mars 26th, 2010 at 11 h 05 min by admin

Les futurs « tickets à puce » dans les transports métropolitains seront-ils liberticides ?

dimanche 18.10.2009, 05:02 - La Voix du Nord

 Le collectif réunissant une vingtaine de militants de la métropole est allé à la rencontre des passants. PHOTO ÉDOUARD BRIDE

Ils ne sont qu’une vingtaine, hier après-midi, place de la République à Lille, mais évoquent une question qui concerne tout le monde : l’arrivée, en 2011, d’une carte à puce rechargeable en « crédit transport », remplaçant le ticket carton. Le principe en a été voté en conseil de communauté urbaine le 17 avril, dans le cadre de la nouvelle délibération sur les transports.

Vidéosurveillance et cellules de veille

Problème, selon les militants réunis hier devant la préfecture, les puces utilisées seraient des RFID (identification par radiofréquences), permettant de reconnaître automatiquement leurs propriétaires à distance, via des bornes. « La puce RFID est liberticide, expliquent-ils.

Elle permet de savoir où sont les gens, où ils vont, ce qu’ils font, ou quel livre ils lisent. Ça ne va pas se limiter à Transpole. Ça va arriver aussi dans les bibliothèques, les cantines scolaires, les piscines et les services municipaux, etc. » Pire, selon le collectif, les RFID arriveraient dans un contexte où la métropole lilloise « est déjà très surveillée ». Les manifestants visent la vidéo enregistrée de Transpole (avec plus de 2 000 caméras dans les stations, bus, tramways et métros). Ils s’inquiètent aussi des informations échangées dans le cadre des contrats locaux de sécurité à Lille. « Les bailleurs sociaux, les services municipaux, la police, etc., travaillent déjà ensemble en se réunissant tous les mois dans des cellules de veille où l’on s’informe sur qui n’a pas payé son loyer, etc. » Et ils s’étonnent à propos « d’élèves qui doivent désormais « biper » pour entrer dans leur lycée ».

Selon les manifestants, les RFID « semblent bien pratiques mais posent la question du fichage général de la société, du contrôle des populations et de l’automatisation de nos vies. Les gens seront transformés en flux et les services déshumanisés. On n’aura plus que des machines comme interlocuteurs. » • A. D.

La ville de Lille rappelait hier qu’aucun projet de carte RFID n’était programmé dans ses services.

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