incognito, il faut payer 5 € par an. L’anonymat et la liberté, ça se paye.

LMCU aime les nanos

À Pont de Bois, le pôle « d’excellence » spécialisé dans les Technologies de l’Information et de la Communicatin hébergera de joyeux animateurs de la société totale. Outre l’arrivée de Microsoft, les élu-es de la Communauté urbaine applaudissent de leurs deux neurones le travail de la société Digiport. Chargée d’animer Euratechnologies, elle accompagne la société EURARFID. LMCU met 1,4 millions d’euros de nos impôts sur la table. Et la Région, 782 000.

Le Pôle des Industries du COMmerce (PICOM) développe des projets de « recherche » comme des études comportementales des client-es de supermarchés à partir de la video-surveillance. Ou sur des « étiquettes intelligentes » qui prendront le boulot des caissières pour ne laisser que des vigiles. PICOM est dirigé par Arnaud Mulliez, président d’Auchan [1], Philippe Rollet, président de Lille 1, Bernard Toursel, vice-président de Lille 1, et Nicolas Roucou, directeur industriel de Decathlon-Mulliez. En tout, l’Etat, la Région et LMCU ont mis 340 000 € en 2008. Une grande sauterie patronale, institutionnelle et universitaire que PMO appelle «  Le triptyque classique du pouvoir ».

Le 13 février 2009, LMCU a lancé un appel d’offre pour faire courir la fibre optique sur le réseau de métro et de tram. Ce nouveau câblage gèrera les infos récoltées par les cartes RFID des voyageurs. LMCU met 5,1 millions d’euros. La délibération précise que « cette fibre optique ne bénéficie pas de redondance géographique et, en cas de coupure de celle-ci, l’ensemble du réseau serait inutilisable ». Espérons que ça n’offre pas de mauvaises intentions de bloquer les flux…

Texte initialement paru dans La Brique – juin 2009

http://www.labrique.net/

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mars 25th, 2010 by admin

Ce site rassemble des informations critiques sur le projet soutenu par LMCU, et plus généralement sur l’avancée du désert numérique.

Gestionnaires de transports en commun, flics, urbanistes, sociologues des usages et de l’acceptabilité, promoteurs, journaleux, techno-citoyens, scientiflics, adorateurs du Progrès, architectes de la sécurité, rabats-joie : vous n’ètes pas les bienvenuEs.